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Caisse noire du patronat : un an ferme pour l'ex-patron de l'UIMM

Par Thibaut Lehut, France Bleu lundi 10 février 2014 à 15:31 Mis à jour le lundi 10 février 2014 à 15:37

L'ancien patron de l'UIMM, Denis Gautier-Sauvagnac
L'ancien patron de l'UIMM, Denis Gautier-Sauvagnac © Maxppp

Denis Gautier-Sauvagnac, ancien président de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie, a été condamné lundi à un an de prison ferme et deux avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris. Il était jugé pour abus de confiance et travail dissimulé dans l'affaire de la "caisse noire" de cette fédération patronale, membre du Medef.

Un an de prison ferme, deux ans avec sursis. L'ancien patron de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), Denis Gautier-Sauvagnac, a été condamné lundi par le tribunal correctionnel de Paris. Il devra également régler une amende de 375.000 euros .

16,5 millions d'euros envolés

L'ex-président de la puissante fédération patronale métallurgiste, membre du Medef, était jugé pour abus de confiance et travail dissimulé dans l'affaire dite de la "caisse noire". La justice reprochait à Denis Gautier-Sauvagnac et à trois autres prévenus (condamnés à des peines allant de deux mois à un an de prison avec sursis) d'avoir utilisé 16,5 millions d'euros pour alimenter des financements occultes de confédérations syndicales .Si les destinataires de ces fonds n'ont jamais pu être clairement identifiés, le tribunal a estimé que Denis Gautier-Sauvagnac avait eu "une participation centrale, en connaissance de cause et pendant des années", au "fonctionnement d'un système occulte de distribution d'importants fonds en espèces alors même qu'il disposait de tous les pouvoirs pour mettre un terme à ces pratiques frauduleuses".

Des pratiques "négatives pour l'intérêt général"

Le tribunal a également considéré que les justifications avancées par l'intéressé n'étaient pas recevables. Ces pratiques "ne concourraient pas à une meilleure régulation de la vie sociale mais concourraient à alimenter des soupçons de financement occulte de partis politiques, d'achats de parlementaires, d'achat de la paix sociale, d'enrichissement personnel, à jeter le discrédit sur tous les décideurs publics ou privés de la vie politique et économique du pays, de telle sorte qu'elles sont extrêmement négatives pour l'intérêt général", ont estimé les juges.Le procureur avait requis une peine de 2 ans de prison avec sursis et 250.000 euros d'amende à l'encontre de Denis Gautier-Sauvagnac. Son avocat a annoncé son intention de faire appel .

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