Faits divers – Justice

Campagne de Sarkozy en 2007 : Claude Guéant mis en examen pour "faux" et "blanchiment de fraude fiscale"

Par Germain Arrigoni, France Bleu samedi 7 mars 2015 à 15:32 Mis à jour le samedi 7 mars 2015 à 21:25

Claude Guéant justifie le demi-million d'euros reçus par une vente de tableaux en 2008
Claude Guéant justifie le demi-million d'euros reçus par une vente de tableaux en 2008 © Maxppp

Claude Guéant a été mis en examen samedi pour "faux", "blanchiment de fraude fiscale" et "fraude fiscale" pour la vente de tableaux flamands dans l'enquête ouverte sur des soupçons de financement par la Libye de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

A l'issue d'une garde à vue entamée à l'aube vendredi à l'office anticorruption (Ocliff) et de la présentation à un juge, l'ancien bras droit de Nicolas Sarkozy a été mis en examen  pour "faux", "blanchiment de fraude fiscale" et "fraude fiscale" pour la vente de tableaux flamands dans l'enquête ouverte sur des soupçons de financement par la Libye de la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy de l'ancien président de la République.

"On lui reproche, non pas des faits de corruption liés à ce soi-disant financement libyen de la campagne présidentielle, mais simplement on lui demande de s'expliquer davantage sur la vente des fameux deux tableaux qu'il a acquis il y a près de 22 ans" , a annoncé samedi soir à la presse son avocat Me Philippe Bouchez el-Ghozi.

Un virement de 500.000 euros dans le viseur

Les juges financiers parisiens s'interrogent notamment sur la découverte lors d'une perquisition en février 2013 d'un virement de 500.000 euros sur le compte de l'ancien ministre de l'Intérieur. Khalid Ali Bugsha, un homme d'affaires du Golfe, soupçonné d'avoir servi d'intermédiaire dans ce versement a également été mis en examen, pour blanchiment de fraude fiscale en bande organisée.

Claude Guéant avait justifié ce virement - provenant d'un compte à l'étranger - par la vente en 2008 à un avocat malaisien de deux tableaux d'un peintre flamand du XVIIe, Andries van Eertvelt. Mais des experts avaient contesté la valorisation de ces oeuvres. 

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Selon une source proche du dossier, l'enquête s'attache notamment à tracer des flux financiers avec l'étranger. Les liens de Claude Guéant, qui avait notamment joué un rôle central dans les tractations avec d'anciens responsables libyens, comme l'ex-bras droit de Kadhafi, Bachir Saleh, ayant conduit à la libération des infirmières bulgares, comptent également parmi les interrogations des enquêteurs. Bachir Saleh serait en Afrique du Sud et les juges français veulent l'entendre. 

Troisième garde à vue

La piste d'un financement libyen de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy est née entre les deux tours de la campagne présidentielle de 2012, lorsque Mediapart avait publié un document évoquant un accord de la Libye de Mouammar Kadhafi pour financer Nicolas Sarkozy, dont ce dernier assure qu'il s'agit d'un faux. Une information judiciaire avait été ouverte en avril 2013, notamment pour "corruption active et passive" et "trafic d'influence" sur ces accusations, et confiée aux juges Serge Tournaire et René Grouman.

L'entourage de Claude Guéant a relevé le caractère vexatoire de l'envoi à l'aube de policiers au domicile de l'ancien ministre de l'Intérieur vendredi, et s'est interrogé sur "l'intérêt de procéder comme s'il s'agissait d'un délinquant dangereux" , sous-entendant une instrumentalisation politique du dossier avant les élections départementales. 

C'est sa troisième garde à vue après celles ordonnées dans les affaires de l'arbitrage Tapie et des primes en liquide qu'il a perçues quand il était directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, au ministère de l'Intérieur.

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