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Cinq ans de prison pour Anthony Pontet, condamné pour agressions sexuelles sur mineures

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Par , France Bleu Provence

Un an et demi après sa mise en examen, Anthony Pontet, est reconnu coupable vendredi d'agressions sexuelles sur mineures. L'ancien adjoint au maire de Gardanne est condamné à cinq ans de prison dont deux avec sursis. Une peine assortie d'une obligation de soins par le tribunal d'Aix-en-Provence.

Avocats dans un palais de justice (photo d'illustration).
Avocats dans un palais de justice (photo d'illustration). © Maxppp - Vincent Michel / Le Mensuel de Rennes

Plus de 18 mois après le début de l'affaire et sa mise en examen pour agressions sexuelles sur mineures de moins de 15 ans, Anthony Pontet est reconnu coupable avec altération de discernement, ce vendredi par le tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence. 

Le tribunal condamne l'ancien élu, adjoint au maire de Gardanne, à cinq ans de prison dont deux ans avec sursis. Le procureur avait requis cinq ans de prison. La peine est complétée d'une obligation de soins, de travailler et d'indemniser les deux victimes.

Une décision mesurée pour les deux parties

La défense et les parties civiles semblent satisfaites du jugement rendu par le tribunal d'Aix-en-Provence. "Les réquisitions du procureur ont été très sévères, réagit maître Pierre Ceccaldi, avocat d'Anthony Pontet, elles ne sont pas suivies et il y a dans ces deux ans de sursis qui réduisent les réquisitions, une dimension d'apaisement. 

Les victimes ont été reconnues victimes. Et je pense que le prévenu a été compris dans sa démarche de prise de conscience donc c'est pour moi une décision tout à fait équitable". Les deux jeunes femmes aujourd'hui âgées de 29 et 24 ans restent traumatisées par les agressions et n'ont pas souhaité s'exprimer directement sur France Bleu Provence.

Mais par la voix de leurs avocates, elles se disent soulagées. "La justice est passée, se satisfait maître Carine Dip, avocate d'une des plaignantes. Elles avaient besoin qu'on reconnaisse leur qualité de victimes. Par cette condamnation, le tribunal souligne la contrainte, l'emprise, exercée par Anthony Pontet sur ses deux anciennes élèves. 

"C'est la raison pour laquelle on était bien sur des agressions sexuelles, poursuit maître Carine Dip, parce qu'elles étaient effectivement beaucoup trop jeunes pour se rendre compte de l'impact de la relation vécue et parce qu'à cet âge là, on a une réflexion qui n'est pas aboutie. On est encore adolescent, on se construit. Donc cette contrainte existait".

Anthony Pontet, 39 ans, est désormais inscrit au fichier national des délinquants sexuels. Suspendu de l'Education nationale, l'ex professeur de mathématiques ne pourra plus enseigner ni exercer une activité auprès d'enfants. 

Dans cette affaire, l'ancien élu a déjà effectué dix mois de détention préventive et sept sous surveillance électronique. En attendant un éventuel aménagement par un juge de l'application des peines, Anthony Pontet, reste en résidence surveillée avec bracelet électronique.

Des "chatouilles" aux "frottements"

Lors de l'audience de plus de trois heures, la cour s'est longuement arrêtée sur les traits de personnalité du prévenu. Dans sa lecture du rapport des experts psychologues, le président de la cour rappelle "des troubles de la personnalité et de la sexualité, un discernement altéré mais pas aboli. Pas de tendance pédophile mais un caractère pervers, égocentrique et faussement altruiste. La mort de son père au début de l'adolescence est un élément à considérer". Le manque d'une figure paternelle aurait conduit Anthony Pontet à faire un transfert sur sa mère, de là, son attirance présumée pour les jeunes filles. Interrogé par le président, le prévenu admet, "Je n'ai jamais eu de relations sexuelles avec des femmes de mon âge"

Les faits jugés s'étalent de 2003 à 2013. Les deux victimes ont un profil identique. Moins de 15 ans, des parents séparés, un père moins présent, le rêve de devenir chanteuse "comme à la Star'Ac". Lui est rassurant, il est plus âgé, il donne des cours de musique, de chant, il est d'abord pion puis prof de maths. 

Tout commence par des "chatouilles", des "caresses", des "câlins", dans la chambre ou la voiture. Au début il n'y a pas de relations sexuelles, mais des "frottements". "Pour moi, c'était des préliminaires, explique à la barre Anthony Pontet. Je reconnais aujourd'hui que j'étais très immature dans ma sexualité". 

"Il me faisait miroiter l'enregistrement d'un disque, témoigne Manuela, la deuxième victime. Il disait que j'avais une belle voix. Puis quand notre relation a commencé, il se disait amoureux mais se montrait jaloux. Il était alors dans l'humiliation, le dénigrement, il n'a cessé de me rabaisser, tout en étant parfois très gentil". Sur les humiliations ? "J'ai pu parfois manquer de délicatesse", admet Anthony Pontet, qui reconnaît les faits, tout en évoquant des relations consenties parce qu'il était amoureux". A la barre les deux jeunes femmes parlent d'un "manipulateur". Les psychologues avancent "une dépendance affective" des victimes.

Une emprise avérée sur les victimes

Longuement interrogé sur son comportement et sur l'interdit, Anthony Pontet, qui suit une thérapie dit comprendre aujourd'hui "que c'est mal. Mais à l'époque, j'étais plus jeune, plus fougueux. Je ne me rendais pas compte.  J'avais des sentiments. Aujourd'hui je me rends compte que ces relations ne devaient pas avoir lieu". Sur l'emprise ? "J'ai beaucoup évolué par rapport au début de l'affaire. C'est en regardant le film "Les chatouilles" que j'ai compris cette notion d'emprise". 

Mais est-ce qu'on peut consentir à 12 ans, interroge le président ? "J'ai bien compris qu'il ne peut avoir de consentement entre un mineur de 12 ans et un adulte de 21 ans". L'emprise est telle que la relation avec Claudia, la première victime, se prolonge jusqu'au mariage. Le couple a même deux enfants avant de se séparer puis divorcer en avril 2016. "Une façon de s'absoudre pour Mr Pontet", lance maître Lagrange, l'avocate de Claudia, "ce mariage est le symbole de l'emprise, de la contrainte". 

La femme âgée de 29 ans, reconnaît son traumatisme. "C'est difficile, j'espère arriver à me guérir". Des difficultés également pour Manuela, "J'ai beaucoup de mal à me reconstruire. Je vais mal. Moi aussi je suis suivi par un psychologue". 

Alors que le procureur mène un réquisitoire à charge évoquant un "prédateur dangereux", "un gourou qui utilise son aura, sa figure paternelle pour assouvir ses besoins. Il profite des fragilités de ces jeunes filles", les deux victimes peinent à croire "la sincérité des remords, des regrets" d'Anthony Pontet. "Je pense qu'il n'a pas compris", conclut Claudia.  

Au-delà des peines prononcées par le tribunal, le président ordonne une expertise et un véritable suivi pour Anthony Pontet. L'ancien professeur et élu de Gardanne qui promet "de ne plus recommencer", s'est reconverti dans le conseil en communication digitale en montant une microentreprise. Il espère aussi valider un "bachelor" en communication au mois de juin. 

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