Faits divers – Justice

Combien va coûter la mutinerie à la prison de Valence ?

Par Nathalie De Keyzer, France Bleu Drôme-Ardèche mardi 29 novembre 2016 à 6:14

la prison de Valence
la prison de Valence © Radio France - tommy cattanéo

Après les trois heures de mutinerie dimanche après-midi au quartier maison centrale les dégâts sont impressionnants. Une première estimation chiffre les réparations à plusieurs centaines de milliers d'euros. Estimation non officielle et jugée "pas sérieuse" par la chancellerie.

Dimanche les détenus ont mis le feu à trois cellules du troisième étage dans le quartier maison centrale. L'estimation des dégâts par l’administration pénitentiaire est en cours, mais d’après un premier chiffrage non officiel, le montant des dégâts pourrait s’élever à près de 700 000 euros. Les trois étages seraient endommagés. Il a fallu beaucoup d'eau pour tout éteindre les différents incendies. Le système électrique serait hors d’usage. Il y a aussi les meubles carbonisés, le monte-charge et l'ascenseur cassés, les caméras de surveillance détruites, le bureau des surveillants dévasté. Pour tout remettre en état il pourrait y avoir six mois travaux. Mais là encore c’est un chiffre non officiel.

Estimations pas sérieuses

D’ailleurs la Chancellerie dément. Le ministère juge ces estimations « pas sérieuses du tout ». Le ministère de la Justice ne veut pas parler pour l’instant, mais précise qu'au « plus haut niveau » on essaye de trouver des solutions pour ré organiser la prison afin d'éviter une troisième mutinerie.

Détenus transférés

En attendant la remise en état de ce bâtiment, les détenus ont été installés dès dimanche soir dans le bâtiment maison centrale d'à côté. Il est tout neuf, jamais utilisé pour l'instant. Les deux meneurs présumés de la mutinerie eux sont partis, transférés dans les prisons de Bourg-en-Bresse et Moulins-Yzeure. L'un a 32 ans, il était libérable en 2033, l'autre 27 ans aurait pu sortir en 2019.

Conditions de détention trop strictes ?

Pourquoi cette rébellion ? Ils seront entendus plus tard sur les raisons qui les ont poussé à ces dégradations. D'après des sources pénitentiaires, il pourrait s'agir d'une banale question de changement de prison pour se rapprocher de leurs familles. Ce que démentent les proches des mis en cause. Selon la compagne du détenu de 32 ans, il ne supportait plus ses conditions de détention trop strictes et trop répressives. "Il avait " dit-elle "le sentiment d'être mal traité par des surveillants qui n'ont pas l'habitude des longues peines". Elle cite l'exemple de la "cabine téléphonique où les détenus ne peuvent pas s'isoler pour avoir un peu d'intimité dans leurs conversations avec leurs proches".

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