Faits divers – Justice

Cinq dates pour comprendre l'affaire Jacqueline Sauvage

Par Marina Cabiten, France Bleu Orléans et France Bleu vendredi 29 janvier 2016 à 4:22 Mis à jour le jeudi 24 novembre 2016 à 7:47

Jacqueline Sauvage lors de son procès en appel
Jacqueline Sauvage lors de son procès en appel © Maxppp

Jacqueline Sauvage sera fixée sur son sort ce jeudi. Condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent, partiellement graciée par François Hollande, elle a demandé à la cour d’appel de Paris de lui accorder une libération conditionnelle.

Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari qui la battait, et partiellement grâciée par François Hollande, saura ce jeudi 24 novembre si la cour d'appel de Paris lui accorde une libération conditionnelle. Retour sur cette affaire devenue un symbole des violences faites aux femmes.

10 septembre 2012 : trois coups de fusil dans le dos

Jacqueline Sauvage vit à La Selle-sur-le-Bied, une commune d'environ un millier d'âmes, dans le Loiret. Ce jour-là, elle tue son mari Norbert Marot en lui tirant dans le dos trois coups de fusil. Leur fils Pascal s'est suicidé la veille. Lui et les trois filles de la famille ont été abusés sexuellement par leur père, qui les battait aussi ainsi que sa femme depuis 47 ans selon Jacqueline Sauvage.

Le pavillon dans lequel Jacqueline Sauvage a tué son mari, près de Montargis - Maxppp
Le pavillon dans lequel Jacqueline Sauvage a tué son mari, près de Montargis © Maxppp

28 octobre 2014 : première condamnation

Au terme d'un procès dans lequel Jacqueline Sauvage apparaît fermée, semblant presque insensible, la légitime défense n'est pas retenue. Il est reproché à l'accusée de ne pas avoir quitté le domicile, ou porté plainte avant de tuer son mari. Elle est condamnée à dix ans de prison pour meurtre sans préméditation par la cour d'assises d'Orléans.

4 décembre 2015 : la confirmation qui indigne

Jacqueline Sauvage a changé, affirment les avocates qui la défendent pour ce second procès, devant la cour d'assises du Loir-et-Cher. Ce procès est suivi de près car il suscite de nombreux espoirs d'un verdict plus clément. Outre les proches de Jacqueline Sauvage, des groupes de soutiens et autres initiatives citoyennes dénoncent depuis un an le jugement de première instance comme étant trop sévère. Mais ce jugement est confirmé en appel, avec la même peine de dix ans de réclusion criminelle.

"La légitime défense n'est absolument pas soutenable. Aux violences de son mari, elle aurait dû répondre par un acte proportionné, immédiat et nécessaire. Face à un coup de poing qui se solde par trois jours d'ITT, elle tire trois balles" - l'avocat général du procès en appel

12 décembre 2015 : pétition et femmes dans la rue

"Libérez Jacqueline ! Libérez Jacqueline !" scandent plusieurs dizaines de femmes réunies place du Châtelet à Paris, à l'appel du collectif qui a lancé une pétition en ligne pour réclamer la grâce présidentielle. Si peu de personnes sont allées jusqu'à manifester, cette pétition a récolté à ce jour plus de 382.000 signatures.

"La demande de grâce est partie de la société civile, ce n'est pas notre initiative, mais nous la soutenons", a déclaré Me Nathalie Tomasini, l'une des avocates de Jacqueline Sauvage. Selon elle, une deuxième demande de grâce a été effectuée "par des députés de droite et de gauche, notamment Valérie Boyer", députée Les Républicains des Bouches-du-Rhône. La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a aussi apporté son soutien à Jacqueline Sauvage. Cette grâce est aussi réclamée par Alexandra Lange, acquittée en 2012 pour le meurtre de son mari violent, et dont l'histoire a récemment été adaptée pour un téléfilm.

22 janvier 2016, des Femen réclament la grâce de Jacqueline Sauvage - Maxppp
22 janvier 2016, des Femen réclament la grâce de Jacqueline Sauvage © Maxppp

31 janvier 2016 : grâce présidentielle

Le président de la République décide de gracier Jacqueline Sauvage, deux jours après avoir reçu les trois filles du couple et leurs avocates. "Le président de la République, en application de l’article 17 de la Constitution et après avis du ministre de la Justice, a décidé d’accorder à Jacqueline Sauvage une remise gracieuse de sa peine d’emprisonnement de 2 ans et 4 mois, ainsi que de l’ensemble de la période de sûreté qu’il lui reste à accomplir", écrit l'Elysée dans un communiqué de presse.

"Cette grâce lui permet de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle", précise le texte, justifiant la décision de l'Elysée ainsi : "le président de la République a voulu, face à une situation humaine exceptionnelle, rendre possible, dans les meilleurs délais, le retour de Jacqueline Sauvage auprès de sa famille, dans le respect de l’autorité judiciaire."

C'est le 27 octobre dernier que cette demande de libération conditionnelle a été étudiée, à huis clos. La cour d'appel de Paris rendra sa décision ce jeudi.

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