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Faits divers – Justice

Casse de Bessières : 7 à 10 ans de prison requis contre les principaux prévenus

mercredi 10 octobre 2018 à 14:58 Par Mathieu Ferri, France Bleu Occitanie et France Bleu Gironde

Les onze membres du "gang des égoutiers" sont jugés depuis deux semaines à Bordeaux, pour le cambriolage souterrain du Crédit Agricole de ce village au nord de Toulouse, en 2014.

L'inspection des égouts de Bessières, après le casse, en 2014
L'inspection des égouts de Bessières, après le casse, en 2014 © Maxppp - THIERRY BORDAS

Bessières, France

Le gang des égoutiers va-t-il bientôt se retrouver au trou ? Des peines de 7 à 10 ans de prison ont été requises mercredi devant le tribunal correctionnel de Bordeaux contre les principaux prévenus du "casse des égoutiers" de Bessières, au nord de Toulouse, en 2014.

Ces onze prévenus de 26 à 63 ans comparaissent depuis dix jours pour avoir creusé, via les égouts, un tunnel de 30 mètres de long afin de s'introduire dans la salle des coffres de l'agence du Crédit Agricole. Cent dix coffres avaient été fracturés pour un butin de près de 2,5 millions d'euros. Des espèces, des pièces d'or, et des bijoux par centaines.

Les prévenus de Bordeaux encourent pour certains jusqu'à 20 ans en raison de la récidive légale. Le vice-procureur a tenu compte, dans ses réquisitions, du variable degré "d'amendement" des hommes dans le box des accusés (cinq comparaissent détenus). Tout en relevant chez plusieurs des "déclarations mouvantes pour minimiser son rôle" et "positions de retrait sur les faits reprochés". Mais le ministère public a aussi relevé qu'indépendamment de la fascination exprimée par le cerveau du projet, Pascal Teso pour le coup d'Albert Spaggiari à Nice en 1976, c'est surtout "la quête de l'argent facile qui a dicté la conduite" des malfaiteurs.

Il a aussi retenu "l'insatiabilité des auteurs, grisés par leur premier succès" à Bessières (les interpellations ne sont intervenus qu'au bout de deux ans d'enquête), et qui avaient engagé des étapes très concrètes pour leurs prochains coups : le repérage d'une agence bancaire à Reims, ou la candidature de l'un d'eux comme agent de la Brink's.

Auteurs "insatiables", et "risques considérables" pour la population

Le vice-procureur a aussi souligné les "risques considérables" qu'ont fait courir les braqueurs présumés à la population de 15.000 habitants, en détruisant deux centraux téléphoniques qui avait neutralisé le relais du système d'alarme de la banque, et bien davantage. 

Le vice-procureur a ainsi rappelé qu'un homme de 86 ans était décédé des suites d'un malaise cardio-respiratoire à Bessières dans la nuit du casse, du 15 au 16 mars 2014. Son épouse, n'arrivant pas à joindre les secours par téléphone, avait dû se résoudre à aller les chercher à pied, mais trop tard.

Des peines de 10 ans fermes ont été requises contre deux prévenus, neuf ans contre deux autres dont "l'admirateur" avoué de Spaggiari, Pascal Teso. Sept ans pour un autre. Pour les prévenus non détenus, des peines allant de quatre ans ferme à six mois avec sursis ont été requises.

Le procès depuis dix jours a fait apparaître deux profils différents de malfaiteurs réunis dans ce groupe hétéroclite, avec des hommes sans passé judiciaire mais aux compétences techniques très spécifiques. Il y avait dans le lot un ex-opérateur télécom qui a installé l'éclairage du tunnel, un "terrassier" familier du bâtiment, un professionnel de l'immobilier pour les placements ultérieurs. Mais aussi d'autres au casier judiciaire plus conséquent : un expert du chalumeau, un ex-légionnaire avec "une connaissance de l'environnement criminel", en vue de l'écoulement du futur butin. Et un Polonais de 37 ans, spécialiste du vol de voitures, chez qui des armes ont été retrouvées. Ce dernier nie sa participation au casse, assurant simplement avoir mis des gens en relation. Les plaidoiries se poursuivent jusqu'à vendredi.