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Confinement : dix gardes à vue par semaine pour des violences conjugales en Sarthe

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Par , France Bleu Maine

Les signalements de violences conjugales sont en hausse en Sarthe, comme partout en France, pendant le confinement. Dans le département, un tiers des gardes à vue concernent des suspects de violences intrafamiliales. Le contexte d'isolement sanitaire accentue les tensions.

Alexandra Verron, procureure de la République adjointe au Mans, en charge des violences intrafamiliales.
Alexandra Verron, procureure de la République adjointe au Mans, en charge des violences intrafamiliales. © Radio France - Clémentine Sabrié

Les signalements en hausse de 15% sur la plateforme du gouvernement, depuis le 30 octobre 2020, début du deuxième confinement. Une augmentation avait déjà été observée pendant le premier confinement en Sarthe. Elle se confirme ces dernières semaines.

"Le premier confinement nous a montré que le nombre d'interventions de la police et de la gendarmerie avait nettement augmenté", explique Alexandra Verron, procureure de la République adjointe en charge de ces dossiers.  La magistrate était l'invitée de France Bleu Maine, ce vendredi 20 novembre 2020. En zone gendarmerie, les interventions ont même doublé par rapport à l'année précédente sur la même période.

Un tiers des gardes à vue, entre le 16 mars et le 1er juin, concerne des violences conjugales. Cela représente dix gardes à vue par semaine sur toute la Sarthe.

Le confinement exacerbe les tensions

"Le fait de devoir rester confinés, de ne pas pouvoir sortir, induit une cohabitation forcée, parfois une hausse de la consommation d'alcool, donc une montée de l'agressivité et parfois des passages à l'acte violents sur l'homme ou la femme du couple en question", souligne Alexandra Verron. 

La consommation d'alcool ou la prise de stupéfiants joue très souvent un rôle dans les violences faites aux femmes. En 2018, sur les 121 féminicides recensés en France, plus de la moitié des auteurs étaient sous l'emprise d'une substance. Ces violences "peuvent toucher tous les milieux", d'après la magistrate.

Difficile de signaler pendant le confinement

Enfermées sept jours sur sept, 24 heures sur 24, avec leur agresseur, les femmes victimes ont peu d'échappatoire pendant le confinement. "La première chose que les hommes font c'est de leur supprimer le téléphone, donc c'est très difficile de passer des appels", précise Michelle Royer qui tient la permanence téléphonique de l'association Femmes Solidaires en Sarthe. La bénévole cite l'exemple d'une femme qui l'a contactée récemment : "Elle a attendu que lui soit sorti pour pouvoir appeler."

Vous n'êtes pas tombée chez vous pour avoir ces marques-là ?

"On essaye d'apporter des réponses de plus en plus rapides", explique Alexandra Verron. "Chaque situation donne lieu à une réponse immédiate et rapide." Une version contestée par Michelle Royer de Femmes Solidaires. Elle rapporte les propos d'une gendarme du Sud Sarthe, l'un des derniers jours du premier confinement, lors d'un dépôt de plainte : "Mais attendez, vous êtes sûre que vous n'êtes pas tombée chez vous pour avoir ces marques-là ?" 

Dix bracelets anti-rapprochement en janvier

Pour éviter la récidive des auteurs de violences conjugales, la Sarthe dispose de huit téléphones grave danger. Leur nombre a doublé en un an. Six d'entre eux sont attribués et les deux autres en cours d'attribution. La sélection est effectuée par le parquet du Mans en lien avec l'association SOS Femmes Accueil 72. "Ce téléphone les rassurent parce qu'elles savent qu'elles peuvent appeler à tout moment un téléopérateur qui va déclencher une intervention de police ou de gendarmerie", détaille Alexandra Verron.

Le tribunal du Mans doit recevoir des bracelets anti-rapprochement en janvier. La procureure adjointe en charge des violences intrafamiliales en espère une dizaine, mais ce n'est pas encore sûr. Un millier doit être déployé partout en France avant la fin de l'année. 

"La juridiction décide de fixer une distance d'alerte qui va séparer la personne protégée et l'auteur des violences", précise Alexandra Verron. Une première zone anti-rapprochement entre un et dix kilomètres. Une seconde zone de pré-alerte qui sera le double de la première. Une fois cette limite franchie, l'agresseur recevra un appel pour le prévenir et lui demander de faire demi-tour.

Les numéros d'urgence

  • 3919 - Violences femmes info : accessible 7 jours sur 7 (de 9h à 22h du lundi au vendredi et de 9h à 18h les samedis, dimanches et jours fériés)
  • SOS Femmes Accueil 72 : 02 43 78 12 75
  • Femmes solidaires en Sarthe : 07 83 18 87 99 (24h/24, 7j/7)
  • CIDFF (Centre d'information sur les droits des femmes et des familles) en Sarthe : permanences téléphoniques le mercredi de 14h à 17h et le jeudi de 9h à 12h au 02 43 54 10 37
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