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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : la relaxe pour les propriétaires accusés d'avoir harcelé une infirmière du CHU de Montpellier

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Hérault, France Bleu

La relaxe pour les propriétaires accusés d'avoir harcelé une infirmière du CHU de Montpellier pour la forcer à quitter son logement. Le litige remonte au mois de mars, en plein confinement, à Montarnaud. Il a été jugé ce lundi par le tribunal correctionnel de Montpellier. Le parquet fait appel.

L'infirmière Mélina F. (à droite) avec ses proches et son avocat
L'infirmière Mélina F. (à droite) avec ses proches et son avocat © Radio France - Salah Hamdaoui

L'affaire a fait grand bruit. Et finalement, elle a "fait pschitt" selon l'avocat des deux propriétaires, jugés ce lundi par le tribunal correctionnel de Montpellier pour avoir harcelé une infirmière du CHU de Montpellier, dans le but de la forcer à quitter son logement. Selon Mélina F., ils avaient peur d'être contaminés par le Covid-19. Le 31 mars, elle s'est résignée à partir.

Ils savaient très bien qu'elle travaillait 70 heures par semaine et pourtant, ils ont tout fait pour qu'elle dégage." (un des avocats de la partie civile)

Cette histoire est l'histoire d'un emballement judiciaire et médiatique selon Me Jean-Christophe Legros qui se demande "comment deux petits vieux cardiaques ont pu passer pour des salauds ?..." Et qui répond dans la foulée "quand on a cru qu'un de nos héros était chassé, il a fallu abattre le méchant."

Malgré l’emballement, justice a été rendue selon l'avocat des propriétaires

Le "méchant", ce sont Evelyne V. et Jean D., les retraités qui vivaient au premier étage de leur maison, juste au dessus de l'infirmière et de son compagnon à qui ils louaient un logement de 90 m² depuis juillet 2019. Alors, quand à l'heure du confinement, en mars, ils ont vu arriver la mère de Mélina avec son chien, mais aussi la fille de leur locataire, son petit ami et leur enfant de 3 ans, les propriétaires ont dit niet.

Quand j'ai voulu discuter avec elle, elle m'a dit clairement : vous allez partir avec votre coronavirus, vous allez pas nous ramener ça chez nous (Mélina)

La soignante a eu beau leur expliquer qu'il s'agissait de mettre en sécurité ses proches, les retraités n'ont vu que des "étrangers", une "smala", des "squatteurs qui devaient dégager". 

Le harcèlement n'a pas été retenu par le tribunal

À partir de là, la situation a dégénéré. Véritable harcèlement, dénonce l'infirmière de 37 ans, soutenue par le parquet, pour l'obliger à déménager : coupure d'eau chaude et coupure de chauffage. Faux rétorquent les retraités de 76 et 80 ans. Le cumulus n'est pas dimensionné pour autant de monde donc forcément, il n'y avait pas assez d'eau chaude. Quant au chauffage, impossible : le thermostat se trouve chez la locataire.

L'infirmière persiste à dire que c'est son métier qui posait problème

Il a également été question des meubles volontairement déplacés tous les matins pour empêcher ceux du dessous de dormir. De la voiture, dont on fait ronfler le moteur pour enfumer les locataires avec les gaz d'échappement. Finalement, le seul tort que le tribunal reproche aux propriétaires, c'est d'avoir abîmé une enceinte connectée dans un moment d'énervement : 50 euros d'amende.

Le parquet fait appel

Le procureur de la République avait requis trois mois de prison avec sursis et 2.000 euros d'amende contre la femme et un mois de prison avec sursis contre son compagnon. Le parquet a décidé de faire appel.

Les deux retraités avec leur avocat
Les deux retraités avec leur avocat © Radio France - Salah Hamdaoui
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