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Comment prévenir une propagation du coronavirus dans les prisons surpeuplées ?

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Dans les maisons d'arrêt de Nice et Grasse il n'y a plus d'activités, ni de parloirs avec les familles pour limiter les contacts. Le ministère de la Justice envisage de libérer de manière anticipée les détenus en fin de peine et les exécutions de courtes peines sont parfois différées actuellement.

Les murs de la maison d'arrêt de Nice Les murs de la maison d'arrêt de Nice
Les murs de la maison d'arrêt de Nice © Radio France - Marion Chantreau

"La situation dans les maisons d'arrêt est dramatique, les personnes incarcérées à Nice dans un contexte de surpopulation carcérale sont dans un bocal à virus" s'inquiète Me Maéva Binimélis, avocate au barreau de Nice, membre du syndicat des avocats de France. Le syndicat, tout comme le syndicat de la magistrature, ont signé un appel à réduire la population carcérale dans un contexte d'enfermement où le confinement est quasi-impossible.  

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Aziza Dridi est avocate à Grasse, elle craint une crise sanitaire et sécuritaire dans les maisons d'arrêt : "Les détenus sont paniqués, ils ont peur de tomber malades, de manquer d'alimentation, ils n'ont plus de liens avec leurs familles, ce qui a provoqué une émeute à Grasse. A Nice dimanche, des détenus n'ont pas voulu regagner leur cellule après la promenade."

Nous demandons un maximum d'aménagements de peines, il faut accéder aux demandes de libération conditionnelle, mettre en place le contrôle judiciaire. Il faut limiter les entrées en prison, privilégier les dispositifs alternatifs. 

Julien Ficara, juge d'application des peines et membre du syndicat de la magistrature explique que des solutions sont à l'étude en accord avec le ministère de la Justice qui prend des ordonnances : "Les demandes de libération anticipées, lorsqu'il reste deux mois à purger seront certainement accordées. Quand il reste six mois, on peut parfois transformer la peine en travail d'intérêt général". 

Le procureur de la République de Nice, Xavier Bonhomme ajoute qu'il y a moins d'entrées en prison ces derniers jours : "Les exécutions de courtes peines peuvent être différées, on examine au cas par cas les demandes de libérations conditionnelles, en fonction du projet du détenu, de la dangerosité potentielle, etc." Mercredi, en comparution immédiate, deux frères qui avaient caillassé un véhicule des pompiers et mis le feu à des poubelles ont tout de même écopé de 8 et 2 mois de prison ferme avec mandat de dépôt.

Les surveillants pénitentiaires peu protégés 

Dans les prisons de Nice et Grasse, les surveillants regrettent de travailler sans masque. Ils ont des gants - déjà utilisés pour les fouilles - quelques flacons de gel hydroalcoolique. Hervé Segaud est surveillant à la maison d'arrêt de Grasse, secrétaire du syndicat FO Pénitentiaire  :"On attend des masques commandés par le ministère de la Justice. Les détenus craignent qu'on les contamine, quand on organise une promenade ou qu'on doit régler un conflit on est souvent à moins d'un mètre d'eux." A la prison de Grasse, trois détenus présentant des symptômes du coronavirus ont été placés à l'isolement. A Nice, trois surveillants pénitentiaires sont à l'arrêt, pour suspicion là aussi. 

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