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"Cartel du yaourt" : 11 fabricants condamnés pour s'être entendus sur les prix

Par Marina Cabiten, France Bleu jeudi 12 mars 2015 à 10:29

Des industriels du yaourt épinglés par l'Autorité de la concurrence - illustration
Des industriels du yaourt épinglés par l'Autorité de la concurrence - illustration © MaxPPP

Ce jeudi, l'Autorité de la concurrence a condamné onze fabricants de yaourts, dont les groupes Lactalis (Nestlé), Novandis (Andros) et Senagral (Senoble), pour s'être entendus sur les prix du marché des produits laitiers. Une entente interdite. En tout les onze entreprises sont condamnées à payer 192,7 millions d'euros d'amendes. Lactalis va faire appel.

Lactalis-Nestlé, Senagral, ou encore la PME Laiterie de Saint-Malo : ce jeudi, l'autorité de la concurrence a condamné onze fabricants de produits laitiers pour entente sur les prix. En tout, ils sont condamnés à 192,7 millions d'euros, dont 56,1 millions pour le seul groupe Lactalis Nestlé. Seul Yoplait a été exempté d'amende, dans le cadre de la procédure de clémence, pour avoir été le premier à avoir dénoncé le cartel.

Parmi les marques concernées, Nestlé, Senoble (Senagral) ou Andros (Novandis). Dès l'annonce de la condamnation, Lactalis-Nestlé a fait part de son intention de faire appel de la décision de l'Autorité de la concurrence. 

Entente sur les prix et les pratiques commerciales

Cette affaire de "cartel du yaourt" porte sur les années 2006 à 2012. Sur cette période, ces grands groupes laitiers et PME se seraient régulièrement rencontrés. Ils sont accusés d'avoir "défini en commun des hausses de prix, de s'être coordonnés sur les argumentaires développés pour justifier ces hausses" auprès des distributeurs. 

Les enseignes concernées : Carrefour, Auchan, Casino, Système U et Leclerc , qui vendaient ces yaourts, crèmes fraîches, fromages frais et autres crèmes desserts sous leurs marques distributeurs. 

Carnet et téléphone portable secrets

Yoplait, qui a alerté les autorités, est donc le seul à échapper à l'amende. En 2011, ses avocats ont livré "un carnet secret" ainsi qu'un "téléphone portable secret", des outils pour communiquer avec les concurrents et organiser l'entente. S'en sont suivis des descentes, d'autres documents saisis, et la collaboration de Senoble qui comme Yoplait espère ainsi la clémence de l'Autorité de la concurrence. 

Faibles arguments de la défense

Selon une enquête publiée en février dans le Figaro, en novembre dernier, les entreprises ont été reçues par l'Autorité de la concurrence pour faire entendre leurs arguments. Selon ces industriels, leur marge s'est fortement dégradée à cause de la hausse du prix du lait . Ne pouvant pas répercuter cette hausse à cause de la pression des distributeurs, cette entente aurait donc été le seul moyen qu'ils aient trouvé. Mais il existe des moyens de regroupements légaux, et l'entente secrète ne peut être justifiée par le bras de fer entre producteurs et distributeurs selon l'Autorité de la concurrence. 

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