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Faits divers – Justice

Drogue, violences, insultes, dégradations, l'enfer quotidien des usagers de la ligne de car Limoges-Bellac

jeudi 16 novembre 2017 à 17:00 Par Jérôme Ostermann, France Bleu Limousin

La gendarmerie de Bellac a mené ce lundi une opération de contrôle dans des cars de la ligne régulière entre Limoges et Bellac suite à des signalements pour usage voire trafic de stupéfiants, violences et dégradations. La société de transport chargée de cette ligne tire la sonnette d'alarme.

Les gendarmes de Bellac ont contrôlé trois cars ce lundi (photo d'illustration)
Les gendarmes de Bellac ont contrôlé trois cars ce lundi (photo d'illustration) © Maxppp - Julio PELAEZ

Limoges, France

Les gendarmes ont mené une opération de contrôle dans trois cars de la ligne régulière entre Limoges et Bellac ce lundi, suite à des signalements de différents établissements scolaires et de la société de transport en charge de cette ligne. Des signalements pour consommation voir trafic de stupéfiants, violences, dégradations, insultes et menaces. Si une seule personne a été arrêtée, les incivilités sont l'oeuvre d'une vingtaine de jeunes selon le patron de la société de transport chargée de cette ligne.

Selon Daniel Lavalade, la situation s'est sérieusement dégradée depuis un an :"Cela fait au moins une quinzaine d'années que l'on travaille sur cette ligne. Il y a toujours eu un peu d’incivilités, mais depuis un an, c'est intenable. J'ai prévenu toutes les autorités compétentes. Dans ces conditions, on ne peut plus assurer la sécurité du véhicule, surtout sur une route assez dangereuse comme la RN147 entre Limoges et Bellac, avec de nombreux arrêts intermédiaires, à Verneuil, Conore, Chamboret..., sachant que le conducteur doit aussi gérer la billetterie."

Des sièges saccagés à coups de couteaux, 10 .000 euros de réparation

Au patron de dresser l'enfer quotidien pour les chauffeurs et les autres usagers de cette ligne régulière :"Depuis septembre, il y a déjà eu trois bagarres générales dans le car ! Certains en sont sortis avec des coquards. On a aussi eu la moitié des sièges d'un car dégradés à coups de couteau. J'en ai pour au moins 10 mille euros de réparation. Certains jeunes fument des joints et font probablement du trafic. D'ailleurs, ils demandent aux chauffeurs d'éteindre la lumière pour faire leur business tranquille, ce qui est contraire aux règles de sécurité."

Et ce n'est pas tout selon Daniel Lavalade :"Il y a deux ans, il y a eu des gifles sur des chauffeurs. On a porté plainte mais ils ont été relaxés. C'est devenu intenable. Il y a aussi les insultes, la musique à fond. Un chauffeur a été menacé de se prendre un coup de boule. Du coup, plus personne ne veut travailler sur cette ligne. Les conducteurs pètent tous les plombs. Certains arrêtent au bout de 6 mois, quand ils ont le droit au chômage. Une autre est en arrêt maladie pour dépression. Et puis ils cassent tout. La trappe du toit a été dégradée. Idem pour le système de sécurité des portes. Quand on ouvre pas assez vite à leur goût, ils forcent le système."

On souhaiterait une présence policière à bord

Une situation cauchemardesque qui ne peut plus durer selon lui :"C'est une ligne régulière. L'autre jour, une cliente a préféré descendre avant même d'arriver à sa destination. Elle a préféré demander à son mari de venir la chercher. Je pense que certains usagers évitent même de monter dans le car désormais. C'est la seule ligne qui pose problème. On peut leur faire des réflexions, ils s'en fichent et vous rient au nez. En général, ce sont des élèves de Limoges qui sont scolarisés à Bellac ou au Dorat. Avec cette clientèle là, je pense qu'il faut des mesures spéciales."

Selon le gérant, cela pourrait même aller jusqu'à la présence de policiers ou de gendarmes dans le car :"C'est ce qu'on souhaiterait ! Nous, on est des exploitants. On exécute cette ligne régulière pour le compte du conseil départemental. Mais l’exécuter dans ces conditions là, c'est infernal, ce n'est plus tenable. Mais on doit respecter le contrat. On a encore deux ans à faire. Si ça ne bouge pas d'ici là, on ne postulera pas à nouveau sur cette ligne. C'est terrible. On se bat pour essayer de faire notre travail comme il faut. Mais c'est compliqué. On exploite des lignes depuis 1932. On en a vu. Mais là, le vase déborde."