Faits divers – Justice

Carambolage en Vendée : l'après commence pour les victimes

Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan et France Bleu mercredi 21 décembre 2016 à 18:17

65 personnes ont été impliquées dans la série d'accidents de Sainte-Flaive-des-Loups
65 personnes ont été impliquées dans la série d'accidents de Sainte-Flaive-des-Loups © Maxppp -

Passé le choc de l'énorme carambolage entre La-Roche-sur-Yon et Les-Sables-d'Olonne, c'est une nouvelle étape délicate qui débute pour les 65 victimes. Pour se reconstruire psychologiquement et pour faire toutes les démarches administratives.

C'est l'après carambolage que les victimes de la série d'accidents sur la 2x2 voies entre La-Roche-sur-Yon et Les-Sables-d'Olonne doivent maintenant gérer. 65 personnes ont été impliquées, cinq ont perdu la vie, vingt sont blessées dont une grièvement. Beaucoup, indemnes physiquement, sont choquées.

Quand les gens sont sortis, ils ont vraiment cru qu'ils allaient être percutés par une voiture eux aussi. Ils ont eu une sensation de mort imminente - Yves Bescon, psychiatre

Les blessures psychologiques peuvent apparaître plusieurs jours après l'accident, explique le Docteur Yves Bescon, le psychiatre en charge de la cellule d'urgence médico-psychologique, qui est lui-même intervenu sur le carambolage. Voilà pourquoi toutes les personnes qui ont vu un médecin tout de suite après vont être rappelées dans les huit jours pour savoir comment elles vont. Elles pourront ensuite être rappelées encore une fois, un peu plus tard, ou dirigées vers d'autres médecins. "Il y a deux types de victimes", explique le Docteur Bescon. "Celles qui ont vécu un décès avec la problématique du deuil, des autopsies, de la remise des corps, de la préparation des corps après un accident délabrant comme celui-là. Ensuite, il y a les victimes directes vivantes qui, dans les jours à venir, peuvent avoir des états de stress, des flash-back des scènes, surtout pour celles qui ont vu des cadavres et qui ont eu une sensation de mort imminente. Quand les gens sont sortis, ils ont vraiment cru qu'ils allaient eux aussi être percutés par une voiture. Les étapes suivantes, c'est que, chez certaines des victimes, peut se développer, au fil des semaines et des mois, des états de stress qu'on appelle post-traumatique et qui nécessite une prise en charge".

Son conseil donc pour les proches des victimes du carambolage : ne pas les laisser seules, surtout avec les fêtes qui arrivent, essayer de les faire parler sur ce qu'elles ont vécu et, si c'est trop difficile, ne pas hésiter de leur dire d'aller voir leur médecin traitant ou d'appeler le 15.

Toutes ces démarches sont extrêmement compliquées parce qu'elles se rajoutent au choc émotionnel - Olivia Pons de la fédération nationale d'aide aux victimes

Les victimes doivent aussi engager des démarches administratives. "Et toutes ces démarches sont extrêmement compliquées parce qu'elles se rajoutent au choc émotionnel", explique Olivia Pons de la fédération nationale d'aide aux victimes, l'Inavem. La loi Badinter sur les accidents de la route permet une indemnisation rapide des victimes pour tout ce qui est matériel : "il y a des provisions, des sommes d'argent pour les difficultés les plus urgentes qui peuvent être délivrées par les assurances grâce à cette loi. Donc la première chose à faire, c'est de signaler rapidement à son assurance ce qui s'est passé". Pour le volet judiciaire, là, les victimes ont un peu plus de temps, explique Olivia Pons. "Les personnes endeuillées ou blessées très gravement ne sont pas obligées d'aller déposer plainte immédiatement, ce n'est pas la priorité. Elles pourront se joindre par la suite à la procédure en se constituant partie civile".

Un accompagnement gratuit qui respecte le choix des victimes et le temps dont ils ont besoin pour faire les démarches

Dans tous les cas, quelle que soit la démarche, il ne faut pas hésiter à se rapprocher des associations d'aide aux victimes, conseille Olivia Pons : "on a ce besoin de se reconstruire, de rester dans sont petit cocon familial, surtout à l'approche des fêtes. Mais attention à ça. Pour tout ce qui est accompagnement dans les démarches pour les obsèques, les assurances, les expertises qui viendront plus tard, la compréhension des choses aussi, tout ça nécessite vraiment d'être accompagné par des professionnels pour ne pas se sentir complètement perdu. Et justement, dans ces associations d'aide aux victimes, on a toutes les compétences pour accompagner les victimes de manière gratuite, confidentielle, en respectant leur choix et en respectant aussi le temps qui leur faut pour accomplir ces démarches".

Les coordonnées utiles

En Vendée, l'association d'aide aux victimes, c'est l'Adavip 85 avec ses deux antennes de La-Roche-sur-Yon (02.51.37.94.56/09.62.05.98.30) et des Sables-d'Olonne (02.51.23.52.63). Les victimes des autres départements trouveront tous les renseignements utiles sur le site de l'Inavem et en appelant le "08 victimes", autrement dit le 08.842.846.37