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Faits divers – Justice

Cendrillon des temps modernes en Haute-Saône : deux ans de prison ferme pour la belle-mère

vendredi 27 octobre 2017 à 11:34 Par Jean-François Fernandez, France Bleu Besançon et France Bleu

Le tribunal correctionnel de Vesoul a reconnu coupable de maltraitance la belle-mère de la petite Zoé, ce jeudi. Elle a été condamnée à deux ans de prison ferme. L'enfant a été maltraitée de ses 7 ans jusqu'à 10 ans, à Faverney en Haute-Saône.

Le palais de justice de Vesoul
Le palais de justice de Vesoul © Radio France - Jean-François Fernandez

Vesoul, France

C'est une histoire qui ressemble tristement à celle de Cendrillon. Lorsque ses parents se séparent, Zoé vit dans un premier temps chez sa mère, puis elle s'installe chez son père. Le papa s'est remis avec Catherine, 34 ans, qui deviendra un véritable bourreau pour la fillette.

Dans la famille recomposée, il y a déjà trois enfants : la fillette n'y a pas sa place. Le père qui travaille ne s'occupe pas des enfants, il ne remarque rien. A table, l'assiette de Zoé est la moins remplie. Lors de son audition, aux gendarmes Zoé dit : "J'avais quatre frites, les autres enfants léchaient leurs frites devant moi pour me narguer".

Dans le salon, il y a des photos aux murs de tous les enfants, sauf Zoé. Sur les armoires dans la chambre, il y a les marques de croissance de tous les enfants avec les dates, pas pour Zoé. La fillette dénutrie porte des vêtements taille 4 ans, alors qu'elle en a 10.

Quand elle a vu pour la première fois le dessin animé de Cendrillon, elle a dit "c'est mon histoire"

Me Catherine Bertholde, qui assure la défense de la partie civile, attaque sa plaidoirie sur le conte de Cendrillon : "Elle a perdu du poids considérable, en trois ans elle n'avait même pas pris 300 grammes", "elle a vécu ça pendant trois ans, c'est à dire des humiliations, des coups, de la privation de nourriture, elle était rabaissée".

Maitre Catherine Bertholde

Elle dort sur un matelas souillé, en punition elle doit aller en culotte dans le grenier

Zoé dormait sur un matelas souillé, en culotte, sans pyjama ni draps. Elle n'avait pas le droit de dormir recroquevillée, elle devait rester toute droite sur son lit les mains contre le corps, et si sa marâtre la surprenait recroquevillée pour lutter contre le froid, en punition, elle devait aller en culotte dans le grenier. Zoé devait ramasser les crottes des chats, alors on lui appuyait sur la tête et elle en avait plein les cheveux. Lorsqu'elle était à table à regarder les autres manger, à la fin du repas sa belle-mère l'emmenait aux toilettes, lui demandait de se mettre les doigts dans la bouche pour vomir le peu de nourriture qu'elle avait ingurgité.

Une petite fille intelligente, qui s'exprime très bien

Les enquêteurs, juge d'instruction et psychologues, le reconnaissent, la petite Zoé est intelligente. Elle sait mettre des mots sur ce qu'elle vit. C'est lors de séjours chez sa mère que Zoé arrive à parler de calvaire. Ça prend du temps, petit à petit. Elle n'osait pas parler, de peur qu'on ne la croit pas, de peur d'être punie.

Un père indigne

Lorsque les gendarmes arrivent à la maison à Faverney, l'eau et l'électricité sont coupés, faute de moyens pour payer les factures. Les enfants doivent prendre leur douche chez les voisins. Le père, âgé de 32 ans, explique que sa priorité était de trouver du travail. La procureur de la république lui répond : "quand on est un père digne, la priorité c'est sa fille, d'autant que c'est votre unique fille".

Le tribunal le condamne à un an de prison ferme, mais il repart libre. Pour avoir été un père indigne, pour n'avoir pas empêché ou dénoncé les faits de maltraitance, il est déchu de ses droits parentaux. La belle-mère est condamnée à deux ans de prison ferme, avec mandat de dépôt à l'audience.

Zoé va mieux

La petite Zoé va mieux, elle vit de nouveau chez sa maman où son beau-père a remplacé ce papa absent. Avant de venir à l'audience, Zoé s'est pesée. A la barre, elle dit : "Je fais 38 kilos". Lorsqu'elle s'est décidée à parler, elle ne faisait que 19 kilos. Zoé est suivie par les services sociaux. La fillette se reconstruit tout doucement, elle est résiliente ce qui lui a permis de faire face et rebondir, mais il va falloir la surveiller de près avant son entrée dans l'adolescence. Elle est n'est pas encore consolidée.