Faits divers – Justice

Charleville-Mézières : deux mineurs de 17 ans mis en examen pour le guet-apens tendu aux pompiers

Par Alexandre Blanc, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu vendredi 11 novembre 2016 à 7:58

Pompiers (illustration)
Pompiers (illustration) © Maxppp - Jean-François Frey (PHOTOPQR/L'ALSACE)

Deux adolescents de 17 ans ont été mis en examen ce jeudi pour avoir participé à l'embuscade tendue aux sapeurs pompiers le 13 octobre dans le quartier de la Ronde-Couture. L'un d'eux, en détention préventive, est suspecté d'avoir lancé un cocktail Molotov.

Moins d'un mois après l'embuscade tendue à des sapeurs-pompiers dans le quartier de la Ronde-Couture à Charleville-Mézières le 13 octobre dernier, deux mineurs de 17 ans sont mis en examen. L'un d'eux, déjà condamné dans d'autres affaires, est suspecté d'avoir incendié un transformateur électrique pour faire venir les soldats du feu et d'avoir jeté le cocktail Molotov qui s'est écrasé à côté du camion, ne brûlant que quelques centimètres carrés de bitume. Personne n'avait été blessé lors de ces violences urbaines.

Le principal suspect reconnaît qu'il participait bien à l'attroupement ce soir-là mais nie avoir jeté un quelconque projectile sur le véhicule de secours. Il encourt 10 ans d'emprisonnement. Le second adolescent, âgé de 17 ans lui aussi, est mis en cause pour avoir participé à l'attroupement d'individus aux visages masqués et pour avoir rassemblé des cailloux qui, selon les enquêteurs, devaient vraisemblablement être utilisés comme projectiles. Le jeune homme, au casier judiciaire vierge, reconnaît les faits. Il est placé sous contrôle judiciaire.

Des moyens importants sur l'enquête

"Les faits justifient que l'on ait mobilisé un maximum de moyens sur l'enquête", assène le procureur de la République de Charleville-Mézières Laurent de Caigny, qui félicite la dizaine d'enquêteurs de la sûreté urbaine mobilisés. "Il n'y a pas de zones de non-droit. Nous allions dans ces quartiers, nous y allons aujourd'hui et nous irons encore" surenchérit le Directeur départemental de la sécurité publique Philippe Miziniak. "Dès lors que l'autorité de l'Etat est mise en cause, il fallait que nous réagissions et que nous mobilisions d'importants moyens".

Moyennant 2000 euros, des analyses de traces ADN ont été diligentées en urgence alors que la procédure classique n'aurait livré ses résultats qu'au bout de 6 mois. Images de vidéosurveillance, écoutes téléphoniques et localisation de smartphones ont contribué à identifier des suspects et disculper d'autres individus. Sur les neuf mineurs interpellés simultanément ce mardi par une quarantaine de policiers, cinq ont été mis hors de cause et deux relâchés au bénéfice du doute.