Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers - Justice
Dossier : L'affaire Barbarin - Preynat

Condamnation et démission du cardinal Barbarin, l'Église catholique ébranlée

Après sa condamnation pour ne pas avoir dénoncé des crimes pédophiles dans son diocèse de Lyon, le cardinal Barbarin a annoncé sa démission ce jeudi. Deux nouvelles qui font l'effet d'un coup de tonnerre chez les catholiques lyonnais, mais aussi dans l'Église catholique toute entière.

Condamné pour son silence, le cardinal Barbarin va remettre sa démission au pape dans quelques jours, un coup de tonnerre dans l'Église catholique.
Condamné pour son silence, le cardinal Barbarin va remettre sa démission au pape dans quelques jours, un coup de tonnerre dans l'Église catholique. © Maxppp -

Lyon, France

C'est une onde de choc pour la communauté catholique, mais aussi un signe fort pour toutes les victimes de prêtres pédophiles. Ce jeudi, le cardinal Barbarin, le plus haut dignitaire catholique français, a été condamné à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Lyon. Le cardinal et archevêque du diocèse de Lyon a été déclaré coupable de ne pas avoir dénoncé les abus sexuels perpétrés par un prêtre, Bernard Preynat, sur de jeunes scouts dont il avait la charge. Sitôt après l'annonce de sa condamnation, le cardinal Barbarin a annoncé sa prochaine démission lors d'une brève conférence de presse où il est apparu, fermé, presque imperturbable.

Jugement très sévère

Le jugement, très sévère, reproche au religieux - qui avait martelé durant le procès, début janvier, n'avoir "jamais cherché à cacher, encore moins à couvrir ces faits horribles" - d'avoir "fait le choix en conscience" de ne rien dire aux autorités judiciaires "pour préserver l'institution à laquelle il appartient" (...) "alors même que ses fonctions lui donnaient accès à toutes les informations et qu'il avait la capacité de les analyser et les communiquer utilement". "En voulant éviter le scandale (...) Philippe Barbarin a préféré prendre le risque d'empêcher la découverte de très nombreuses victimes d'abus sexuels par la justice, et d'interdire l'expression de leur douleur", ajoute encore le tribunal.

Symbole de la crise de l'Église face à la pédophilie

Si ce type de condamnation d'un évêque pour son silence est rarissime, ce n'est pas une première : avant lui, deux évêques ont déjà été condamnés pour des faits similaires : l'évêque de Bayeux-Lisieux, Pierre Pican, en 2001 et l'ancien évêque d'Orléans, André Fort, en 2018. Mais depuis trois ans, le scandale lyonnais incarne la crise de l'Église face à la pédophilie. Une crise intérieure et extérieure : depuis la révélation du scandale par les victimes du père Bernard Preynat, les appels à la démission du cardinal Barbarin s'étaient multipliés jusque dans les propres rangs de l'Église. Mise en ligne en août 2018 par un prêtre de Valence (dans la Drôme), une pétition appelant le cardinal Barbarin à démissionner avait récolté plus de 100.000 signatures en moins d'une semaine. Un vent de révolte tel, que le pape avait dû, à plusieurs reprises, afficher son soutien au prélat des Gaulles.

“Grâce à Dieu, les faits sont prescrits”

L'affaire lyonnaise a eu un écho encore plus retentissant depuis le film de François Ozon "Grâce à Dieu" (en référence à une expression maladroite du cardinal Barbarin), sorti en février dernier. L'Église, à travers les avocats de Bernard Preynat, avait tenté, en vain, de repousser sa sortie en salle. 

Justice des hommes et justice divine

Après la condamnation du cardinal Barbarin, les réactions se sont multipliées. Parmi elles, celle de François Devaux l'une des victimes du père Bernard Preynat, résume le bouleversement à venir au sein de l'Église catholique. Pour le président de La Parole libérée, l'association de victime qui a réussi, à force de pugnacité, à forcer l'Église catholique à agir, "c'est la justice des hommes qui prime sur la justice divine et ça remet en question beaucoup de fondements de l'institution catholique" a déclaré François Devaux.

L'Église catholique est minée par une vague de scandales de pédophilie partout dans le monde, et pas seulement en France. Au point que le Vatican vient d'organiser, fin février, un sommet historique sur la lutte contre la pédophilie, au terme duquel le pape François a promis dimanche "une lutte à tous les niveaux". Mais il peine encore à convaincre les victimes du sérieux de sa réponse face à la gravité et l'ampleur des crimes pédophiles dans ses rangs. Le procès de Bernard Preynat est, lui, attendu en fin d'année.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu