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Faits divers - Justice
Dossier : L'affaire Sophie Le Tan

VIDÉO - Ce que l’on sait sur la disparition de Sophie Le Tan, il y a un an à Strasbourg

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu, France Bleu Lorraine Nord

Le 7 septembre 2019, cela fait un an que Sophie Le Tan a disparu près de Strasbourg. Jean-Marc Reiser est mis en examen pour assassinat, enlèvement et séquestration, mais le quinquagénaire affirme qu'il n'y est pour rien dans la disparition de la jeune femme. Où en est l'enquête ?

Devant le palais de justice de Strasbourg en octobre 2018 : rassemblement pour demander la vérité sur la disparition de Sophie Le Tan.
Devant le palais de justice de Strasbourg en octobre 2018 : rassemblement pour demander la vérité sur la disparition de Sophie Le Tan. © AFP - ELYXANDRO CEGARRA

Strasbourg, France

Le 7 septembre 2019, Sophie Le Tan aurait dû fêter ses 20 ans. Mais l'étudiante strasbourgeois est introuvable depuis un an et des traces de son sang ont été retrouvées au domicile de Jean-Marc Reiser, à Schiltigheim près de Strasbourg. L'homme de 58 ans est mis en examen pour assassinat, enlèvement et séquestration. 

France Bleu fait le point sur l'enquête.

L’étudiante de 20 ans, toujours introuvable

En mai 2019, les enquêteurs ont annoncé qu’ils suspendaient les recherches, entamées à la suite de la disparition de Sophie Le Tan. C'est le 11 septembre 2018 que la police avait lancé un appel à témoin, quatre jours après que la jeune fille n’ait plus donné signe de vie. 

Pendant neuf mois, les enquêteurs ont ratissé tous les secteurs où Jean-Marc Reiser, mis en examen le 17 septembre, est passé, après la disparition. Ce sont des endroits où le portable du suspect a borné : dans la vallée de la Bruche, à l'est et l'ouest de l'Eurométropole, et même dans les Vosges du Nord où le suspect a passé son enfance. Sans succès. 

Les enquêteurs ont décidé de ne plus concentrer leurs efforts sur ces battues, tout en poursuivant leurs investigations. Une perquisition a d’ailleurs eu lieu le 27 juin, au domicile du suspect et en sa présence. Six enquêteurs de la direction interrégionale de la police judiciaire travaillent sur le dossier, aidés de la police technique et scientifique et de l'Office central pour la répression des violences aux personnes.

L’abandon des recherches officielles a été très mal vécu par la famille de Sophie Le Tan, “un coup dur, un choc" pour son cousin Laurent. Depuis, les proches, aidés par des bénévoles, poursuivent les battues, comme le 7 juillet, à Balbronn. Malgré le temps qui passe, "on a toujours l'espoir de la retrouver", confie à France Bleu Alsace Laurent Tran Van Mang, qui est un peu le porte-parole de la famille. Une marche à la lanterne aura lieu samedi soir sur la colline de Mundolsheim, en hommage à la disparue.

Le 23 octobre 2019, un corps est retrouvé en forêt de Grendelbruch en Alsace par un promeneur. Selon le procureur de Saverne : "il pourrait s'agir de celui de Sophie Le Tan"

Les éléments qui chargent Jean-Marc Reiser

Le jour de sa disparition, Sophie Le Tan avait rendez-vous pour visiter un appartement à Schiltigheim, près de Strasbourg. C’est Jean-Marc Reiser qui a mis en ligne sur internet l'annonce immobilière

Pour Me Welzer, qui représente la famille de la disparue, le quinquagénaire a passé cette petite annonce “pour tendre un piège” à une victime éventuelle. Deux autres jeunes filles avaient répondu à des annonces similaires, mais le loueur n'est pas venu. L'une d'entre elles était accompagnée de son ami. "Que des suppositions", pour les avocats de la défense.

Arrêté une semaine après la disparition, Jean-Marc Reiser est mis en examen pour assassinat, enlèvement et séquestration. Lors de sa conférence de presse, la procureure de la République explique que des traces de sang et de l’ADN de Sophie Le Tan ont été retrouvés lors de la perquisition dans l'appartement du suspect. Un appartement qui avait fait l'objet d'un nettoyage minutieux.

Jusqu’à son audition, le 5 octobre, Jean-Marc Reiser affirme n'avoir rien à voir "de près ou de loin" avec la disparition de l'étudiante. Ce jour-là, il change de version, reconnaissant que Sophie Le Tan est montée chez lui au sixième étage. Il affirme alors qu’il a rencontré la jeune fille par hasard, qu’elle était blessée à la main et qu’elle serait allée chez lui se faire soigner. Cela explique selon lui, la présence de l’ADN de Sophie Le Tan à son domicile. En revanche, il dément toujours son implication dans sa disparition. 

Par la suite, les révélations s’accumulent et convergent en direction de Jean-Marc Reiser. Le 11 octobre, on apprend que des bâches en plastique ont été retrouvées dans la voiture du suspect. Le 28 mars, alors que le quinquagénaire a de nouveau été interrogé par la juge d’instruction, une source proche du dossier révèle que le sang de Sophie Le Tan a été analysé sur le manche d’une scie qui se trouvait dans la cave de Jean-Marc Reiser. 

Nouvelle révélation en mai : cette fois, le sang de la victime a été découvert sur une paire de chaussures du mis en examen. Les avocats du suspect ont demandé des contre-expertises. Sauf coup de théâtre, l'instruction devrait être bouclée en 2020, pour un procès, peut-être, en 2021.

Le profil du suspect

Jean-Marc Reiser, soupçonné d’avoir enlevé et tué Sophie Le Tan, a un profil complexe et de lourds antécédents judiciaires. En 1997, il est interpellé dans le Doubs, avec, dans le coffre de sa voiture, des armes à feu, des stupéfiants et des photos de femmes endormies, subissant des violences sexuelles. A la suite de cette affaire, il est condamné en 2001 à 15 ans de prison pour des viols sur une auto-stoppeuse allemande et sur sa maîtresse. L’année précédente, au cours de l’enquête, il avait tenté de s’évader du palais de justice de Besançon. 

Encore plus troublante est l’affaire pour laquelle il a été jugé, en 2001 également : la disparition en septembre 1987 à Strasbourg d’une jeune femme de 23 ans, Françoise Hohmann, alors qu’elle vendait des aspirateurs à domicile. Son dernier client était Jean-Marc Reiser. Celui-ci a été acquitté. Pour son avocat de l’époque, Me Eric Braun, "il n'y avait pas assez d'éléments dans ce dossier pour faire condamner qui que ce soit"

En 2012 et 2016, Jean-Marc Reiser a aussi tenté de cambrioler des cabinets vétérinaires de la région de Strasbourg pour y dérober des produits analgésiques. Certains de ces produits, très puissants, pourraient placer une personne dans un état de léthargie et de soumission totale, détaille au Parisien une source judiciaire.

Sur son histoire personnelle, on sait qu'il est originaire de Moselle, fils de garde-forestier et qu'il a grandi dans les Vosges du Nord. A Strasbourg, il avait repris des études et décroché en 2017 un master en archéologie byzantine. Certains professeurs le décrivent comme un étudiant assidu et impliqué "mais d'autres se méfiaient de lui" raconte le doyen de la faculté, Jean-Yves Marc.

Des voisines, interrogées après son arrestation en septembre 2018, parlent d'un homme "solitaire", qui "ne parle pas aux voisins" et "n'inspirait pas confiance". Une opinion partagée estime une habitante de l'immeuble qui "ignorait son passé judiciaire"

"Plutôt cordial" pour l'un, "autoritaire" et "directif" pour l'autre

L'un de ses anciens avocats, Me Braun décrit "quelqu'un d'intelligent dans le sens qu'il avait fait aussi des études supérieures", “plutôt cordial”, qui “participait bien à sa défense”. Au contraire, un autre de ses anciens défenseurs, en 2001, Jean-Pierre Degenève, décrit à France 3 un homme "autoritaire" et "directif dans les entretiens (...) les experts psy avaient relevé à l’époque qu’il mettait des barrières à l’entretien, les empêchant ainsi de creuser sa personnalité, c’est assez rare pour être relevé."

Le 28 février, Jean-Marc Reiser a sollicité sa remise en liberté. Demande rejetée par la chambre de l'instruction à la cour d'appel de Colmar. Jeudi 5 septembre, deux jours avant le premier anniversaire de la disparition de Sophie Le Tan, sa détention provisoire a été prolongée de six mois. Il est incarcéré à l'isolement à la maison d'arrêt de Strasbourg.

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