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Faits divers – Justice

Commerçant roué de coups en marge de la célébration d'un mariage à Brive : deux hommes condamnés

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Par , France Bleu Limousin

Deux hommes de 19 et 22 ans viennent d'écoper de huit mois de prison avec sursis devant le tribunal de Brive ce mercredi en fin d'après-midi. Ils étaient jugés en comparution immédiate pour avoir agressé un commerçant et son père âgé de 78 ans lors de la célébration d'un mariage.

Le palais de justice de Brive
Le palais de justice de Brive © Radio France - Nicolas Blanzat

Brive-la-Gaillarde, France

Les faits remontent au 21 septembre sur la très passante avenue de Paris à Brive. En tout début d'après-midi, un cortège turc va célébrer un mariage à la mairie. Il s'arrête au niveau du théâtre où le marché est en train de se terminer. Après des jets des pétards depuis les fenêtres des voitures, le frère de la mariée descend du véhicule de tête pour poser un fumigène sur le trottoir. Il est rapidement déplacé par un commerçant de 42 ans qui veut protéger son étal, ses marchandises et ses clients des fumées.

Ce que ne supporte pas l'homme de 22 ans , domicilié à Saint-Pantaléon-de-Larche. Il se rue alors sur la victime, lui assène une gifle tout en le repoussant. Avant un déferlement de violence dans lequel le père du commerçant, âgé de 78 ans et présent sur les lieux, est lui aussi bousculé et renversé à terre. Un deuxième prévenu, âgé de 19 ans, avoue lui avoir mis au sol le commerçant de 42 ans qui était en train de riposter au premier coup reçu. Ce sont les deux seuls mis en cause. En dépit des caméras de vidéo-protection, aucun autre participant - alors qu'il seraient cinq ou six à avoir porté des coups - n'a pu être identifié. Un troisième homme, placé en garde à vue en début de semaine, a été remis en liberté faute de preuves. 

Vous vouliez le tuer ?

A la barre sous la procédure d'une comparution immédiate, ce mercredi après-midi, les débats ont viré entre la vive émotion ressentie et les blessures sérieuses des victimes d'un côté ; et l'impérieuse nécessité pour les avocats de la défense de s'attacher à la matérialité des faits, de savoir qui a fait quoi, de l'autre. Il y a l'émotion et les larmes d'un homme de 78 ans impuissant de voir son fils subir une "pluie de coups de savates dans la tête, dans le corps. Il était en position foetale et le déchaînement ne s'arrêtait pas". En regardant les prévenus, l'homme aux cheveux blancs et lunettes noires demande : "vous vouliez le tuer pour un fumigène déplacé dans un caniveau ?

Son fils, qui souffre de quatre côtes cassées et qui porte toujours des pansements aux coudes dix jours après les faits, raconte. "Je venais faire mon travail, comme depuis plus de 20 ans. J’ai commencé avec rien. J’ai mon stand, ma marchandise et mes clients au bout d’un travail de fourmi". Longiligne, cheveux attachés et petit bouc, il s'exprime difficilement à cause de côtes douloureuses. "Ma préoccupation était de protéger mon étalage car je viens d’investir. La fumée était acre, rose et pas anodine car potentiellement dangereuse. Je voulais protéger le peu que je possède et que j’ai mis du temps à acquérir." Il se voit prescrire 14 jours d'ITT après les faits.

Sentiment d'impunité

Une émotion sur laquelle insiste le ministère public. "L'essentiel a été dit par un homme de 78 ans qui ne comprend pas. C'est le seul moment de l'audience où les deux prévenus ont baissé les yeux" appuie le procureur, qui justifie sa décision de comparution immédiate. "Car il y a eu trouble à l'ordre public. Des gens m'ont interpellé en ville, le jour même, pour me dire à quel point ils étaient choqués" continue Yann Le Bris, qui raconte ce qu'il a lui-même vu. "J’étais de permanence. Depuis mon bureau, j’ai vu comment l’espace public a été monopolisé par ce mariage : pétards, tours de villes en voiture, voitures qui doublent par la droite, participants assis sur les portières, véhicules qui empêchent les autres voitures de s’insérer. _Je me suis dit qu'il allait forcément se passer quelque chose_. Monopolisation de l’espace public, c’est un euphémisme."

Il sermonne alors les deux jeunes prévenus. "Il y avait chez vous un tel sentiment d’impunité, où tout vous semble permis, que vous sortez de la voiture à plusieurs pour frapper l’un et projeter l’autre au sol. Le reste de la population est sidérée." Les estimant co-auteurs des faits, il requiert huit mois de prison dont cinq avec sursis, et deux obligations : l'interdiction d'entrer en contact avec victimes, et l'indemnisation. Des réquisitions délicates, "une peine mixte", car le profil des deux prévenus n'est pas celui des abonnés au tribunal. " Leur parcours dénote " relève le procureur. "Aucun casier judiciaire, aucun antécédent. Ils ont une intégration professionnelle et une intégration familiale évidente."

Qui a fait quoi ?

Autant d'éléments sur lesquels les avocats de la défense s'appuient, car les deux jeunes hommes sont diplômés et travaillent. L'un comme agent de signalisation électrique dans le ferroviaire, l'autre à la chaîne dans une entreprise sous-traitante de l'industrie automobile. Me Malauzat et Blanchard insistent surtout sur la responsabilité précise de chacun, sur l'implication individuelle qui est la leur, pour éviter qu'ils payent pour toute la bande des auteurs dont certains n'ont pas pu être identifiés. 

"Dans ce palais de justice, il y a un juge d'instruction" glisse Me Malauzat pour dire qu'une autre procédure que la comparution immédiate aurait pu être envisagée. "La seule chose établie et reconnue par mon client, c’est qu’il est intervenu pour projeter le commerçant au sol. Après, on ne sait pas. Vous avez rappelé qu'il est inconnu de la justice, on peut donc porter crédit à ses déclarations". "Je ne nie pas que la victime a pris des coups de pied " lance pour sa part Me Blanchard, " mon client reconnaît lui avoir mis la première gifle et être tombé au sol avec la victime ensuite. Aujourd'hui quatre autres individus sont dans la nature. Mon client a été convoqué au commissariat cette semaine et s'y est présenté, il n'a jamais voulu échapper à la justice". 

Les deux prévenus, eux, se sont fréquemment confondus en excuses. Parfois maladroitement, ils ont évoqué "un mauvais réflexe", "ne pas avoir pensé que ça prendrait ces proportions",  "c'était le mariage de ma sœur, j'étais stressé" , "avoir paniqué en quittant rapidement les lieux sans s'inquiéter du sort des victimes". Ils écopent finalement de huit mois de prison avec sursis, interdiction d'entrer en contact avec victime et obligation de les indemniser.

Vingt-six contraventions

En marge de cette procédure judiciaire, la police de Brive rappelle que "les célébrations de mariage ne donnent pas droit à causer des troubles à la circulation ou à l'ordre public". Elle précise que 26 contraventions ont dressées "à l'encontre des participants au cortège automobile qui avait "privatisé" l'usage de la voie publique en s'affranchissant des règles fixées par le code de la route".

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