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Faits divers – Justice

Conseiller municipal blessé par balles à Noisy-le-Sec : huit et neuf ans requis

mardi 2 octobre 2018 à 10:50 Par Rémi Brancato, France Bleu Paris

Huit et neuf ans de prison ont été requis lundi par la procureur au procès de deux frères jugés pour avoir tiré sur un conseiller municipal de Noisy-le-Sec à l'été 2016. A l'époque, l'élu avait évoqué des motifs politiques. L'audience n'aura pas permis d'éclairer cette hypothèse.

L'élu marche toujours avec des béquilles, deux ans après les faits
L'élu marche toujours avec des béquilles, deux ans après les faits © Radio France - Rémi Brancato

Noisy-le-Sec, France

A la sortie des onze heures d'audience, peu après 22 heures lundi soir, l'impression partagée est de ne pas avoir éclairci toutes les zones d'ombre de cette affaire qui a secoué la cité du Londeau, à Noisy-le-Sec, en Seine-Saint-Denis. Le 19 juillet 2016, Miloud Gherras, conseiller municipal sans étiquette, ancien membre de la majorité UDI, est visé par des tirs, blessé de cinq balles dans les jambes, peu avant 21h. Deux ans après, deux frères, habitants de sa cité, sont jugés ce lundi par le tribunal correctionnel de Bobigny. Huit et neuf ans de prison  ont été requis à leur encontre pour "violences volontaires avec arme en réunion et avec préméditation". 

La "calomnie" contre le "harcèlement"

Dès le début de l'audience, un différent entre les deux frères et l'élu est évoqué. "Un des frères calomniait en disant que je menaçais des gens pour qu'ils aillent voter pour moi" explique l'élu, qui s'est présenté en dissident de la majorité municipale aux départementales en 2015.  Le prévenu se défend en dénonçant un "harcèlement qui a duré deux ans". D'un côté comme de l'autre pas plus de précisions, ni de plaintes pour ces faits.

Autre hypothèse, un conflit lié à des marchés publics. En 2014, le contrat de nettoyage conclu avec l'office HLM de la ville par la société de Miloud Gherras, transmise à sa compagne, n'a pas été renouvelé. "On s'est mis à travailler pour le bailleur social avec un marché de BTP et ça a été le début de l'histoire avec lui" lâche le plus jeune. "On peut être jaloux de marchés publics, de beaucoup de choses, mais ce n’est pas une raison pour se prendre des balles dans les jambes" plaide l'avocat de l'élu, Martin Reynaud.

ECOUTER - La longue audience n'a pas permis d'éclaircir toutes les zones d'ombres

Deux armes pour "avoir un dialogue"

Le plus jeune frère dénonce un homme à "deux facettes : l'élu municipal, et l'autre, le boxeur, un type criant dans le quartier". C'est d'ailleurs en retrouvant son grand frère, qui vient de croiser l'élu dans le quartier, ce 19 juillet qu'il décide de retourner à sa rencontre pour "avoir un dialogue". "Cela a été l'effet d'une cocotte minute qui a été éclaté, il n'a plus maîtrisé rien du tout et cela a été terrible" relate son avocat Joseph Cohen Sabban.

Le jeune homme monte alors récupérer une sacoche qui contient deux pistolets, dans l'appartement familial. C'était "au cas où, pour avoir un peu d'assurance, parce que je sais que cette personne est dure" explique-t-il : "sans cette arme le rapport de force est en sa faveur". Il reconnaît les tirs mais son grand frère nie. Clarisse Serre, l'avocate du plus jeune plaide la relaxe en sa faveur

Une plainte en diffamation

Sur son lit d'hôpital, grièvement blessé, l'élu qui marche encore avec des béquilles aujourd'hui, avait accusé le maire d'être le commanditaire de ces violences. L'édile a porté plainte en diffamation. "Je gênais politiquement, il fallait me stopper" assurait Miloud Gherras lors de l'instruction. "Il met en cause un maire, un commanditaire : cela veut dire quoi, qu'on est des assassins?" s'emporte un des frères à l'audience : "c'est incroyable : on est en France, on n 'est pas au Zimbabwe".

"On a le sentiment qu'il y a beaucoup de non-dits" commente d'ailleurs la présidente en cours d'audience. Le délibéré est attendu vendredi 5 octobre.