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Faits divers – Justice

Mort de l'antifasciste Clément Méric : après un faux départ, début du procès de trois skinheads

lundi 3 septembre 2018 à 21:35 - Mis à jour le mardi 4 septembre 2018 à 15:19 Par Viviane Le Guen et Germain Arrigoni, France Bleu Paris, France Bleu Breizh Izel et France Bleu

Le procès de trois skinheads impliqués dans la mort de Clément Méric, étudiant de 18 ans et militant antifasciste tué en 2013 dans la capitale, s'est ouvert mardi aux assises de Paris, après quelques heures d'incertitudes dues à l'absence d'un accusé.

Photo de Clément Méric brandie lors d'une manifestation à Paris en juin 2013.
Photo de Clément Méric brandie lors d'une manifestation à Paris en juin 2013. © AFP - JOEL SAGET

Il est devenu un symbole de l'engagement antifasciste. Cinq ans après la mort de Clément Méric, trois skinheads devaient comparaître à partir de mardi aux assises de Paris pour répondre des coups portés contre cet étudiant de 18 ans originaire de Brest, tué lors d'une bagarre en plein Paris. 

L'un des trois accusés qui doit comparaître manquait à l'appel ce mardi matin. Brièvement interpellé lors d'un contrôle de police dans la matinée aux abords du palais de justice, Samuel Dufour, qui encourt jusqu'à 20 ans de prison, a finalement pris place sur le banc des accusés.

Deux skinheads encourent jusqu'à 20 ans de prison

Il est environ 18h00 ce 5 juin 2013 lorsqu'une rixe opposant des "skins" et des "antifas" éclate au pied de l'église Saint-Louis d'Antin dans le IXe arrondissement de Paris. Clément Méric, étudiant à Sciences-Po qui se remet tout juste d'une leucémie, s'écroule. Son décès sera prononcé le lendemain déclenchant une vague d'émotion et de manifestations dans le pays.

A l'époque plusieurs groupuscules identitaires et racistes, dont étaient proches certains des accusés, sont dissous. C'est le cas de Troisième Voie et de son service d'ordre ainsi que des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), dirigées par une figure tutélaire de la mouvance, Serge Ayoub.

L'enquête conduit à la mise en examen de trois skinheads. Esteban Morillo et Samuel Dufour, 25 ans, comparaissent ce mardi aux assises pour des violences "ayant entraîné la mort sans intention de la donner", commises en réunion et avec arme, en l'occurrence un poing américain. Ils encourent jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle. Alexandre Eyraud, 29 ans, va lui être jugé pour des violences aggravées passibles de cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.
 

Un procès politique

Dans quelles circonstances précises Clément Méric est-il mort ? S'agissait -il d'une rencontre fortuite ou d'un guet-apens ? Y a-t-il eu volonté de tuer ou la bagarre a-t-elle mal tourné ? C’est à ces questions que vont devoir répondre les jurés pour établir les responsabilités de chacun. 

Les militants antifascistes dénoncent un "assassinat politique". Les accusés évoquent, eux, la légitime défense. L'un des enjeux sera notamment de déterminer s'il y a eu ou pas usage de poings américains, laissant supposer une intention d'en découdre. Sur ce point, les expertises médicales se contredisent. Esteban Morillo a très vite reconnu avoir frappé Clément Méric, mais toujours nié avoir fait usage de cette arme, circonstance aggravante aux coups mortels.  

Dans les rangs de l'Action antifasciste, on redoute une "dépolitisation". Près de 300 militants et sympathisants antifascistes ont  manifesté lundi soir à Paris pour réclamer la "vérité" sur la mort de leur camarade et d'autres rassemblements sont prévus dans les prochains jours dans la capitale. Ces militants estiment que le décès du jeune homme "n'est pas un fait divers", mais "le symbole de la montée en puissance de l'extrême droite, en France et en Europe."

Le procès doit durer dix jours, il s’achèvera vendredi 14 septembre.