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Dossier : Attentats de janvier 2015, le procès

Chaunu : "C’est plus facile de dessiner des prêtres pédophiles que de dessiner sur l’Islam"

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Par , France Bleu Cotentin, France Bleu

Le procès des attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher s'ouvre ce mercredi à Paris. Cinq ans après les attaques, le dessinateur Chaunu est revenu pour France Bleu sur cette tragédie et sur la liberté d'expression en 2020.

le dessinateur Chaunu invité de France Bleu Cotentin au premier jour du procès des attentats de janvier 2015
le dessinateur Chaunu invité de France Bleu Cotentin au premier jour du procès des attentats de janvier 2015 © Maxppp - Marc Ollivier

Le procès des attentats contre Charlie Hebdo et l'hyper Cacher s'ouvre ce mercredi à Paris. Quatorze personnes sont jugées pour leur rôle présumé dans la survenue des attentats qui ont fait 17 victimes et sidéré la France en janvier 2015.  

Quelques jours plus tard, d'immenses manifestations pour la liberté de la presse, et le droit à la caricature étaient organisées partout dans le pays. Le dessinateur de presse Emmanuel Chaunu, dont les dessins sont publiés notamment dans les pages de Ouest France, était l'invité de France Bleu Cotentin. 

Le dessinateur Chaunu invité de France Bleu Cotentin

France Bleu Cotentin : Est-ce que vous avez le sentiment de faire un métier à risque ? 

Emmanuel Chaunu : Non. Il n’y a pas que les caricaturistes qui ont été massacrés dans ces attentats. Cette histoire-là, elle  nous pendait au nez.  Il ne faut pas oublier qu’il y avait eu les attentats de Toulouse avant dans une école. On s’y préparait, mais comme toujours on ne veut pas y croire. Mon métier, je le pratique sans peur d’autant que je ne travaille pas dans un journal satirique. 

Il faut appeler un chat un chat

Même sans être dans un média satirique, y a-t-il certains sujets que vous refusez d’aborder dans vos dessins ? 

Oui, l’Islam. Il faut appeler un chat un chat. On dit les religions, mais non. Il y a un problème avec l’Islam radical. C’est beaucoup plus facile de dessiner des prêtres pédophiles que de dessiner sur l’Islam. Pourquoi ? Parce qu’il y a un grand courant qui est né au 19e siècle, le Salafisme, un courant de l’Islam radicale qui devient politique et qui a décidé de faire sa loi. Bien sûr tous les musulmans ne sont pas dans cette frange-là. Et les premières victimes de cet Islam radical ce sont les musulmans. 

Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même bain

Dans un sondage IFOP pour Charlie Hebdo, 18% des musulmans français ne condamnent pas l’attentat de Charlie Hebdo. Ce pourcentage s’élève à 26% chez les jeunes de moins de 25 ans. Comment réagissez-vous à ce sondage ? 

Je comprends tout à fait qu’on ne puisse pas adhérer à Charlie. Après, ce sont des sondages et les sondages on peut leurs faire dire ce qu’on veut. Je peux comprendre que des gens soient choqués par les caricatures de Charlie, le problème n’est pas là. La communauté musulmane condamne ces attentats. Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même bain. Dans une société qui perd ses repères, il y a une frange de gens, des radicaux, qui deviennent des héros noirs pour un certain nombre de gens paumés et perdus. 

Est-ce que Charlie Hebdo a raison selon vous de republier les caricatures qui avaient poussé les terroristes à commettre leurs crimes ? 

Oui, parce que ce matin on se réveille d’un cauchemar en se disant « il y a cinq ans, ça s’est vraiment passé ça ? ». On a très vite oublié ces événements. Ensuite il y a eu le Bataclan… Ils ont raison de les publier pour se dire « attendez, des gens sont morts pour des dessins ?! » 

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