Faits divers – Justice

"Chemise arrachée" à Air France : l'inspection du travail refuse le licenciement du délégué CGT

Par Marina Cabiten, France Bleu jeudi 21 janvier 2016 à 10:51 Mis à jour le jeudi 21 janvier 2016 à 11:02

Xavier Broseta, le DRH à la chemise arrachée d'Air France
Xavier Broseta, le DRH à la chemise arrachée d'Air France © Reuters

L'inspection du travail a refusé d'autoriser le licenciement du délégué du personnel (CGT) accusé par Air France d'avoir agressé deux vigiles et le DRH Xavier Broseta, le 5 octobre lors d'un CCE. Cette décision a été révélée jeudi.

L'image avait fait le tour des médias français mais aussi étrangers : Xavier Broseta, DRH d'Air France, torse nu après s'être fait arracher sa chemise lors d'un comité central d'entreprise ayant dégénéré le 5 octobre 2015. Ce jeudi, une décision de l'inspection du travail est révélée concernant un délégué du personnel accusé par la direction d'avoir agressé le DRH mais aussi deux vigiles : il ne peut être licencié.

Pas de preuve d'une faute lourde

Dans sa décision, l'inspection du travail indique que les "faits invoqués pris dans leur ensemble ne permettent pas à établir l'existence d'une faute lourde commise par le salarié, caractérisant son intention de nuire vis-à-vis de l'entreprise". Le délégué était accusé par la direction d'avoir "poussé et bousculé un autre salarié" en direction du DRH. Mais pour l'inspection du travail, "il est impossible de déterminer avec certitude" s'il "bouscule des salariés volontairement, ou s'il est lui-même chahuté". La compagnie aérienne a dans la foulée formulé un recours hiérarchique auprès de la ministre du Travail

Un procès au printemps

Ce recours n'étant pas suspensif, la compagnie doit réintégrer le salarié d'Air France Industries (maintenance) et lui payer le salaire non perçu depuis sa mise à pied en octobre. Quatre autres employés d'Air France ont été licenciés. Avec le délégué CGT, ils seront jugés le 27 mai au tribunal correctionnel de Bobigny pour violence.