Faits divers – Justice

A Châteauroux, la réforme des extractions judiciaires mécontente gardiens et magistrats.

Par Sarah Tuchscherer, France Bleu Berry lundi 30 janvier 2017 à 6:00

Le transfert des détenus de la prison de Châteauroux est désormais assuré par l'administration pénitentiaire.
Le transfert des détenus de la prison de Châteauroux est désormais assuré par l'administration pénitentiaire. © Maxppp - PQR

Depuis le mois de juin, en Berry, le transfert des détenus est assuré par un pôle spécialisé de l'administration pénitentiaire. Mais les agents ne sont pas assez nombreux et certaines missions ne peuvent pas être assurées.

Des détenus qui ne peuvent pas assister à leur procès ou se rendre à une convocation chez le juge, cela arrive tous les jours en Berry, depuis l'entrée en vigueur de la réforme des extractions judiciaires en juin dernier. Jusque-là, le transfert des détenus était assuré par la police ou la gendarmerie. Elle a depuis été confiée à l'administration pénitentiaire et à son tout nouveau PREJ (Pôle de rattachement des extractions judiciaires).

Neuf agents pour trois départements

Basé à St-Maur, près de la maison centrale, ce pôle compte neuf agents, d'anciens surveillants "classiques" qui ont passé un concours pour l'intégrer. Leur mission ? Emmener les détenus de la prison au tribunal. Le problème, c'est qu'ils sont censés couvrir les trois départements rattachés à la cour d'appel d'appel de Bourges (Cher, Indre et Nièvre), ils sont aussi amenés, parfois, à travailler en dehors de ce territoire. Et la tâche est immense.

De Châteauroux à Nice

Pascal Sabourault, délégué FO pénitentiaire raconte : "il y a quelque temps, les collègues ont dû emmener un détenu de la maison d'arrêt des Craquelins devant un juge à Nice. Ca veut dire qu'un équipage de trois personnes manquait pendant deux jours sur la base de St-Maur". Difficile dans ces conditions d'assurer des missions plus locales. D'après le parquet, au mois de novembre, près de 90% des demandes d'extraction faites par les magistrats de Châteauroux n'ont pu être satisfaites.

Des détenus relâchés

Les conséquences peuvent être graves. A Rouen, Nantes, Brest ou Poitiers, des détenus ont fini par être relâchés faute d'avoir pu être présentés à un magistrat dans les délais prévus par la loi.