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Dossier : Violences à la fac de droit de Montpellier

Commando de la fac de droit de Montpellier : peines de prison ferme requises contre cinq des sept prévenus

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Par , France Bleu Hérault, France Bleu

Dans le procès du commando de la fac de droit de Montpellier, des peines de prison ferme ont été requises vendredi contre cinq des sept prévenus jugés pour violences en réunion ou complicité. Un seul avocat a plaidé la relaxe. Le jugement du tribunal correctionnel sera rendu le vendredi 2 juillet.

Un an jour pour jour après les faits, l'Université de Montpellier a préféré baisser les grilles de la fac de droit
Un an jour pour jour après les faits, l'Université de Montpellier a préféré baisser les grilles de la fac de droit © Radio France - Salah Hamdaoui

Une heure de réquisitoire efficace et sans concession au terme duquel le procureur de la République de Montpellier a demandé vendredi des peines de prison ferme à l'encontre de cinq des sept prévenus et du sursis pour les deux autres. Jugés dans l'affaire du commando de la fac de droit de Montpellier, ils seront fixés sur leur sort le vendredi 2 juillet. 

Ils sont accusés d'avoir participé, à des degrés divers, à l'expulsion manu militari d'étudiants, entre autres, en grève contre Parcoursup qui occupaient l'amphi A de la faculté, le 22 mars 2018, date du cinquantenaire de Mai 68. Des étudiants de la faculté de lettres Paul Valéry, des syndicalistes et des militants d'extrême gauche. L'opération est déclenchée aux alentours de minuit, après une journée plus que mouvementée.

Coup de théâtre

Ce soir-là, un professeur agressé par un des occupants a eu la lèvre ouverte. Dans le même temps, des étudiants ont été blessés à la tête, points de suture au niveau du crâne. Surprise, à l'ouverture du procès, huit de ces étudiants, qui étaient parties civiles, ont décidé de se désister avant de quitter la salle d'audience.

Pas question de "cautionner" une enquête qui n'est pas allée jusqu'au bout explique alors leur avocat, Me Jean-Louis Demersseman, selon qui la liste des accusés n'est pas complète. Renvoi du procès ou pas ? La question est posée au tribunal qui décide de poursuivre malgré tout.

On juge des hommes de droit éminents qui ont défié le droit"- (Me Jean-Marc Darrigade, partie civile, pour l'Université de Montpellier)

Un procès au cours duquel l'ex-doyen Philippe Petel (18 mois de prison avec sursis requis et cinq ans d'interdiction d'exercer dans la fonction publique), reconnait pour la première fois avoir donné le feu vert au commando, dont certains membres étaient cagoulés, armés de lattes en bois et d'un taser, pour l'un d'eux.

Jean-Luc Coronel, agrégé et docteur en droit de 53 ans, (10 mois ferme requis, en état de récidive) a avoué avoir donné des coups pour se défendre, se contentant "de quelques gestes de boxe anglaise". Révoqué par l'Éducation nationale suite aux violences, il se déclare aujourd'hui au RSA et figure dans la liste des enseignants sur le site internet de l'institut privé de Marion Maréchal, recruté pour des cours d'histoire de la pensée économique.

Une ligne rouge franchie

Le procureur Fabrice Belargent fustige ces "deux juristes éminents qui ont fait en commun le choix conscient de basculer du côté obscur de la force". Deux spécialistes du droit qui "ont décidé de faire entrer la violence dans l'Université, un endroit où l'on enseigne la démocratie".

Et ça, pour le procureur, c'est inexcusable. C’est même "illégal" quand on se fait justice soi-même en allant "virer 30 personnes endormies" à coup de taser et de lattes en bois. Des violences que les prévenus justifient par la nécessité de pallier à la "carence du préfet", après son refus d'envoyer la force publique pour déloger les grévistes. 

Fouler ainsi l'État de droit, cela fait dire à Fabrice Belargent que "la passion a pris le dessus sur la raison", qu'une "barrière morale aurait dû se lever" dans un groupe "au socle idéologique commun : la détestation de l'extrême gauche". 

"Ils se sont dit que le recours à la force, il n'y avait plus que ça. Quand tout a échoué"- (Me Christol)

Rien de politique dans tout cela s'indigne l’avocate du doyen Philippe Petel, 61 ans. Me Iris Christol défend avec cœur "un homme affable, doux et bienveillant". Un homme "pétri d’inquiétude" ce soir-là, face à une situation qui lui échappe, avec le "sentiment d’avoir été abandonné" par les autorités et sa hiérarchie. 

Dans une plaidoirie enflammée, Me Christol conjure le tribunal de ne pas "anéantir" un homme qui "est à genou" en lui permettant, a minima, de continuer à être consultant.

Dans ce dossier, je vois des violence graves, d'un côté comme de l'autre. Je m'étonne qu'on en tolère certaines"- (Me Libelle)

Royalistes, régionalistes, nationalistes ou patriotes, tous les autres protagonistes de cette affaire gravitent autour de la mouvance d'extrême-droite mais pour l'avocat de Jean-Luc Coronel, l'explication est ailleurs. 

Face à des "activistes", des "pros de la déstabilisation", vandales et violents, face à "l'agit-prop de personnes extérieures à l'université", quel que regrettable que ce soit, "il y a eu un arbitrage" décrypte Me Laurent Libelle "pour sauvegarder un intérêt supérieur". Laisser faire, dit-il, aurait conduit à "un blocage durable" de la faculté aux conséquences désastreuses, spécialement pour les étudiants en droit non-grévistes, à la veille des examens.

Des pieds nickelés selon le procureur

Contre Patricia Margand, 50 ans et compagne de Jean-Luc Coronel, le procureur a requis un an de prison avec sursis. En s'appuyant sur la téléphonie le jour des faits, il l'accuse d'être le "personnage central", celle qui "relie tout ce petit monde". Elle, assure avoir voulu, de sa propre initiative, voler au secours de Jean-Luc Coronel qu'elle pensait en danger.

Contre les trois "exécutants", âgés de 26 à 62 ans, il a été demandé un an de prison dont quatre mois ferme. Me Alain Begoc, l'avocat de deux d'entre eux, passera autant de temps à défendre ses clients, qui ont agi "avec tact et mesure", qu'à s'offrir une tribune politique. Il évoque pêle-mêle un "professeur égorgé", un policer tué ou encore des "voitures brulées en banlieue", avant de mettre en garde le tribunal contre une décision qui pourrait ne pas être comprise par "nos compatriotes".

Journaliste alternatif de la "réinformation"

Enfin, à l'encontre Martial Roudier, 41 ans et fils du fondateur de la Ligue du Midi, jugé en état de récidive, le procureur a requis un an de prison ferme estimant qu'il a pris "la direction matérielle des opérations". Plusieurs éléments conjugués permettent de le condamner, selon lui, notamment des vêtements saisis chez lui, identiques à ceux que porte "le leader de la bande" sur les images vidéos.

La téléphonie le forcera à finalement reconnaitre qu'il était lui aussi sur les lieux ce soir-là mais en tant que journaliste dit-il. Martial Roudier est le seul à demander la relaxe. Son avocate, Me Cécile Sauvage, rappelle que chacun des prévenus confirme que son client, "personnage controversé et sulfureux", n'a pas participé à l'intervention musclée.

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