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Dossier : Le mystère des chevaux mutilés

Chevaux mutilés : "On est très inquiet, chacun craint le pire", confient les éleveurs du Berry

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Par , France Bleu Berry

Oreilles coupées, yeux arrachés, entailles profondes à l'arme blanche : les actes de barbarie sur des chevaux se multiplient partout en France ces derniers mois. Même si personne n'a pour l'instant été touché dans le Berry, les professionnels du milieu redoutent le pire.

Image d'illustration
Image d'illustration © Maxppp - Dominique Touchart

Le premier signalement remonte à début février, dans un élevage de trotteurs de course en Vendée. Au début, on pensait à un acte isolé. Puis les agissements se sont multipliés : Moselle, Puy-de-Dôme, Seine-Maritime, Aisne, Somme, Saône-et-Loire, Côtes-d'Armor, Loire... Partout, des chevaux retrouvés morts dans leur pré, l'oreille coupée, l’œil arraché, atrocement mutilés. Certains en réchappent, mais avec de profondes coupures. Les derniers en date : ce lundi, une jument retrouvée morte dans les Deux-Sèvres près de Poitiers, et quatre autres blessées dans le Jura, l'Eure-et-Loir et en Mayenne.

En Berry, "ça interpelle tout le monde"

Chez nous, aucun cas n'est heureusement à déplorer pour l'heure. Mais les éleveurs que nous avons contactés sont loin de se sentir à l'abri, et "l'affaire des chevaux mutilés" est devenu un sujet de discussion à part entière. "On a des mails venant de nos différents organismes professionnels au moins une fois ou deux par jour sur ce sujet", confirme Marc-Émeric Bodard, éleveur et membre du Conseil régional équestre. "Chacun craint le pire. Ce qui est inquiétant, c'est que ça se multiplie en ce moment, dans toutes les régions de France. Et tous les types d'équidés, ânes, chevaux de sport ou de loisirs, y passent." 

"Il y a une prise de conscience, c'est vrai que ça interpelle tout le monde", confirme Philippe Macé, représentant de la FFE dans le département de l'Indre. "C'est une angoisse supplémentaire. En plus des difficultés économiques et du Covid, avoir un taré qui se balade pour couper les oreilles des chevaux, c'est difficile d'être serein", tance Emmanuel Lagarde, vétérinaire et éleveur. 

Il était pourtant dubitatif au départ. "Ça a été relayé sur les réseaux sociaux au début, et j'avoue que je prenais ça avec des pincettes. D'autant que ça concernait le monde des courses, qui est un monde plus fermé et discret. Et là, on voit que ça arrive dans le monde des chevaux de loisirs qui a plus de pratiquants et donc, plus de diffusion, avec une augmentation du nombre de cas assez spectaculaire cet été.

Un sentiment d'impuissance : "On ne va pas se balader avec des fusils et tirer à vue sur tout le monde"

Alors que faire ? Chacun essaie d'être plus vigilant : "J'ai regroupé mes chevaux dans les pâtures proches de chez moi, pour les avoir sous les yeux le plus souvent possible", explique Marc-Émeric Bodard. D'autres ont pris le parti de les rentrer la nuit, mais ce n'est pas facile faute de place suffisante en box. Emmanuel Lagarde, lui, dispose de caméras, et dit "mettre en place des rondes, faire sortir les chiens plus souvent, se balader plus souvent sur le site". 

Difficile pour autant de surveiller des chevaux 24h/24 : "À part la prévention et le repérage, il n'y a pas grand-chose à faire. On a pas tellement de moyens de se défendre", déplore Philippe Macé. "On ne peut pas retirer tous nos chevaux des pâtures, ni mettre des caméras partout... Quand on a une trentaine de chevaux sur 20 hectares, c'est impossible", confirme Marc-Émeric Bodard.

Et s'ils font ce qu'ils peuvent pour essayer de prévenir un drame, de nombreux éleveurs se sentent démunis. "Que faire d'autre ?" questionne Emmanuel Lagarde. "On ne va pas se balader avec des fusils. On ne peut pas être suspicieux à chaque fois qu'une voiture qui ralentit, ça peut être un pauvre gars veut faire pipi contre une haie ou des promeneurs qui viennent caresser ou donner un bout de pain à un cheval... On ne va pas non plus tirer à vue sur tout le monde."

La gendarmerie prend ces actes "très au sérieux"

Contactés, les gendarmes de l'Indre affirment prendre cette affaire "très au sérieux", et appellent à signaler tout ce qui peut paraître suspect, même en cas de simple doute. Plus d'une dizaine d'enquêtes judiciaires sont ouvertes au niveau national, et une note de la gendarmerie a été envoyée à tous les professionnels du cheval. Voici ses recommandations : 

  • Effectuez une surveillance quotidienne des chevaux aux prés,
  • Évitez de laisser un licol quand l’animal est au pré,
  • Si vous en avez la possibilité, la pose de petite caméra de chasse peut être envisagée,
  • Signalez aux unités de gendarmerie en appelant le 17, tout comportement suspect à proximité des pâtures (stationnement de véhicules ou présence inhabituelle d’individus) 
  • Si vous êtes concernés par les faits décrits, appelez le 17 également, ne procédez à aucune modification des lieux, portez plainte le plus rapidement possible.
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