Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Candice, lycéenne épileptique dans les Yvelines : "Je ne peux pas rester plus d'une heure devant un écran"

-
Par , France Bleu Paris, France Bleu
La Queue-lez-Yvelines

À l'occasion de la journée internationale des personnes handicapées, ce 3 décembre, France Bleu Paris a recueilli le témoignage de Candice, une lycéenne des Yvelines, qui ne peut pas suivre les cours à distance à cause de son épilepsie. Aucune solution ne lui a été proposée, déplore sa mère.

Photo d'illustration écran d'ordinateur
Photo d'illustration écran d'ordinateur © Maxppp - Maxppp

Ce jeudi 3 décembre 2020, c'est la Journée internationale des personnes handicapées. Pour certaines, le second confinement que nous vivons en raison de la crise du Covid-19, est tout aussi difficile à supporter que le premier, au printemps dernier. C'est particulièrement vrai pour certains épileptiques, notamment ceux qui souffrent d'une photosensibilité et ne supportent pas les écrans.

Une heure max devant un écran

Si les jeunes de son âge passent beaucoup de temps sur les écrans, Candice, elle les fuit. À 18 ans, cette élève de terminale, au lycée de La Queue-les-Yvelines (Yvelines), est épileptique. Elle ne peut pas rester plus d'une heure devant un écran d'ordinateur. "Si je reste fixée trop longtemps devant un écran, ça ne va pas, ça me tourne la tête, je vois flou et ça me provoque aussi du stress. Du coup, ça fait un cercle vicieux : je fais une crise, je suis fatiguée, je vois à nouveau flou et je refais encore une crise". 

Autant dire que les cours à distance, qu'elle doit suivre une semaine sur deux, de chez elle, sont un véritable cauchemar. Si un ou deux de ses enseignants font l'effort de lui envoyer leurs documents imprimés, elle doit se débrouiller tout seule pour les autres matières, "parce que les trois quarts des professeurs,  les projettent au tableau, et si tu peux regarder au tableau, c'est bien, sinon, c'est tant pis pour toi".

"Aucune solution proposée"

Heureusement, la lycéenne peut compter sur le soutien de sa mère qui passe ses journées à faire tourner l'imprimante de la maison, pour imprimer tous les documents envoyées par les enseignants, "en moyenne, c'est entre 10 et 12 pages minimum par jour", explique Marion, qui aide aussi sa fille à prendre des notes quand il le faut. Entre les semaines au lycée et celles passées à étudier à la maison, "c'est le jour et la nuit", selon la maman. "Le matin, ça va, elle travaille bien, mais l'après-midi, elle a besoin de dormir et travaille avec beaucoup de difficultés... Et si je tire trop sur la corde, il y a des crises".

Marion déplore que rien n'a été prévu pour Candice et les lycéens qui seraient dans la même situation. "Le rectorat ne propose rien, le lycée ne propose rien, j'envoie des mails on me répond qu'on ne peut rien faire, donc c'est moi qui compense les choses". Ce sentiment d'être isolées, démunies et sans solution, mère et fille l'ont évidemment déjà ressenti, mais il s'est encore accentué avec cette crise sanitaire et le confinement. 

Candice, lycéenne épileptique dans les Yvelines : "Je ne peux pas rester plus d'une heure devant un écran"

Près de 800.000 épileptiques en France

À l'association Épilepsie France, les témoignages de malades qui souffrent d'une photosensibilité se multiplient et inquiète Patrick Baudru, son délégué régional en Île-de-France. "Ceux qui sont en entreprise et qui doivent travailler toute la journée devant leur écran, c'est un risque aussi pour eux", rappelle-t-il avec des risques de "convulsion, de chute ou une perte de connaissance partielle ou complète". 

Sans oublier, les témoignages d'un "mal-être" qui reviennent aussi. "L'épilepsie est déjà une maladie qui favorise les troubles anxieux ou dépressifs, donc on a beaucoup de gens qui nous rapportent des problématiques de mal-être, de dépression, de perte d'énergie, parce qu'ils n'y arrivent plus", explique Patrick Baudru.

"Un risque supplémentaire de crise" - Patrick Baudru, référent Île-de-France de l'association Épilepsie France

Près de 800.000 personnes souffrent d'épilepsie en France, dont 120.000 en Île-de-France, selon l'association. Parmi elles, au moins 5% souffrent d'une photosensibilité.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess