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Faits divers – Justice DOSSIER : Procès Jacques Rançon

Comment Jacques Rançon a été trahi, 16 ans après, par son ADN

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Par , France Bleu Roussillon, France Bleu

Au dixième jour jour du procès du tueur de la gare de Perpignan, la Cour d'assises a pris connaissance du travail "acharné" mené pendant plus d'un an sur les scellés pour identifier l'ADN de Jacques Rançon et mettre fin à l'un des plus grands mystères criminels français.

Marie-Hélène Cherpin, ancienne directrice du laboratoire des empreintes génétiques à Biomnis
Marie-Hélène Cherpin, ancienne directrice du laboratoire des empreintes génétiques à Biomnis © Radio France - François DAVID

Perpignan, France

Octobre 2014, le laboratoire Biomnis est en ébullition. Après plus d'une année de travail sur des dizaines de scellés du dossier des « disparues de la gare de Perpignan », un ADN masculin a été identifié. Et il vient de « matcher » avec celui d'une personne fichée au FNAEG (fichier national des empreintes génétiques). 

« C'était comme chercher une aiguille dans un botte de paille, comme reconstituer un immense puzzle » se souvient Marie-Hélène Cherpin, l'ancienne directrice du laboratoire des empreintes génétiques. « Quand le résultat est tombé, je n'y croyais pas. Je suis restée stupéfaite ! »

Marie-Hélène Cherpin : "j'étais stupéfaite ! "

Pendant plus d'un an, ce sont des dizaines de scellés qu'il a fallu analyser à la demande du juge d'instruction. Prélevés sur les scènes de crime ou au domicile des suspects, des habits, une boucle d'oreille, des débris d'ongle, deux bagues, un ticket de bus, des résidus de siphon de douche, quatre échantillons de papier peint, des morceaux de peau...

Travail de patience

Les désillusions s’enchaînent. 16 ans après les faits, certains scellés sont abîmes et inexploitables. D'autres sont carrément vides, comme celui qui était censé contenir des débris d'ongle. Sur les bagues et le ticket de bus, l'ADN est insuffisant pour identifier un profil. Et puis surtout, il y a des « mélanges d'ADN », ce qui rend l'identification très compliquée. « C'est l'une des missions parmi les plus difficiles que j'ai eues à traiter », reconnaît Marie-Hélène Cherpin

"Une chance sur 540 milliards"

C'est finalement la chaussure droite de Moktaria Chaïb qui va parler, celle qui avait été retrouvée dans un jardin, plusieurs semaines après le meurtre. Pragmatiques, les experts du laboratoire Biomnis se mettent dans la peau de l'assassin : quelles parties de la chaussure est-il susceptible d'avoir touché ? Ils décident d'analyser trois zones, le talon, la pointe, et le dessus.

Sur le dessus de la chaussure, deux profils masculins sont identifiés. Le 6 octobre 2014, ils sont envoyés au fichier national des empreintes génétiques. Le verdict tombe : l'un des ADN correspond à un dénommé « Jacques Rançon ». Cet homme de 54 ans a fait l'objet d'un prélèvement à la suite de deux précédentes condamnations. La valeur statistique ne laisse aucun doute : il n'y a « qu'une chance sur 540 milliards » que ce soit quelqu'un d'autre. 

Le travail des scientifiques est achevé. C'est désormais à la police de jouer. Interpeller Jacques Rançon, et le faire avouer. 

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