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Chien tué à Verson : l'agresseur condamné, mais le tribunal reconnait l'altération du discernement

Un ancien ingénieur de 52 ans a été condamné ce lundi pour avoir tué un chien à la SPA de Verson (Calvados) en 2017. Il écope d'une amende de 500 euros. Point important, le tribunal a reconnu l'altération de son discernement liée à la prise d'un traitement lourd contre la maladie de Parkinson.

Inca, croisé beauceron, avait été retrouvé mort gisant dans une mare de sang dans son box lors d'une journée porte ouverte au refuge de la SPA de Verson le 1er avril 2017.
Inca, croisé beauceron, avait été retrouvé mort gisant dans une mare de sang dans son box lors d'une journée porte ouverte au refuge de la SPA de Verson le 1er avril 2017. - DR

C'était le combat de son avocate, Dominique Mari, faire reconnaître que son client, malade de Parkinson, a agi sous l'influence du médicament qu'il prenait à l'époque. Elle avait pour cela demandé une expertise neurologique, arguant des nombreux effets secondaires induits par ces traitements à base d'agonistes dopaminergiques. Achats compulsifs, addiction aux jeux, hyper sexualité, tous ces effets sont recensés dans les notices du Neupro ou du Réquip que son client prenait à l'époque. Elle a bataillé pour en faire reconnaître un autre : les sévices aux animaux, et s'appuyait sur un cas similaire recensé en Argentine. 

Le temps que l'expertise soit rendue, l'audience a été renvoyée à plusieurs reprises. Le 16 décembre 2020, l'homme a finalement comparu devant le tribunal correctionnel de Caen pour les faits commis le 1er avril 2017. Avec sa femme et sa fille, il s'était rendu au refuge de la SPA de Verson près de Caen pour adopter un chien. Effrayé par l'un d'eux qui avait-il raconté à l'audience "se jetait sur le grillage en aboyant et en montrant les dents", il avait sorti un tournevis de sa poche et l'avait mortellement poignardé. Inca, croisé beauceron, avait été découvert dans son box gisant dans une mare de sang. Les faits n'ont été élucidés qu'un an plus tard, en juillet 2018 quand cet homme a été interpellé à deux reprises pour avoir mutilé des chats dans l'agglomération caennaise. Lors d'une des deux audiences, il a avoué avoir tué Inca. 

À l'audience le 16 décembre, il avoue la peur que les tremblements se voient à son travail et la prise de ce traitement lourd contre la maladie. À l'époque, il était numéro 2 chez Renault Trucks à Blainville sur Orne. Et il raconte un comportement maniaque "une addiction obsessionnelle au bricolage notamment" et les nuits blanches "deux à trois par semaine". "Il sortait la nuit, relate son épouse en larmes à la barre du tribunal, je ne savais pas ce qu'il allait faire, j'avais peur qu'il soit dans une secte ou qu'il me trompe". Depuis, "notre vie est un enfer", poursuit-elle. Menacés sur les réseaux sociaux et jusque devant chez eux, leur identité et leur adresse ayant été divulguées sur internet, lui ne retrouve plus de travail même à l'autre bout de la France. "Les patrons ont peur de l'embaucher" confie son avocate. Immédiatement après l'affaire des chats, il a arrêté son traitement. Et les effets secondaires décrits ont cessé.

Cette décision est une demi victoire pour Dominique Mari. Même s'il a été reconnu coupable et condamné à 500 euros d'amende, "que le tribunal ait retenu l'altération de son discernement et que ce soit lié à la prise de son traitement, c'est important". L'homme devra en outre rembourser 20.500 euros de dommages et intérêts aux parties civiles, neuf associations de défense animale, dont la SPA de Basse Normandie, principale victime, qui reçoit à elle seule, près de 15.000 euros. Les bénévoles du refuge eux ont encore du mal à se remettre de la mort d'Inca. Celle qui était chargée de le promener ce jour là raconte qu'elle en est "encore traumatisée". 

Le prévenu lui n'en a pas encore fini avec la justice, puisqu'il a fait appel de sa première condamnation dans l'affaire des chats. La Cour d'appel de Caen attendait le jugement dans l'affaire du chien pour programmer le dossier. 

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