Faits divers – Justice

Ces Bretons ont déjà testé des médicaments 

Par Annaïg Haute, Tudi Crequer et Benjamin Bourgine, France Bleu Armorique et France Bleu Breizh Izel vendredi 15 janvier 2016 à 22:28

© Maxppp

Après le test d'une molécule qui a mal tourné, la question des essais thérapeutiques se pose. Un patient est en état de mort cérébrale, et cinq autres sont hospitalisés à Rennes. Le laboratoire qui menait ces essais, pour une entreprise portugaise, propose des tests depuis des années.

En déplacement à Rennes, la Ministre de la Santé Marisol Touraine a qualifié cet accident de « sans précédent ». Un patient est en état de mort cérébrale et cinq autres sont hospitalisés, après avoir testé une molécule censée soulager douleur et anxiété.

"J'ai déjà testé un médicament, ça m'a envoyé à l’hôpital"

Un drame qui choque aussi les personnes susceptibles de tester de nouveaux médicaments. C'est le cas, par exemple, de Gaël Guéguen. Animateur à France Bleu Breizh Izel, il est touché par une maladie redoutable, la sclérose en plaque, et il a déjà été confronté à des essais : "moi j'ai testé un médicament dans le cadre de mon traitement, mais ce médicament ne m'a pas fait de bien du tout. J'ai arrêté assez vite parce que ça m'a envoyé à l’hôpital. Ensuite, le neurologue, constatant les effets plutôt dévastateur de cette molécule, m'a fait remplir un dossier de pharmacovigilance, et ça s'est arrêté là."

"On m'a proposé un nouveau test, je vais dire non"

Cette affaire résonne donc particulièrement pour lui : "Quand j'entends l'histoire qu'on vient de découvrir, ça me donne pas du tout envie de tester un médicament qu'on m'a proposé de tester, on m'a dit que j'étais sur une liste pour tester un nouveau produit, je vais dire non."

Des tests pour payer son permis

Pierre-Henri aussi a déjà testé des traitements, mais en tant que volontaire. Il n'est pas malade mais à 18 ans, il avait besoin d'argent. Le jeune de Plougastel a eu l'idée de participer au protocole car son père avait, lui aussi, pris part à des essais. Il garde d'ailleurs un souvenir plutôt bon de son expérience : "Au début, j'étais pas très serein, mais ils refusent beaucoup de monde, ça m'a rassuré. Et puis ça s'était très bien passé. On est pris en charge, on nous rappelle après, on fait des tests avant pour vérifier que tout va bien".

2200 euros pour deux semaines et demi

"C'était un peu comme un travail d'été, j'avais tout juste l'age légal, c'était entre autre pour payer le permis et les première vacances. J'avais pris ça comme un travail, pas comme une expérience en laboratoire, pas comme si on était des cobayes. C'est pas commun mais c'était très bien payé, car il faut attirer les gens, et ça prend du temps : il y a deux visites avant le test, et deux après. Sur place, c'est 24 heures sur 24. Pour deux semaines et demi, j'ai eu plus de 2200 euros. Ca fait une somme qui est importante pour quelqu'un qui n'a pas de qualification."

Il explique qu'avec cette affaire, il hésiterait un peu à refaire des tests tout de suite, mais reste optimiste : "Pas dans les semaines qui viennent, mais dans quelques mois, j'y reparticiperai si j'en avais besoin. Je pense et j'espère que ce n'est qu'un accident, et que ça ne se reproduira pas."

Son frère devait participer à cet essai

Le frère de Pierre-Henri devait participer aux tests des médicaments mis en cause dans cette affaire, mais par chance, il a été recalé : "Ma mère m'a rappelé que mon frère aurait du participer à ce test, à cette période là. Ça fait peur, parce que c'est quand même très grave. C'est des gens qui garderont des séquelles relativement grave et savoir que mon frère aurait pu participer ça fait peur. Il n'a pas été pris car il avait fait beaucoup beaucoup de sport les semaines précédentes".