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Dossier : Confinement - Coronavirus : 100% solidaire

Confinement : "Mettre en sécurité les femmes victimes est plus compliqué", témoigne une avocate nantaise

Depuis le début du confinement, les signalements pour des faits de violences conjugales ont explosé. "Je fais face à des situations de violences qui ne se seraient pas produites auparavant", témoigne ce mardi Anne Bouillon, avocate nantaise spécialisée dans le traitement de ces dossiers. Interview.

Anne Bouillon, avocate au barreau de Nantes et spécialiste des dossiers de violences faites aux femmes, était l'invitée de France Bleu ce mardi matin.
Anne Bouillon, avocate au barreau de Nantes et spécialiste des dossiers de violences faites aux femmes, était l'invitée de France Bleu ce mardi matin. © Maxppp - Marc Roger

Les chiffres font froid dans le dos. Depuis un mois et la mise sous cloche de la France, les signalements auprès des forces de police et de gendarmerie ont augmenté de plus de 30%, le nombre de messages d'alerte sur la plateforme "Arrêtons les violences" a été multiplié par cinq, d'après Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations. "On ressent vraiment cette hausse des violences faites aux femmes, témoigne ce mardi matin sur France Bleu, Anne Bouillon, avocate spécialisée au barreau de Nantes. Tous les acteurs et les actrices qui interviennent sur le terrain aux côtés des femmes le ressentent. Le 3919, numéro d'appel national, est submergé d'appels."

"Des situations de violences qui ne se seraient pas produites sans le confinement"

La mise à l'isolement des Français, décrétée il y a plus d'un mois par le gouvernement pour limiter autant que possible la propagation du Covid-19, a des conséquences directes sur les femmes enfermées avec un conjoint violent. "Je fais face à des situations de violence qui ne se seraient pas produites s'il n'y avait pas eu de confinement, confie Anne Bouillon. [Ce mardi après-midi,] je vais au tribunal plaider une situation et demander la protection d'une femme dont l'ex-conjoint violent a été confiné avec elle au prétexte de voir les enfants. Ma cliente n'a pas eu le choix que d'accepter ce confinement avec ce conjoint violent et évidemment de nouvelles violences se sont produites." 

Aujourd'hui, il est plus compliqué de mettre en sécurité mes clientes. Mais on y arrive, et on observe paradoxalement une mobilisation citoyenne importante depuis l'annonce du confinement. Anne Bouillon, avocate. 

Autre conséquence de ce confinement, l'emprise des conjoints violents qui s'amplifie. "L'occasion est parfaite pour eux de développer une surveillance constante, de surveiller toutes les communications et les allées et venues de leur conjointe, analyse Anne Bouillon. Aujourd'hui, il est plus compliqué de mettre en sécurité mes clientes." Tout est plus compliqué depuis le début de la crise sanitaire : fuir de son domicile, constituer un dossier, etc. "Mais on y arrive, rétorque cette avocate au barreau de Nantes. Paradoxalement, on sent une mobilisation citoyenne importante depuis l'annonce du confinement". 

Si Anne Bouillon salue les initiatives mises en place par l'ordre des pharmaciens ou encore via les réseaux sociaux et une médiatisation du sujet depuis plus d'un mois, cette spécialiste des dossiers de femmes victimes de violences sait que le combat est encore loin d'être gagné. "Il faut en parler, il faut briser le silence, lâche-t-elle. On appelle le 17 ou le 39 19 [numéro gratuit et qui n’apparaît pas sur les factures téléphoniques] et si ce n'est pas possible, on envoie un sms au 114. Et si on entend des cris chez un voisin ou une voisine, on n'augmente pas le son de la radio !"

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