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Chats mutilés près de Caen : l'avocate plaide l'abolition du discernement en lien avec un médicament

Nouveau procès et probablement le dernier pour l'homme qui avait mutilé des chats dans l'agglomération caennaise en 2018. Il a été jugé en appel ce lundi pour sa première condamnation dans l'affaire des chats. Son avocate plaide la relaxe, estimant que son discernement a été aboli par un médicament.

Maître Dominique Mari veut faire reconnaître que le médicament que prenait son client contre la maladie de Parkinson a entraîné un trouble du contrôle des impulsions.
Maître Dominique Mari veut faire reconnaître que le médicament que prenait son client contre la maladie de Parkinson a entraîné un trouble du contrôle des impulsions. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Le 28 juin 2018, c'est un homme au regard noir qui entre, entouré de gendarmes, dans le box du tribunal de Caen. L'affaire des chats mutilés vient d'éclater. Depuis plusieurs semaines, des propriétaires découvrent leurs animaux blessés, les pattes luxées ou brisées. Son véhicule repéré de nuit par deux témoins va permettre aux gendarmes de l'interpeller. Après 48 heures de garde à vue, il apparaît froid et dur et raconte mécaniquement les sévices qu'il a fait endurer aux animaux. La salle d'audience est pleine de défenseurs des animaux. Son avocate commise d'office est menacée. Il est condamné à neuf mois de prison ferme. Le 18 juillet 2018, de nouveau interpellé, il est cette fois condamné à un an ferme. 

Depuis trois ans, cette affaire a évolué. Entre temps, il a reconnu avoir tué en avril 2017 un chien dans le refuge SPA de Verson. Sa nouvelle avocate saisit le dossier à bras le corps et obtient la réalisation d'une expertise neurologique qui reconnait que les médicaments ont eu une influence sur le comportement de son client. Dans l'affaire du chien, il est jugé en février 2021. Le tribunal reconnait une altération du discernement et le condamne à 500 euros d'amende. 

Il a 46 ans, quand en 2014, on lui diagnostique la maladie de Parkinson. Cadre dans l'industrie automobile, il dirige 1000 personnes. "Je n'avais pas le droit d'être de malade, pas le droit de montrer que ma main droite tremblait, j'étais dans le déni". Alors il entame un traitement lourd d'agonistes dopaminergiques. Son neurologue lui demande régulièrement s'il ne développe pas d'addictions. Non répond-il. On augmente les doses. Pourtant, il ne dort plus, devient addict au bricolage, son épouse s'inquiète. Il ne dit rien. Puis il se met à sortir la nuit. Et commence à mutiler des animaux. "J'étais une machine, plus de cœur, plus de sentiment, l'acte devait être fait, ma conscience ne revenait que le lendemain, le surlendemain. Je me disais bien que quelque chose n'allait pas, mais je ne savais pas d'où ça venait". 

Son arrestation, ses deux condamnations et surtout l'arrêt du traitement par le neurologue affolé d'apprendre les faits, vont mettre un terme à tout cela. Et trois ans après, c'est un homme au regard doux, au sourire timide qui s'avance de nouveau devant les juges de la cour d'appel de Caen. Sa première condamnation pour les chats, c'est la seule dont il a fait appel. "Notre vie était devenue un enfer, Je n'ai pas eu la force de faire appel ensuite, notre nom, notre adresse diffusés sur les réseaux sociaux, ma femme menacée à son travail". Dans la salle, cette dernière qui le soutient depuis le début acquiesce. 

"On juge un homme qui est avant tout un malade, qui a avalé des médicaments qui devaient le soigner, mais qui l'ont empoisonné psychiquement" accuse son avocate. Dominique Mari, qui a repris le dossier, bataille depuis pour faire reconnaître l'influence des médicaments. "Les troubles du contrôle des impulsions sont reconnus comme un effet secondaire du médicament prescrit pour la maladie de Parkinson". Elle s'appuie sur l'expertise neurologique réalisée, sur une abondante littérature scientifique, sur la mise en garde dès 2009 de l'agence française de sécurité sanitaire des produits de santé contre les agonistes dopaminergiques. Selon elle, le discernement a été aboli. "Cet homme doit être relaxé". 

L'avocat général, David Pamart, rappelle que l'homme avait acheté des cages pour piéger les chats. Des actes préparatoires qui mettent à mal selon lui la thèse de la pulsion incontrôlable. Il réclame six mois de prison avec sursis. La cour d'appel rendra sa décision le 18 août 2021

L'homme s'avance une dernière fois vers la barre. "Le jour où j'ai arrêté les médicaments, j'ai dormi. Tellement que mon épouse s'inquiétait. Avant j'avais une cage de métal autour de la tête. Maintenant, je dors, j'ai repris du poids, ma vie a recommencé". Sa main tremble légèrement. Mais maintenant il l'accepte. Et attend de savoir ce que la justice va décider pour pouvoir définitivement tourner cette page sombre. 

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