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Faits divers - Justice

Mort de Vanille : ce que l'on sait sur les circonstances du drame et sur l'enquête en cours

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu Loire Océan

La mère de Vanille planifiait la mort de sa fille depuis deux mois, a indiqué ce lundi le procureur de la République d'Angers lors d'une conférence de presse. La femme de 39 ans a été mise en examen pour meurtre et placée en détention.

C'est dans ce foyer que vivait la mère de Vanille
C'est dans ce foyer que vivait la mère de Vanille © AFP - SEBASTIEN SALOM-GOMIS

Elle a décidé qu'elle tuerait sa fille le 7 février 2020, le jour de son anniversaire. Le procureur de la République d'Angers a livré de nouveaux éléments ce lundi lors d'une conférence de presse après la mort de la petite Vanille, tuée vendredi par sa mère à Angers. Le 3 décembre dernier, selon elle, alors qu'elle est hébergée dans un foyer pour mères isolées, on lui apprend qu'elle devra quitter les lieux le 10 février 2020. Ce jour-là, a-t-elle indiqué lors de sa garde à vue, elle décide de tuer sa fille, Vanille. Et elle choisit la date du 7 février, jour anniversaire de la petite. 

Pendant deux mois, cette femme de 39 ans et mère d'une autre enfant née en 2008, qui bénéficie d'un suivi psychiatrique et éducatif, laisse croire aux personnes qui la suivent qu'elle a un projet pour "l'après-foyer" : elle logera chez une amie avant de trouver une solution plus pérenne. Les éducateurs sont confiants, ils "décrivent une évolution positive", estiment que la mère de famille, fragile, reprend le dessus, après une hospitalisation dans un service psychiatrique et une tentative de suicide au début de l'année 2019. 

Mais en fait, c'est "une maman qui avait prévu un plan, qui a caché ce plan et qui a dissimulé" son "isolement complet et son refus du départ du centre maternel", a expliqué le procureur de la République. 

Une femme très fragile

La mère de Vanille a eu "un parcours très particulier", a précisé le président du conseil départemental du Maine-et-Loire. "Au milieu d'une fratrie de trois enfants", entre deux frères, "avec des parents handicapés tous les deux, sourds et muets", elle vécu dans la région angevine jusqu'à ses 14 ans avant d'aller dans la région de Bordeaux, "elle a ensuite été placée à l'Aide sociale à l'enfance à ses 16 ans jusqu'à sa majorité", a précisé Christian Gillet.

"Elle a ensuite vécu en couple de 2003 à 2014, poursuit le président du département, et a eu une fille en 2008, qui a été confiée à son père lorsqu'elle a quitté le domicile conjugal pour se rendre dans un foyer angevin, avant de se rendre dans le sud de la France, sans explication. Là, elle a vécu en errance, logeant dans sa voiture, puis elle est revenue à Angers dans un autre foyer. C'est là qu'elle a été a accueillie au moment où elle a déclaré sa grossesse au centre maternel du département.

Hébergement précaire

"C'est une femme qui a suivi psychiatrique, elle prenait des médicaments". D'abord "admise pour une période de 4 mois" dans ce foyer pour mères isolées, explique Christian Gillet, son hébergement dans ce centre a été prolongé jusqu'au 10 février. "Elle était avertie dès le mois d'avril qu'elle devrait partir. Ce que vraisemblablement elle n'avait pas compris. Dès le mois de juin", poursuit le président du département, avec les services sociaux, "ils avaient commencé à chercher une solution d'hébergement". 

"Toutes les procédures de l'Aide sociale à l'enfance ont été suivies, se défend Christian Gillet, aucune négligence n'est avérée. Ces derniers mois, les éducateurs ont constaté une amélioration apparente de son état de santé." 

Morte par étouffement

L'autopsie du bébé, âgé de un an, a confirmé que Vanille était morte étouffée, vendredi entre 13h et 15h, ce qu'avait affirmé la mère lors de sa première journée de garde à vue après son interpellation à Nantes, dimanche. Samedi soir, le plan alerte enlèvement avait été déclenché après que la mère n'eut pas ramené Vanille à sa référente de l'Aide sociale à l'enfance. La petite était placée dans une famille d'accueil depuis sa naissance sur une décision du juge des enfants, mais elle pouvait continuer à voir sa mère régulièrement pendant un temps donné durant la semaine.

Ce mardi 11 février, la mère de Vanille a été mise en examen pour meurtre et a été placée en détention.

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