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Dossier : Chirurgien pédophile : l'affaire Joël Le Scouarnec

Chirurgien pédophile : premier procès aux assises pour Joël Le Scouarnec

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu La Rochelle, France Bleu Breizh Izel, France Bleu Armorique, France Bleu Touraine

Joël Le Scouarnec comparaît à partir de ce vendredi devant la cour d'assises de Charente-Maritime, à Saintes. L'ex-chirurgien est accusé pour ce premier procès d'attouchements sexuels et/ou viols sur quatre enfants. Une première étape pour cet homme accusé d'avoir fait au moins 349 victimes.

Le procès aux assises de Charente-Maritime de Joël Le Scouarnec débute ce vendredi à Saintes
Le procès aux assises de Charente-Maritime de Joël Le Scouarnec débute ce vendredi à Saintes © AFP - GEORGES GOBET

C'est le 2 mai 2017 que les crimes présumés s'arrêtent. Ce jour-là, Joël Le Scouarnec, 69 ans, est interpellé par les gendarmes à Jonzac, en Charente-Maritime. Il est accusé d'exhibition sexuelle puis de viol par sa voisine âgée de 6 ans. C'est le début d'une affaire de pédophilie hors norme, sans doute la plus importante de France. Chez lui, les gendarmes emportent des poupées, dont l'une a des chaînes aux poignets, des dessins d'enfants nus, des photos pédopornographiques (300.000 selon l'enquête) et des fichiers informatiques. 

Sur des fichiers, les gendarmes découvrent des photos de mise en scène sans équivoque de ses deux nièces à Loches, en Indre-et-Loire, où il a exercé comme chirurgien digestif. Dans ses écrits, ils lisent la description de caresses sur une patiente hospitalisée en 1993 dans cette même ville. Elle dit aujourd'hui ne rien se rappeler. 

Viols et attouchements sexuels

C'est donc pour ces quatre premières victimes que Joël Le Scouarnec comparaît jusqu'au 17 mars devant les assises de Charente-Maritime. Pour viols et attouchements sexuels. 

Mais l'enquête a permis d'identifier d'autres victimes. Des centaines. A tel point que l'ouverture d'une autre procédure, à Lorient, a été nécessaire pour les identifier. A ce jour, 246 plaintes ont été déposées, et les enquêteurs ont mis au jour au moins 349 victimes potentielles

Car Joël Le Scouarnec notait tout, méthodiquement. Dans ces carnets retrouvés au domicile de l'ex-chirurgien, il y a deux listes, intitulés "Vulvettes" et "Quéquettes", répertoriant les noms de 250 fillettes et garçons entre 1984 et 2006 associés à des descriptions d'agressions sexuelles présumées. Il y a aussi des milliers de pages de carnets intimes. Entre 1990 et 2017, il décrit son quotidien de possibles sévices sur de jeunes patients, parfois endormis, dans leur chambre, au bloc opératoire ou en salle de réveil. Le Scouarnec a exercé à Loches, Vannes et Lorient, dans le Morbihan, Quimperlé, dans le Finistère, et à Jonzac. 

"Je suis un grand pervers"

"Il profite de chaque occasion qui s'offre à lui", analysent les gendarmes en juillet 2017. Le mode opératoire est répétitif : il profite d'un moment où l'enfant est seul pour commettre des violences sexuelles sous couvert de gestes médicaux. "Il faut savoir être patient et compter sur sa chance", écrit ainsi le chirurgien dans ses carnets. 

Le 3 décembre 1997, jour de son anniversaire, ce père de trois fils écrit en lettres capitales : "J'ai 47 ans et je suis pédophile." C'est à cette période que sa double vie commence a transparaître sur sa vie familiale. Cette année-là, il est surpris par sa belle-soeur en train d'embrasser "le haut des fesses" d'une nièce, puis en 1999, sa soeur découvre qu'il a agressé sexuellement deux autres nièces

Le 10 avril 2004, il écrit sur son journal : "Tout en fumant ma cigarette du matin, j'ai réfléchi au fait que je suis un grand pervers. Je suis à la fois exhibitionniste (...) voyeur, sadique, masochiste, scatologique, fétichiste (...), pédophile. Et j'en suis très heureux." En décembre de cette année-là, les gendarmes l'arrêtent chez lui près de Vannes. Sa carte bancaire a laissé des traces sur un site pédopornographique russe et son nom est remonté jusqu'au FBI. Dans la foulée de son arrestation, il écrit : "Je suis donc contraint de cesser mes activités sur Internet. Quand pourrais-je reprendre ?"

Quatre mois de prison avec sursis

Il est condamné en 2005 à quatre mois de prison avec sursis pour détention d'images pédopornographiques, sans interdiction d'exercer la médecine. Sa femme le quitte alors mais le couple reste lié financièrement. 

En 2006, un psychiatre de l'hôpital de Quimperlé, Thierry Bonvalot, alerte sa direction sur ses doutes à propos du chirurgien. Mais selon une enquête de la cellule investigation de Radio France, la Direction départementale des affaires sociales et sanitaires, la DDASS, n'a à l'époque pris aucune mesure contre Joël Le Scouarnec. 

Whisky et poupées

Ces dernières années, à Jonzac, entre 2008 et 2017, le chirurgien vit reclus dans sa "bulle", ne sortant que pour travailler. "Sa vie ne tournait qu'autour de ça. Il a vécu son arrestation comme une libération", affirme son avocat Thibaut Kurzawa. Enfermé dans son salon, il passe son temps nu, devant sa caméra ou son ordinateur à télécharger des contenus pédopornographiques, seul avec une bouteille de whisky et des poupées. Il épie aussi sa petite voisine de 6 ans. Jusqu'à son arrestation en mai 2017. 

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