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Faits divers – Justice

Cinq personnes jugées à Dijon pour avoir organisé des mariages blancs

lundi 2 octobre 2017 à 21:20 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne et France Bleu

Cinq personnes étaient jugées ce lundi 2 octobre à Dijon pour avoir participé à l'organisation de mariages blancs destinés à faire obtenir un titre de séjour à des hommes de nationalité algérienne. Entre janvier 2013 et mai 2015, treize mariages avaient ainsi été conclus.

Les mariages blancs, une affare lucrative pour tous les protagonistes?
Les mariages blancs, une affare lucrative pour tous les protagonistes? © Maxppp - Lionel VADAM

Dijon, France

Sur le banc des prévenus, l’un des cinq prévenus est absent à son procès devant le tribunal dijonnais. Ils sont quatre, un homme et trois femmes, à répondre du système de mariages blancs qui avait fonctionné en Côte-d’Or entre janvier 2013 et mai 2015. Au centre de cette organisation, un couple de Dijonnais qui recrutait des femmes seules, la plupart en grande précarité, certaines avec des enfants à charge, en leur proposant d'accepter un mariage blanc.

En échange elles recevaient quelques centaines d'euros, ou le paiement de la caution et du premier mois de loyer d'un logement. Ensuite, elles pouvaient prétendre grâce à cette union fictive, au RSA et aide au logement pour couple. Celles qui se montraient par la suite réticentes étaient vertement rappelées à l'ordre. L'une d'elles affirme avoir même été giflée parce qu'elle ne donnait plus suite. Ce sont d'ailleurs des menaces verbales qui ont incité l'une des mariées à aller dénoncer les faits à la police.

"Chez moi, y'a pas de tableaux de Mozart !"

Les hommes, eux, espéraient au bout d'un an de mariage avec une Française, décrocher un titre de séjour permanent. Ils devaient payer celui qui avec sa compagne organisait les mariages. Celui-ci affirme n'avoir reçu qu'entre 1000 et 4000 euros par union. Les "clients", eux, disent avoir versé beaucoup plus, 6500, 13.000, 20.000, 30.000 euros. Au cours des perquisitions au domicile du principal prévenu, les enquêteurs ont relevé des éléments trahissant un train de vie plus élevé que celui qu’on attend d’un bénéficiaire du RSA et de sa compagne en arrêt longue maladie. Un beau mobilier, des vêtements de marques, du matériel électronique haut de gamme. Le prévenu tente maladroitement de minimiser sa supposée fortune : « chez moi, y’a pas de tableaux de Mozart ! ».

Sa compagne affirme qu’elle ignorait combien rapportaient ces mariages négociés par son époux. Elle a néanmoins joué un rôle actif, allant même jusqu’à intervenir pour mettre un terme à une véritable idylle naissante entre deux futurs mariés. « Ça faisait des histoires ». A la barre, elle se plaint que les femmes qui avaient accepté ces mariages blancs lui réclamaient sans cesse de l’argent.

"Dans cette affaire, tout le monde en a croqué"_Maître Samuel Estève, défenseur du principal prévenu.

Une seule de ces mariées se retrouve sur le banc des prévenus. Parce qu’on lui reproche d’avoir ensuite contribué au recrutement d’autres femmes. Le système lucratif en a tenté d’autres, dont deux sœurs jumelles et leur mère. Après leur mariage, certaines jouaient le rôle de témoins dans des unions suivantes, là aussi contre rétribution. Ce qui fait dire aux avocats des prévenus, comme Maître Samuel Estève, que dans ce dossier, « tout le monde en a croqué ». Il ajoute qu’il n’y a pas « de victimes souffrantes, la seule victime étant l’Etat, donc le contribuable ». Maître Hirminia Garcia pour sa part, s’étonne que tous les mariés ne soient pas poursuivis, ne serait-ce que pour faire l’objet d’un rappel à la loi, puisque tous ont délibérément participé à un système frauduleux.

Pour les cinq qui se sont retrouvés devant les juges, le procureur a requis des peines allant de 90 jours-amende de 10 euros, jusqu’à 3 ans de prison dont 18 mois ferme et 10.000 euros d’amende. Le jugement sera rendu le 6 novembre.