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Faits divers – Justice

Comment un fonctionnaire du Sénat aurait-il pu servir les intérêts de la Corée du Nord ?

dimanche 2 décembre 2018 à 20:26 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne et France Bleu

Originaire de Dijon, Benoît Quennedey, le haut fonctionnaire du Sénat mis en examen pour trahison, au profit de la Corée du Nord, affirme ne rien avoir à se reprocher. Gérald Arboit, spécialiste du renseignement, nous éclaire sur les rouages de l’espionnage.

Le régime de Kim Jong-un cherche à recruter des 'informateurs" en France
Le régime de Kim Jong-un cherche à recruter des 'informateurs" en France © Maxppp - Pyongyang Press Corps/Pool

Dijon, France

Benoît Quennedey clame son innocence. Ce haut fonctionnaire du Sénat originaire de Dijon a été mis en examen pour « trahison » le 29 novembre, à l'issue de quatre jours de garde à vue. On le soupçonne d'avoir servi les intérêts de la Corée du Nord. Mais l'intéressé affirme ne rien avoir à se reprocher.

Simple travail d'influence ou davantage ?

Benoît Quennedey s'était pris de passion pour la Corée du Nord où il s'était rendu pour la première fois en 2005. Il avait ensuite multiplié ses voyages dans la péninsule coréenne. Il était entré dans l'Association d'amitié franco-coréenne dont il était devenu le président en 2016. Il avait publié deux ouvrages et était devenu une référence quand il s'agissait d'évoquer la Corée du Nord. 

Benoît Quennedey était-il en mesure de transmettre des informations confidentielles à ce pays ? C'est ce que cherchent à savoir les enquêteurs. Cela semble peu probable, mais il exécutait en tout cas un travail d'influence favorable au régime nord-coréen. Un lobbyisme actif qui ne passait pas inaperçu et aurait pu alerter les services de la Direction générale de la sécurité intérieure.

Un énarque qui aurait pu intéresser Pyongyang

Benoît Quennedey travaillait à la Direction de l'architecture, du patrimoine et des jardins du Sénat. Pas de quoi faire de l'espionnage a priori. Alors qu'est-ce qui aurait bien pu intéresser la Corée du Nord chez ce personnage ? Gérald Arboit, directeur de recherche au Centre Français de Recherche sur le Renseignement nous a livré des éléments de réponse : « la Corée du Nord est sous embargo et a très difficilement accès à des informations. Donc, elle va essayer d’essaimer ses recherches vers des personnes-clé. Lui n’est pas sur un poste important. Ce qui est important, c’est qu’il est énarque. Donc il peut avoir une carrière qui va le porter vers des sphères, en relation, elles, avec des informations sensibles pour un pays comme la Corée du Nord »

A cet effet, son entrée au Parti radical de gauche en 2012 aurait pu être utile, explique Gérald Arboit : « c’est un parti du centre, qui a donc toutes les possibilités d’être à un moment donné appelé à participer au gouvernement. Lui n’est pas sur une position pour devenir ministre, mais pour devenir conseiller d’un ministre, puisqu’il est assez proche de la présidente du mouvement des radicaux de gauche ».

Rappelons qu’après avoir été mis en examen pour « trahison »,  Benoît Quennedey a été placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de quitter le territoire et d'exercer sa profession. Il a par ailleurs été suspendu de ses fonctions par le Sénat.