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DOSSIER : Meurtre d'Adrien Perez

CHRONOLOGIE - L'affaire Adrien Perez, poignardé à mort à la sortie d'une discothèque

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Isère, France Bleu

Le procès des meurtriers présumés d'Adrien Perez s'ouvre ce lundi devant la cour d'assises de Grenoble, en Isère. Ce jeune homme était mort durant l'été 2018, poignardé en plein cœur à la sortie d'une discothèque où il fêtait ses 25 ans. Il avait voulu défendre un ami qui se faisait agresser.

Devant la discothèque, une bagarre ultra violente éclate

Le 29 juillet 2018, il fait beau et chaud. Adrien Perez fête ses 26 ans avec des amis dans une discothèque, le Phoenix, située à Meylan, près de Grenoble. Vers 5h30, une bagarre éclate sur le parking de la boîte de nuit. Un ami d'Adrien Perez se retrouve roué de coups et frappé à la tête par trois garçons, alors qu'il est à terre. Adrien s'interpose pour secourir son ami. Des coups de couteaux et de cutter sont donnés. Adrien est frappé au cœur. 

Malgré l'arrivée rapide des secours, Adrien Perez ne survivra pas. Il meurt sur le coup. L'un de ses amis, Matthieu, est hospitalisé dans un état critique. Les trois garçons impliqués dans la bagarre prennent la fuite. Toute la scène a été enregistrée par des caméras de vidéosurveillance, "des images d'une rare violence", selon le procureur de l’époque, Jean-Yves Coquillat. Une enquête est ouverte pour meurtre, tentative de meurtre et violence en réunion avec arme.

Deux suspects interpellés, un troisième se rend

Le lendemain de la bagarre, un jeune homme de 20 ans, Younès E., se rend spontanément au commissariat de Grenoble. Il porte une coupure à la main, faite par arme blanche. Il est immédiatement placé en garde à vue mais refuse de dire où se trouve son frère, suspecté d'être l'un des autres assaillants. Le soir même, deux autres hommes, son frère Yanis E. et un ami, Liam D., sont finalement interpellés. Les trois hommes reconnaissent avoir pris part à la bagarre mortelle avec Adrien Perez.

Une humiliation et une première bagarre

D'après les premières auditions, une première dispute a éclaté dans la boîte de nuit cette nuit là, entre Yanis E. et Thibaut J.  à propos d'une fille, que celui-ci aurait approché. Yanis E. se serait senti "humilié". La bagarre est interrompue par le videur de la discothèque, qui n'estime alors pas nécessaire d'appeler la police. Ce que celui-ci ne sait pas, c'est que les trois jeunes hommes ont réussi à pénétrer dans la boîte de nuit avec des couteaux sur eux. 

Le 31 juillet, les trois hommes sont mis en examen pour "meurtre, tentative de meurtre, violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours".

L'enterrement

Le 3 août 2018, Adrien Perez est enterré. Une messe d'adieu est célébrée en l'église Saint-André de Grenoble en présence de la famille et des amis du jeunes hommes. De nombreux anonymes assistent aussi à l'enterrement. À la sortie de l'église, Thibault, le premier à se faire agresser par les trois jeunes, témoigne : "J'étais K.O, à terre. Je ne me souviens de rien, mais je sais que c'est Adrien qui m'a sauvé la vie. Car ils voulaient me planter. Et c'est Adrien qui s'est pris le coup de couteau"

Émotion considérable

La mort d'Adrien Perez, en plein cœur de l'été, trouve un écho particulièrement fort. Le 8 août, une marche blanche est organisée par ses amis pour dire "non à la violence, non à la barbarie". Un millier de personnes défilent à Grenoble.

Dans le même temps, le maire de Meylan, Jean-Philippe Blanc, dénonce une violence gratuite et réclame des moyens de police "colossaux" et "la mise en place d'une police de proximité" après la mort d'Adrien Perez. La politique entre en jeu. Renzo Sulli, maire communiste d'Échirolles, dans l'agglomération grenobloise, partage également cette volonté.

Le 13 août 2018, le troisième suspect, Liam D. reste en liberté, sous contrôle judiciaire, décision de la chambre de l'instruction. Il avait été libéré à l'issue de sa garde à vue et de son audition par la juge d'instruction, mais le parquet de Grenoble avait fait appel de cette décision.

Visite du ministre de l'intérieur et écho national... 

Le 17 août 2018, le ministre de l'intérieur de l'époque, Gérard Collomb, en vacances dans le Vercors, rend visite aux secouristes en montagne. À cette occasion, il s'exprime sur les récents faits de violence dans l'agglomération grenobloise, rappelant que "tout le monde doit participer" à l'effort de sécurité. "Nous allons recruter 10.000 policiers et gendarmes supplémentaires au cours du quinquennat", promet Gérard Collomb, rappelant toutefois qu'il faut du temps pour cela, "une formation de policier c'est un an". Des effectifs en hausse qui permettront "dans un certain nombre de ville, de mettre des forces supplémentaires", selon le ministre de l'intérieur, précisant que "dans l'avenir", il y aura "sûrement un effort pour cette zone", à savoir l'agglomération grenobloise déclare-t-il également.

Le 22 août, le préfet de l'Isère refuse d'autoriser la réouverture du Phoenix. La discothèque fait l'objet d'une fermeture administrative de six mois. Elle ne rouvrira que le 1er mars 2019.

À la rentrée de septembre, le préfet de l'Isère annonce sur France Bleu Isère que le ministre de l'Intérieur rencontrera "prochainement" les maires de Grenoble, Échirolles et Saint-Martin-d'Hères pour parler des questions de sécurité dans la métropole après un "été meurtrier". Les élus le demandaient depuis longtemps.

... mais aucune réponse d'Emmanuel Macron

Mi-septembre, les parents d'Adrien Perez s'adressent à la presse. Le 15 août 2018, ils ont écrit une lettre à Emmanuel Macron pour lui demander de faire cesser la violence gratuite. un mois plus tard, ils n'ont eu aucune réponse. Pour eux, c'est du mépris déclarent-ils. "C'est du mépris ! Le Président Macron nous oublie, oublie Adrien, oublie toutes les familles qui ont connu le même sort que nous à cause de cette violence gratuite! Je ne veux pas que mon fils ait la légion d'honneur ! Je voudrais juste que le Président de la République entende notre appel. Il a les moyens de s'attaquer à cette violence qui ronge notre société et qui tue nos enfants ! Car aujourd'hui c'est nous qui sommes dans la douleur mais demain, ce sera une autre famille qui sera détruite. Il faut que ça s'arrête !" détaille Patricia Perez.

Une plaque pour se souvenir

Le 4 mai 2019, une plaque est dévoilée à Meylan, en mémoire d'Adrien Perez, non loin du lieu où il est mort. Sont présents, sa famille et les proches du jeune homme, ainsi que des anonymes et des élus locaux.

Les aveux de façade du principal suspect

En juillet 2020, deux ans jour pour jour, après la mort d'Adrien Perez, Yanis E. comparaît devant la chambre de l'Instruction de la cour d'appel de Grenoble. La juge des libertés et de la détention (JLD) avait ordonné sa remise en liberté, contre l'avis du juge d'instruction. Le jeune homme nie toujours avoir porté les coups mortels à Adrien Perez. En visio conférence, Yanis E. tee-shirt bleu ciel, cheveux noirs retenus en queue de cheval, fine barbe, s'exprime d'une voix un peu mécanique, qui semble réciter. "J'ai conscience que les faits qui me sont reprochés sont graves", dit-il "ça fait deux ans que j'y pense tous les jours, je regrette. C'est sincère." Et il enchaîne : "Je dis la vérité, je me suis battu à mains nues, je n'avais pas de couteau. Je suis irréprochable en prison. J'aimerais retrouver ma vie normale, merci de me rendre ma liberté." 

Des aveux de façade pour les parties civiles. Le lendemain, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Grenoble rend sa décision, Yanis E. reste en détention.

La mère d'Adrien Perez interpelle Jean Castex

Le 20 septembre 2020, les parents d'Adrien Perez interpellent le Premier ministre dans l'émission "Vous avez la parole" sur France 2. "Cela fait deux ans que mon fils est parti, deux ans que rien n'a changé" poursuit-elle tout en reconnaissant que ce n'était pas la faute de Jean Castex, en poste depuis  le mois de juillet. "Quand allez-vous vraiment vous occuper de cette insécurité dans notre pays? Donnez-nous une réponse, et des actes s'il-vous-plaît!". Le Premier ministre réitère la vieille promesse de Gérard Collomb et assure que les effectifs des policiers auront augmenté de 10.000 agents sous le quinquennat d'Emmanuel Macron. Les parents d'Adrien eux, ressortiront avec le sentiment de ne pas avoir pu vraiment s'exprimer. Ni d'avoir été écoutés.

Le procès à partir du 21 juin 2021

À partir du 21 juin 2021, se tient le procès du meurtre d'Adrien Perez. Il a lieu devant les Assises de l'Isère et doit durer jusqu'au 2 juillet 2021. Trois accusés sont dans le box. Les frères El Habib comparaissent pour meurtre et tentative de meurtre, Liam D. pour violences avec arme, en réunion.

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