Faits divers – Justice

« Certains justiciables ne pourront plus avoir droit à un avocat » : le bâtonnier de Belfort

Par Sébastien Germain, France Bleu Belfort-Montbéliard vendredi 16 octobre 2015 à 8:59

En 2014, les avocats s'étaient déjà mobilisés pour l'aide juridictionnelle.
En 2014, les avocats s'étaient déjà mobilisés pour l'aide juridictionnelle. © Maxppp

Les avocats du Territoire de Belfort sont en grève jusqu’à mercredi. Ils sont en colère contre la réforme de l’aide juridictionnelle.

Il n’y aura aucune audience dans le Territoire de Belfort. Tous les dossiers vont être renvoyés jusqu'à au moins mercredi 21 octobre, 11 heures. 

« Plus aucun avocat ne pourra aider les plus démunis »

Les avocats sont très en colère contre le gouvernement et contre cette réforme voulue par la garde des sceaux, Christiane Taubira : la réforme du financement de l'aide juridictionnelle. L'aide juridictionnelle, c'est ce qui permet aux plus démunis de pouvoir avoir un avocat. Le bâtonnier de Belfort, Me Josée Martinez a répondu à "Trois questions" ce vendredi sur France Bleu Belfort Montbéliard. Elle nous explique les raisons de cette colère : « Ce qui nous énerve c'est que nous sommes déjà très mal payés, et là, on nous demande de baisser encore notre rémunération. La conséquence, c’est que plus aucun avocat ne va vouloir défendre les plus faibles. »

4 euros de l’heure

Pour Me Josée Martinez, la question de la rémunération est au cœur de la polémique : « Certains avocats sont désormais payés 3 ou 4 euros de l’heure, ce n’est plus possible. Demain il y aura des justiciables qui ne pourront plus prétendre à bénéficier d’un avocat. »

La grève peut durer

Cette colère commence à gagner tous les barreaux de France. Pour le moment le mouvement dans le Territoire de Belfort doit avoir lieu jusqu’à mercredi 11 heures. La suite du mouvement se décidera lors d’une nouvelle assemblée générale. Une grève qui pourrait donc se prolonger, alors qu'on sait que la justice a déjà beaucoup de retard dans le traitement des affaires. Pour Me Josée Martinez : « Forcément ce mouvement a des conséquences, mais en même temps, il faut comprendre que nous faisons grève pour nos clients, pour leurs droits, pour que chacun puisse se défendre devant les tribunaux. »

3 questions au bâtonnier de Belfort