Faits divers – Justice

Le démantèlement de la "jungle" de Calais se poursuit, plus de 4.000 personnes prises en charge depuis lundi

Par Bénédicte Courret et Eric Turpin, France Bleu Nord et France Bleu lundi 24 octobre 2016 à 6:53 Mis à jour le mardi 25 octobre 2016 à 8:41

2.318 migrants ont été "mis à l'abri" au premier jour de l'opération d'évacuation de ce gigantesque bidonville (ici, lundi soir, après les opérations)
2.318 migrants ont été "mis à l'abri" au premier jour de l'opération d'évacuation de ce gigantesque bidonville (ici, lundi soir, après les opérations) © AFP

4000 personnes ont été prises en charge depuis lundi au camp de migrants de Calais. L''évacuation a commencé à 8h lundi. L'État prévoit de diriger vers des centres d'accueil partout en France plus de 7.000 réfugiés.

Le démantèlement de la "jungle" de Calais se poursuit. L'évacuation a débuté lundi, et mardi soir, selon un communiqué du ministère de l'intérieur, 4000 personnes ont été "mises à l'abri", des majeurs qui ont rejoint des centres d'accueil et d'orientation partout en France, et des mineurs qui restent pour l'instant à Calais, dans le centre d'accueil provisoire (CAP). Sur la seule journée de mardi, 1200 personnes ont quitté Calais en bus, en direction de 9 régions de France.

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Il s'agissait d'évacuer 7.000 migrants qui vivent dans la "jungle". Ils doivent être envoyés dans des centres d'accueil partout en France. Comme à Cancale, où 49 migrants ont été accueillis. En Loire-Atlantique, ce sont 87 migrants qui sont arrivés ce lundi soir. Le Poitou en accueille 68, la Meurthe-et-Moselle 49. Des migrants qui ont tous été informés de l'opération ce dimanche. Les autorités se donnent trois jours pour évacuer le camp de réfugiés. "Nous prendrons le temps nécessaire", a déclaré lundi matin sur France Bleu Nord la préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio.

A 19H30, 2.318 migrants "mis à l'abri", selon Bernard Cazeneuve

Quelque 2.318 migrants ont été "mis à l'abri" au premier jour de l'opération d'évacuation de la "Jungle" de Calais, a annoncé lundi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Sur ce total, "1.918 majeurs ont quitté Calais à bord de 45 bus pour rejoindre 80 centres d'accueil et d'orientation (CAO) situés dans onze régions de France", a affirmé le ministre. Bernard Cazeneuve a en outre précisé que le Royaume-Uni accueillerait "tous les mineurs isolés" de la "Jungle" de Calais "dont les attaches familiales en Grande-Bretagne sont établies" et versera une nouvelle aide financière de "plus de 40 millions d'euros".

16H - La préfecture indique que 39 cars transportant 1.631 personnes étaient partis du camp

A 16H, 39 cars transportant 1.631 personnes étaient partis du camp, a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais. Peu avant 16H, le flux s'est brutalement amenuisé et plus aucune queue à l'extérieur du centre de transit n'était visible.

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14H00 - Plus d'un millier de migrants ont quitté la "jungle"

A 14H00, "25 bus transportant 1.051 personnes" étaient partis du camp, indique le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre Henry Brandet, alors que la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, assurait : "On fera les 60 bus prévus aujourd'hui", soit 2.000 personnes environ.

13h50 - Plus de 700 migrants ont quitté la "Jungle"

Plus de 700 migrants ont quitté le plus grand bidonville de France ce lundi matin, selon le ministère de l'Intérieur. Ils ont pris place à bord de 17 cars qui les emmènent dans les régions qu'ils ont choisi.

13h35 - La "jungle" de Calais se vide petit à petit

Alors que les migrants de Calais ont commencé à évacuer la "jungle" ce lundi, les abris de fortune sont laissés à l'abandon. Le camp se vide progressivement.

Les cabanes et abris de fortune se vident progressivement dans la "jungle" de Calais - Radio France
Les cabanes et abris de fortune se vident progressivement dans la "jungle" de Calais © Radio France - Cécile Bidault

12h21 - Des contrôleurs envoyés pour suivre l'évacuation de la "jungle"

Le contrôleur des prisons, Adeline Hazan, annonce l'envoi d'une équipe de contrôleurs pour suivre l'évacuation de la "Jungle" de Calais. Elle souhaite s'assurer du respect des droits fondamentaux.

12h18 - Une soixantaine de cars sur la route aujourd'hui

Une soixantaine de cars doivent emmener ce lundi les migrants vers l'un des 451 centres d'accueil et d'orientation ouverts un peu partout en France. 45 cars sont prévus demain mardi et 40 mercredi.

Une soixantaine de cars de migrants doivent quitter Calais ce lundi - Maxppp
Une soixantaine de cars de migrants doivent quitter Calais ce lundi © Maxppp - Julien Mattia

12h17 - Le futur centre d'accueil de Loubeyrat en Auvergne endommagé par un incendie

Le bâtiment qui devait accueillir un centre d'accueil et d'orientation des migrants à Loubeyrat a été la cible d'une tentative d'incendie dans la nuit de dimanche à lundi.

Le futur Centre d'accueil et d'orientation (CAO) des migrants à Loubeyrat - Radio France
Le futur Centre d'accueil et d'orientation (CAO) des migrants à Loubeyrat © Radio France - Jade Peychieras

11H08 - 2.000 migrants refusent de quitter la "jungle"

2.000 migrants persistent à vouloir rejoindre l'Angleterre et refusent de quitter la "jungle" de Calais, selon Christian Salomé, président de l'association de l'Auberge des migrants. "Pour le moment, ça se passe bien parce que ce sont des gens qui attendaient avec impatience de partir", souligne-t-il. Mais Christian Salomé se dit plus inquiet pour la fin de la semaine quand il ne restera que les migrants qui ne veulent pas partir.

10h25 - L'évacuation se passe dans le "calme et la maîtrise" selon Bernard Cazeneuve

"C'est une opération dont on souhaite qu'elle se déroule dans le calme et dans la maîtrise. C'est pour l'instant le cas", a déclaré lundi matin le ministre de l'Intérieur Bernard, en marge d'une intervention lors de rencontres à Paris avec les collectivité territoriales contre la radicalisation.

"L'objectif est de procéder à la mise à l'abri de ceux qui relèvent du statut de réfugié en France et qui n'ont pas vocation à être dans la précarité, dans la vulnérabilité à Calais, entre les mains des passeurs qui sont des véritables acteurs de la traite des êtres humains", a affirmé Bernard Cazeneuve.

L'évacuation de la "Jungle" de Calais se passe dans le "calme et la maîtrise" selon Bernard Cazeneuve - AFP
L'évacuation de la "Jungle" de Calais se passe dans le "calme et la maîtrise" selon Bernard Cazeneuve © AFP - Lionel Bonaventure

9h34 - Les migrants continuent d'affluer dans le hangar

Les migrants de Calais continuent d'affluer dans le hangar qui sert de gare routière pour partir dans l'un des centres d'accueil en France. Ils choisissent eux même leur destination. On leur montre une carte.

On montre aux migrants une carte de France pour choisir leur destination - Radio France
On montre aux migrants une carte de France pour choisir leur destination © Radio France - Cécile Bidault

Ensuite, on leur met un bracelet dont la couleur varie selon la région choisie.

Les migrants reçoivent un bracelet dont la couleur varie selon la destination choisie - Radio France
Les migrants reçoivent un bracelet dont la couleur varie selon la destination choisie © Radio France - Cécile Bidault

9h25 - La ministre du logement critique l'attitude de l'Angleterre sur les enfants isolés

La ministre du logement, Emmanuelle Cosse, critique l'attitude de Londres qui met de la mauvaise volonté à accueillir les enfants de la "Jungle" de Calais qui ont des parents en Angleterre.

Environ 500 mineurs sur les 1.300 recensés dans le camp de migrants ont de la famille au Royaume-Uni. Selon le directeur général de l'association France Terre d'Asile, Pierre Henry, 200 mineurs ont rejoint leur famille en Angleterre la semaine dernière.

"Nous voulons que l'ensemble des mineurs qui relèvent du regroupement familial soient admis le plus rapidement possible" en Angleterre, insiste Emmanuelle Cosse.

8h40 - Un premier bus part pour la Bourgogne

Un premier car de migrants a quitté la "jungle" de Calais. Il a pris la direction de la Bourgogne. Ce car emmène une cinquantaine de Soudanais et d'Afghans. C'est allé très vite. On leur a montré une carte de France pour choisir leur destination. On leur a ensuite donné un bracelet. Ils ont ensuite embarqué dans le car. Des cars doivent partir tous les quarts d'heure jusqu'à ce lundi soir 20h.

Une cinquantaine de Soudanais et d'Afghans montent dans le premier car à destination de la Bourgogne - Radio France
Une cinquantaine de Soudanais et d'Afghans montent dans le premier car à destination de la Bourgogne © Radio France - Cécile Bidault

8h13 - "C'est un soulagement pour la population" pour Natacha Bouchart, maire de Calais

"C'est un soulagement pour la population et pour les acteurs économiques", estime Natacha Bouchart. La maire de Calais se dit malgré tout préoccupée par le bon déroulement de l'opération. Elle craint que des activistes altermondialistes dissuadent certains migrants de partir.

Natacha Bouchart redoute aussi l'apparition de squats autour de sa ville, certains migrants déterminés à rejoindre l'Angleterre ne voulant pas quitter cette région. "Nous renforçons notre vigilance pour qu'il n'y ait pas de squats en ville", précise t-elle sur France Bleu Nord.

8h - Le hangar ouvre ses portes

Le hangar a ouvert ses portes alors que de nombreux migrants font déjà la queue depuis déjà une heure et demie. Ils sont entre 600 et 700 devant le hangar, emmitoufflés dans leur manteau, leurs valises aux pieds. L'opération de démantèlement de la "jungle" de Calais débute donc officiellement.

Les migrants de Calais font la queue devant le hangar qui sert de gare routière - Radio France
Les migrants de Calais font la queue devant le hangar qui sert de gare routière © Radio France - Cécile Bidault

7h50 - "Tout est prêt" selon la préfète du Pas-de-Calais

Fabienne Buccio, préfète du Pas-de-Calais, estime que "tout est prêt" à dix minutes de l'ouverture du hangar de 3 000m2 où les migrants de Calais sont attendus pour être envoyés dans des centres d'accueil partout en France.

Ce démantèlement de la "jungle" de Calais est "un moment historique", explique t-elle sur France Bleu Nord. Pour la préfète du Pas-de-Calais, les migrants vont "vers un avenir meilleur. Il était temps que le camp soit évacué".

"On n'est pas à un jour près. Le tout, c'est que cela se passe bien. Nous prendrons le temps nécessaire", ajoute Fabienne Buccio. Elle évoque aussi la "chaîne de solidarité" qui s'organise pour accueillir des réfugiés partout en France.

"On n'est pas à un jour près. Cela prendra le temps nécessaire", déclare Fabienne Buccio

 Fabienne Buccio, la préfète du Pas-de-Calais - AFP
Fabienne Buccio, la préfète du Pas-de-Calais © AFP - Denis Charlet

7h25 - les migrants attendent l'ouverture du hangar

7h12 - "Une évacuation précipitée", selon l'association Utopia 56

"Pour nous, ça a été rapide. Par expérience, on sait très bien qu'il faut prendre le temps d'informer les gens, de savoir où les réfugiés veulent aller, s'occuper des mineurs et des personnes vulnérables. Tout cela s'est fait dans la précipitation", estime Yann Manzi, l'un des fondateurs de l'association Utopia 56. "Que va -t-il se passer aussi pour les gens qui ne veulent pas monter dans les bus", s'interroge t'il.

"Tout cela s'est fait dans la précipitation", selon Yann Manzi

7h - Un hangar de 3 000 m2 pour répartir les migrants

A partir de 8h, les réfugiés seront invités à passer la grille verte du hangar de 3.000 m2. Les migrants seront répartis en quatre fils d'attente selon qu'ils soient mineurs isolés, majeurs, en famille ou considérés comme "personnes vulnérables". Ensuite des agents de l'Etat leur proposeront deux destinations. Ils doivent choisir entre les deux.

Ils recevront ensuite un bracelet de couleur qui correspond à leur région d'accueil. Des bus stationnés le long du hangar les attendront. Un départ est prévu tous les 15 minutes jusqu'à ce lundi soir à 20 heures. Si les deux propositions sont refusées, c'est la "solution" centre de rétention qui est retenue

5h30 - Les premiers migrants ont commencé à évacuer

Dès 5h30, ce sont des Soudanais qui sont arrivés à pied par petits groupes pour être sûrs d'être pris en charge parmi les premiers. Ils ont chacun deux ou trois valise. "Il y a toute ma vie là dedans", raconte Ahmed, 27 ans, qui a fui le Soudan et qui vit dans la "jungle" depuis 6 mois. Avec un grand sourire, il explique qu'il est content de quitter le bidonville. "Je veux aller n'importe où en France sauf ici", dit-il.

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Un important dispositif

L'opération, officialisée vendredi, nécessite un dispositif logistique très important. D'ici mercredi, 145 bus partiront de Calais vers le reste de la France.

Agents de l'État, traducteurs, pompiers, secouristes, bénévoles d'association : plus de 2.000 personnes sont mobilisées dont plus de 1.200 policiers et gendarmes qui veillent notamment à ce qu'aucun squat ne se reforme à Calais. 50 sites sensibles ont été identifiés dans l'agglomération.

L'évacuation de la "jungle" de Calais - Visactu
L'évacuation de la "jungle" de Calais © Visactu -

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