Faits divers – Justice

Ce que l'on sait sur l'agression des surveillants à la prison d'Osny

Par Géraldine Houdayer, France Bleu Paris Région et France Bleu mercredi 7 septembre 2016 à 12:59

L'unité dédiée aux détenus radicalisés de la prison D'Osny, dans le Val-d'Oise.
L'unité dédiée aux détenus radicalisés de la prison D'Osny, dans le Val-d'Oise. © Maxppp - Anne Collin

Ce mercredi, quatre détenus sont en garde à vue après l'agression de deux surveillants à la prison d'Osny, dans le Val-d'Oise. Tous étaient incarcérés dans une unité spéciale pour détenus radicalisés.

En tout, quatre détenus sont en garde à vue après la violente agression, dimanche, de deux surveillants pénitentiaires par un prisonnier radicalisé. Ils sont entendus par les services antiterroristes de la police judiciaire. Les enquêteurs se demandent s'ils avaient concerté leur action.

Que s'est-il passé ?  

Dimanche, au moment de la promenade, un détenu de l'unité de prévention de la radicalisation de la maison d'arrêt d'Osny blesse deux surveillants avec un couteau artisanal. Son arme est constituée d'un morceau de métal de 15 centimètres, fixé sur un manche. Il blesse le premier surveillant d'un coup au thorax. Alors que l'agent prend la fuite, le détenu le poursuit et le frappe "par derrière, dans le cou," raconte Jérôme Nobécourt, le délégué régional de FO pénitentiaire. Un deuxième surveillant vient le chercher. Il est lui aussi blessé, au bras. Les deux gardiens parviennent à s'enfuir. Une équipe régionale d'intervention et de sécurité est appelée. Dans l'intervalle, le détenu "dessine un cœur sur une fenêtre avec le sang des gardiens et fait sa prière", poursuit Jérôme Nobécourt. Puis il "fonce" en direction des renforts, "arme à la main et souriant", avant d'être maîtrisé par un tir de balle de caoutchouc. Conduits à l'hôpital, les deux surveillants sont hors de danger.

Qui est l'agresseur présumé ? 

Arrivé dans l'unité de déradicalisation il y environ a trois mois, ce détenu "ne posait pas de problème particulier", d'après Jérôme Nobécourt. Il a été condamné cette année pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, dans une affaire de départ vers la Syrie.

Pourquoi le parquet antiterroriste est-il saisi ? 

L'enquête de flagrance est ouverte pour "tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste". Le parquet antiterroriste de Paris s'est saisi de l'affaire, en raison des propos tenus par l'agresseur présumé. Il aurait reconnu devant les policiers avoir prémédité son acte. Les policiers veulent savoir si les trois autres hommes placés en garde à vue avaient connaissance d'un projet d'agression. Le 13 juin, Larossi Aballa, l'auteur du double assassinat djihadiste d'un policier et de sa femme à Magnanville, dans les Yvelines, avait appelé "à attaquer des policiers" tout comme "des gardiens de prison", en revendiquant son action au nom du groupe Etat islamique dans une vidéo.

Les unités antiradicalisation en question

Déjà critique envers les unités de prévention de la radicalisation, le syndicat pénitentiaire UFAP-Unsa Justice a demandé lundi "l'arrêt immédiat de cette hérésie" et "la mise en place de structures adaptées et sécurisées". "Finalement, ce que l'UFAP-Unsa Justice redoutait tant depuis la mise en oeuvre des unités dédiées est arrivé", regrette le syndicat. L'unité de prévention de radicalisation de la maison d'arrêt d'Osny accueillait 18 détenus avant l'agression, tous en cellule individuelle. Il existe cinq quartiers de ce type en France, répartis dans quatre établissement pénitentiaires : Fresnes, Lille-Annoeullin, Osny et Fleury-Mérogis.

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