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Faits divers – Justice

18 mois de prison avec sursis pour avoir tué un chasseur

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Par , France Bleu Hérault, France Bleu

Une battue aux sangliers a tourné au drame à l'automne 2015 près de Saint-Chinian (Hérault) : un viticulteur a été tué par un chasseur. La victime a été confondue avec un sanglier. Le prévenu a ouvert le feu en ne respectant aucune règle de sécurité alors que la battue était terminée.

Palais de justice de Béziers
Palais de justice de Béziers © Radio France - Stéfane Pocher

Saint-Chinian, France

Un homme de 45 ans était poursuivi ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Béziers pour homicide involontaire. Ce Tarnais participait en octobre 2015 à une battue aux sangliers à Pierrerue, pas bien loin de Saint-Chinian. Alors que la chasse était terminée, ce dernier a ouvert le feu en direction d’un bosquet, blessant mortellement un autre chasseur de 62 ans.

Le prévenu, sans casier judiciaire et chasseur depuis l'âge de 17 ans, pensait qu’un sanglier allait le charger. Il a ouvert le feu sans identifier la masse sombre qui s’approchait de lui. 

Le test d’alcoolémie négatif

Le drame s’est déroulé alors que la battue était terminée depuis peu. Les 17 chasseurs qui y participaient avaient rangé leurs armes dans les étuis. Mais cinq d'entre eux ont ressorti et chargé leur fusil après des aboiements répétés des chiens.

La victime, blessée au ventre, n'a pas survécu 

L'enquête a démontré qu'aucune règle de sécurité n’avait manifestement été respectée. L'avocat des parties civiles, maître Emmanuel Le Coz, et le Ministère public ont considéré l’un comme l’autre, qu’il était impossible de considérer ce drame comme accident de chasse. Le faire serait impropre.

"Pourquoi avoir sorti votre arme, demande la présidente Claire Ougier. La tentation était trop forte ? Vous étiez bredouille et vous vouliez absolument ramener du gibier ?"

Le chasseur apprécié du groupe, est considéré comme sérieux

Le tireur n'a pas cessé d'exprimer des regrets à l'audience en présentant ses excuses à la famille présente dans la salle : "J’ai entendu du bruit. Je pensais sincèrement que nous allions être chargés. Nous étions dans l’action. Les aboiements étaient insistants. J’étais persuadé de la présence très proche d’un sanglier. C'était animé et puis la victime n'avait pas son gilet fluorescent. Si elle l'avait eu,  je l'aurais vue et je n'aurais pas tiré. Mais cela n'excuse en rien ce que j'ai fait."

_"Peut-on s'autoriser à tirer sur tout ce qui bouge quand on voit une forme sombre ?",  s’interroge Emmanuel Le Coz. "Le chasseur était en surplomb. La victime, 10 mètres en dessous"._

L'avocat des parties civiles met en avant la difficulté pour la famille de se reconstruire après ces quatre longues années d’instruction. L’épouse de la victime, a été contrainte de vendre il y a deux ans, les neuf hectares de vigne, étant dans l'impossibilité de les entretenir. "Au-delà du drame, il y a un préjudice moral et financier immense qui ne seront jamais réparés", ajoute Emmanuel Le Coz. 

Le procureur de la République considère cette imprudence d’inexcusable. "Il y a trop blessés et de morts dans ce département à cause de comportements insensés les jours de chasse." Clément Jacquet réclame 18 mois de prison avec sursis.

La défense rappelle que la victime n'avait pas son gilet fluorescent permettant de la localiser à cet endroit. "Mon client n’est pas le seul à s’être inquiété des aboiements étranges, explique Jean-Antoine Escande, l'avocat du prévenu. Quatre autres chasseurs ont ressorti les armes et se sont massés à proximité de cette végétation pensant qu’ils allaient être attaqués. Un sanglier tue. Ce n'est pas un lapin. À tout moment un chasseur peut se faire attaquer".

Le tribunal de grande instance de Béziers reconnait la culpabilité du prévenu, le condamne à 18 mois de prison avec sursis en raison de l'extrême gravité des faits, et lui interdit de porter une arme pendant cinq ans. Son permis de chasser est par ailleurs supprimé.

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