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Faits divers – Justice

Caméras, policiers en faction : y-a-t-il vraiment de l'insécurité sur la place Francheville de Périgueux ?

lundi 4 août 2014 à 7:00 Par Martin Cotta, France Bleu Périgord

Trafic de drogue, bagarres, insultes... certains riverains décrivent la place Francheville comme un lieu de tension permanente. Les policiers mobilisés dès ce lundi et l'installation au printemps 2015 de caméra de surveillance sont les bienvenus selon eux après l'agression d'un homme vendredi à coup de pistolet à grenaille.

La place Francheville lors de la tentative de meurtre le 01/08/2014
La place Francheville lors de la tentative de meurtre le 01/08/2014 © Radio France - Martin Cotta

Sur la place Francheville même si l'on est loin des scènes de délinquance pure et dure, un sentiment d'insécurité grandit de plus en plus pour Ninon : "Il y a des gens qui cherchent la bagarre, qui vendent de la drogue donc on contourne la place. " La jeune fille ne traverse plus la place. Encore moins à sa pause déjeuner. Ninon travaille dans un magasin de bureautique à quelques mètres de la place Francheville : "Parfois j'aimerai bien pouvoir me poser sur un banc, profiter du soleil. Mais je préfère rester ici au magasin ", explique t-elle.

Qu'il est loin le temps où la place Francheville était un lieu familial, où les feux d'artifice du 14-Juillet étaient tirés. Où mai 68 était célébré. Tout cela a bien changé  pour Marie-José : "Derrière les bosquets il peut y avoir des rencontres qui peuvent prêter à panique, à peur. Les gens qui l'occupent ne sont pas des personnes que l'on a envie d'inviter chez soi ", résume la commerçante. 

"Des fois j'aimerai bien pouvoir me poser sur un banc, profité du soleil. — Ninon travaille dans un magasin à deux pas de la place.

Bouteilles en verre, canette de bière cachées, pour Jean-Claude un riverain. La solution est simple : il faut raser les grandes haies de la place et "laisser les arbres et la pelouse pour une meilleure visibilité. Et puis les gens ramèneraient les enfants aux jeux sur la place " ajoute t-il. Patrick lui n'a pas de travail et passe sa journée sur la place, près du parking souterrain. Tous les jours le quinquagénaire assiste à des scènes de trafic de cannabis "mais moi je bois ma bière tranquille et je ne fais pas d'histoire ".

Mais avec l'arrivée d'une patrouille de police dès aujourd'hui, peut-être que les langues se délieront plus facilement car la police municipale déménage ce lundi matin et une patrouille sera désormais tous les jours sur la place Francheville . Le local de la police municipale ouvre sur le cours Fénelon, tout près du MEDEF 24. De quoi rassurer certains riverains après l'agression vendredi soir d'un trentenaire à coup de pistolet à grenaille juste derrière Monoprix entraînant le bouclage du secteur pendant plus d'une heure.

"Cela va déplacer le problème."  — Michel Moyrand, ancien maire de Périgueux et chef de l'opposition

L'éternel débat : prévention ou répression ?

La présence policière permanente dès aujourd'hui et l'installation de caméras de surveillance au printemps 2015 : c'est la réponse sécuritaire de la mairie de Périgueux face aux "marginaux " comme on les appelle diplomatiquement, qui occupent la place Francheville, laissant le trafic de drogue prospérer ainsi que l'alcoolisation excessive de gens à certains endroits de la place. Alors est-ce la bonne solution ? Oui et non d'après Michel Moyrand l'ancien maire de Périgueux.

Il avait eu à traiter ce dossier durant son mandat : "Il y aura certainement des effets et des conséquences, mais pour moi on déplace le problème. Les personnes qui occupent la place trouveront refuge ailleurs. Alors cela donnera satisfaction immédiatement aux riverains mais il faudra surveiller l'endroit où irons les personnes. Résoudre le problème définitivement c'est la grande difficulté des maires aujourd'hui. Quand j'étais maire j'étais pour la présence humaine, je voulais embaucher plus, équiper les policiers de motos pour intervenir plus rapidement. Sauf que j'avais prévu cela pour mon deuxième mandat car dans un seul mandat on ne peut pas tout faire ", explique le chef de file de l'opposition socialiste.

Michel Moyrand, ancien maire de Périgueux

"Ce ne sont pas des personnes que l'on aimerait inviter chez soi"