Faits divers – Justice

"L'homosexualité est une abomination": la condamnation de Christine Boutin confirmée en appel

Par France Bleu, France Bleu mercredi 2 novembre 2016 à 15:49

En première instance, en décembre 2015, le tribunal correctionnel avait même été plus sévère encore que les réquisitions du procureur
En première instance, en décembre 2015, le tribunal correctionnel avait même été plus sévère encore que les réquisitions du procureur © AFP

L’ancienne présidente du Parti chrétien démocrate a finalement été condamnée en appel à 5.000 euros d’amende pour "provocation publique à la haine". Dans un entretien, Christine Boutin avait affirmé que "l'homosexualité est une abomination".

Ses propos avaient provoqué un tollé en 2014, lorsqu’au terme d’un entretien donné au magazine Charles, Christine Boutin avait déclaré que "l'homosexualité est une abomination. Mais pas la personne. Le péché n'est jamais acceptable, mais le pécheur est toujours pardonné". Quelque 500 plaintes avaient été déposées. Dont deux, notamment par les associations, Mousse et Le refuge, à qui elle devra verser à chacun 2.000 euros.

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Le tribunal correctionnel plus sévère que les réquisitions du procureur

Ce mercredi, l’ancienne présidente du parti chrétien démocrate a finalement été condamnée en appel à 5.000 euros d’amende pour "provocation publique à la haine". En première instance, en décembre 2015, le tribunal correctionnel avait même été plus sévère encore que les réquisitions du procureur, qui réclamait une amende de 3.000 euros. L'ancienne ministre avait également été condamnée à verser 2.000 euros de dommages et intérêts aux associations Mousse et Le refuge, qui s'étaient constituées parties civiles. Elle a accordé la même somme à l'association Inter-LGBT (Lesbienne, gay, bi et trans), en validant sa constitution de partie civile, jugée irrecevable en première instance.

Une "opinion"

"Ce que l'on entend dans vos propos, c'est que les homosexuels sont une abomination", avait résumé le procureur. L'avocat de l'ex-ministre avait plaidé la relaxe, estimant que sa cliente était jugée pour "une opinion". "Votre décision aura des conséquences énormes sur la liberté d'expression. Si vous suivez les réquisitions du procureur, alors il faut saisir la Bible!", avait-il lancé.

"La Justice envoie un signal fort à la société"

Dans un communiqué publié dans la foulée de la décision, l’Inter-LGBT se "félicite de cette décision" et r"appelle que les propos homophobes, lesbophobes, biphobes et transphobes sont répréhensibles et que nul n’est censé ignorer la loi." "Dans un contexte, poursuit l’association, où les agressions LGBTphobes ont augmenté et se sont décomplexées depuis les débats de la loi du mariage pour tou-te-s, la Justice envoie un signal fort à la Société. L’Inter-LGBT reste plus que jamais vigilante et mobilisée et utilisera tous les recours qui sont en son pouvoir pour contrer et faire cesser les violences physiques, verbales et le harcèlement dont de nombreuses personnes LGBT font l’objet."