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Dossier : Coronavirus

Coronavirus : dans une lettre à la ministre, un détenu s'alarme du manque de mesures sanitaires en prison

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Par , France Bleu Hérault, France Bleu

Alors que la suspension des parloirs agite les prisons françaises, certains détenus s'alarment au contraire du manque de mesures sanitaires pour contenir le coronavirus. Un prisonnier de Villeneuve-lès-Magelone (Hérault) écrit à la Garde des Sceaux.

Un prisonnier de Villeneuve-les-Maguelone écrit à la Garde des Sceaux pour dénoncer le manque de mesures sanitaires en détention
Un prisonnier de Villeneuve-les-Maguelone écrit à la Garde des Sceaux pour dénoncer le manque de mesures sanitaires en détention © Maxppp - Pierrick Delobelle

Depuis la semaine dernière et l’annonce de la suspension des parloirs pour cause de pandémie, les prisons françaises doivent faire face à l'agitation des détenus. Trente établissements dont celui de Béziers ont connu des incidents ce dimanche 22 mars : dégradations, refus de réintégrer les cellules... Mouvement de colère pour contester les récentes restrictions. À l'inverse, d'autres détenus s'inquiètent de mesures qu'ils jugent insuffisantes pour les protéger du virus. L'un d'eux, incarcéré à Villeneuve-lès-Maguelone, témoigne. 

"Le virus est là, il circule".

Lors des repas, des promenades, les distances de sécurité ne sont pas appliquées explique Régis dont le témoignage a été recueilli par le journaliste de Radio France Stéphane Pair. "Moi je vois plus d'une centaine de personnes qui en ont rien à foutre. Parce qu'eux continuent à aller en promenade, et ça, c'est problématique.

Le virus est là, il circule. Parce qu'il n'y a aucune mesure qui est prise. Vous imaginez, c'est nous qui devons discuter avec l'administration, avec les surveillants, en leur disant de laisser ouvert pour qu'on nettoie par terre, les portes, les barreaux pour pas que le virus se transmette". 

Le témoignage de Régis, détenu, joint par le journaliste Stéphane Pair

Une lettre pour alerter la ministre

À Villeneuve, un cas de coronavirus a été détecté et une vingtaine de détenus possiblement contaminés seraient à l'isolement.  Situation alarmante aux yeux de ce détenu qui s'en émeut dans une lettre adressée à la ministre de la Justice et aux députés : 

"L'urgence actuelle en prison est de pouvoir stopper l'évolution du virus et sa propagation, car l'ennemi a déjà frappé... Les parloirs ont été arrêtés, c'est une bonne mesure de sécurité sanitaire et compréhensible (pas pour tous, mais compréhensible), seulement, alors que le virus est bien présent à la prison de Villeneuve-lès-Maguelone les promenades, où sont entassés des centaines de détenus, chaque heure, continuent comme si de rien n'était... Comment peut-on donc stopper le virus dans ses conditions ?! "  

"Aucune mesure sérieuse et sanitaire n'a réellement été mise en place afin que les surveillants, les intervenants Sodexo, et toute l'administration pénitentiaire n'exposent pas plus la population carcérale à la propagation du virus, ainsi qu'eux mêmes... Le virus continue de s'étendre et de se propager de sortir et de rentrer(...). Du coup, nous sommes en danger permanent et notre sécurité est compromise..."

"Nous devons même voler discrètement des gants pour travailler".

Ici, nous sommes en contact tous les jours avec la centaine de détenus de nos étages. Actuellement, il ne nous est donné aucune mesure exceptionnelle logistique et matérielle pour nous permettre de bien nettoyer : les couloirs, les portes, les poignées, les grilles, et toutes les surfaces que le personnels, les surveillants et les détenus touchent tous les jours et toute la journée... Aussi il me semble que le principal problème est que détenus et surveillants prennent vraiment trop à la légère la crise sanitaire du covid-19, se croyant plus forts que la maladie et ce virus dévastateur(...)"

"Prendre urgemment des mesures exceptionnelles".

"Combien de temps pensez-vous qu'il va falloir avec zéro moyen mis en place pour les surveillants et le personnel pénitentiaire, comme pour les détenus, pour que nous commencions à compter par dizaines, centaines et milliers, le nombre d'infectés et le nombre de morts s'accumuler les uns après les autres ?! (...)"

"Oui, Mr Macron a raison, c'est la guerre ; et il faut prendre urgemment des mesures exceptionnelles en respectant la dignité humaine, et tous les droits humains de tous dans des moments si graves(...). Allez-vous prendre le risque de laisser mourir des milliers de personnes en détention provisoire, ces prévenus de France en mandat de dépôt ou en attente de jugement, toutes ces fins de peine, ou encore tous ces aménagements possibles, sous prétexte que la situation est soi-disant gérée et bientôt finie, alors que ce n'est que le début..."

"Pourquoi ne pas désengorger les prisons ?".

"Aussi, puisque aujourd'hui cette crise sanitaire oblige le confinement total pour tous, et vous savez très bien que cela va se prolonger très longtemps, pourquoi ne pas désengorger les prisons en commençant par libérer toutes ses personnes qui ont le droit en cette période dramatique d'être près de leur famille ?!"

"Aussi, pour finir ce témoignage de l'intérieur de la prison de Villeneuve-les-Maguelone , je voudrais dire que, si la détention provisoire doit comme le dit la loi, être le dernier recours, madame la ministre de la Justice, veuillez prendre en considération cet appel à la bienveillance et à la dignité humaine, en ne laissant pas les prisons devenir des camps de concentration et des mouroirs en cette période de crise sanitaire horrible indépendante de notre volonté... S'il vous plaît, réagissez.."   

"Merci de votre attention et d'avoir lu ce message...  Un citoyen français et détenu à VLM..."

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