Faits divers – Justice

Condamnés pour la mort d'un nouveau-né il y a trois ans à la maternité de Blaye

France Bleu Gironde mardi 1 juillet 2014 à 15:55

Le tribunal de grande instance de Libourne.
Le tribunal de grande instance de Libourne. © Radio France

Un obstétricien et une sage-femme, en poste en août 2011 à la maternité de l'hôpital de Blaye, ont écopé ce mardi de deux ans de sursis devant le tribunal correctionnel de Libourne. Ils ont été reconnus coupable d'homicides involontaires, pour la mort du petit Nolan.

Le jugement est tombé mardi en début au tribunal correctionnel de Blaye : le médecin et la sage-femme  poursuivis pour la mort d'un nouveau-né le 15 aôut 2011 à la maternité de Blaye, ont été condamnés à deux ans ans de prison avec sursis et mise à l'épreuve . Les juges les a reconnus coupables d'homicides involontaires , estilmant  que toute une série de fautes et de négligences avait été commises , et avaient conduit ce jour-là à la mort du petit Nolan.

"La mort d'un enfant, on ne s'en remet pas, mais ce qui était important pour mes clients, c'était que les auteurs de cet homicide involontaire soient punis et surtout reconnus coupables". — Maître Philippe Boireau, l'avocat des parents

Lors de l'audience le 12 juin dernier, le représentant du Parquet avait requis trois ans de prison avec sursis à l'encontre des deux prévenus, qui s'étaient  rejetés la faute. Ce jour-là, la sage-femme, considérée comme une excellente professionnelle par ses collègues et ses supérieurs, était seule en poste dans le service, et devait suivre un autre accouchement. Elle a expliqué à la barre avoir alerté le médecin sur l'état de santé du bébé et de sa maman, mais celui-ci ne s'est pas déplacé et lui a répondu qu'il n'y avait rien d'anormal. De son côte,  l'obstétricien de 57 ans, qui effectuait pour la première fois un remplacement de trois jours à la maternité de Blaye, s'était défendu en déclarant que la sage-femme ne lui avait pas tout dit sur les anomalies qu'elle avait constatées.

"Absence de prise de décisions"

L'enquête diligentée à l'époque par l'ARS  (l'Agence Régionale de Santé) avait conclu que l'absence de prise de décisions avait directement conduit au drame. La maman était rentrée à 2h du matin à la maternité, l'accouchement avait eu lieu à 21h. Entretemps, le rythme cardiaque du bébé s'était  anormalement accéléré. Lorsqu'il est né, il ne respirait pas. Il avait du être intubé, ranimé, son coeur était reparti au bout de 13 minutes.. Evacué dans le coma vers le CHU Pellegrin, à Bordeaux, le petit Nolan était décéde le lendemain. Les expertises médicales ont conclu que le petit Nolan aurait pu être sauvé si simplement  une césarienne avait été pratiquée. 

"Si le médecin et la sage-femme y avaient prêté attention, il leur aurait été facile de déclencher une césarienne, ce qui aurait permis à l'enfant de naître parfaitement viable". — Maître Philippe Boireau

Pour les dédommagements au civil, le tribunal de Libourne s'est déclaré incompétent, et a renvoyé les parties civiles vers le tribunal administratif, pour mettre en cause directement l'hôpital de Blaye.

"Si une césarienne avait été pratiquée, l'enfant serait toujours en vie"