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Coronavirus : le confinement renforce les tensions autour d'un centre d'hébergement d'urgence à Bourges

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A Bourges, les riverains d'un centre d'hébergement d'urgence n'en peuvent plus. Une vingtaine de marginaux y vivent désormais à longueur de journée, rue Marx Dormoy, près de la gare, en raison du confinement. Les tensions sont parfois vives entre eux sans parler des troubles que subit le voisinage.

Les résidents, faute de mieux, se retrouvent en petits groupes sur le trottoir. Les résidents, faute de mieux, se retrouvent en petits groupes sur le trottoir.
Les résidents, faute de mieux, se retrouvent en petits groupes sur le trottoir. © Radio France - Michel Benoit

La police intervient régulièrement, mais la situation persiste. Les riverains ont écrit à la préfecture. Le problème, c'est qu'il est impossible de laisser ces marginaux toute la journée à l'intérieur du bâtiment. Ils sont le plus souvent dehors sur le trottoir et les choses dégénèrent parfois entre eux.

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Certains voisins ne se sentent plus en sécurité : "Malheureusement, ces personnes ne sont pas confinées, explique Anne, une riveraine. On doit supporter les saletés dans les rues, les cris, les hurlements, l'alcool, les bagarres mais aussi la drogue, puisqu'on sait qu'il y a des trafics. Comme ils n'ont plus le droit de traîner en ville, ils restent là à longueur de journée, alors qu'auparavant, ils venaient simplement le soir pour dormir. On n'a rien contre eux, mais il faut trouver une solution pour qu'on puisse vivre en toute tranquillité et en toute sécurité." 

Selon le voisinage, des trafics se feraient dans les petites rues adjacentes © Radio France - Michel Benoit

Certains présentent des pathologies psychiques ou des dépendances - David Souchet, directeur de l'association le Relais

La moindre tension, parfois pour une simple cigarette, peut dégénérer entre ces résidents : " Certains présentent des troubles psychiatriques, détaille une autre riveraine, Marie-Hélène. En pleine nuit, certains viennent sonner chez moi pour que je retrouve leur mère !  Le problème, c'est qu'on mélange dans ce centre des populations très différentes et cela crée aussi des soucis."  

C'est compliqué reconnait David Souchet, directeur de l'association le Relais qui gère le samu social : "On avait songé à placer ces personnes dans un gymnase ouvert par la ville, mais on s'est dit que leurs conditions d'hébergement seraient encore pires. Ce sont des personnes qui, le plus souvent, sont habituées à vivre seules dans la journée. Certains présentent des pathologies psychiques ou des dépendances. On est en train d'installer des télévisions dans les chambres pour les occuper. La solution, ce serait de pouvoir travailler sur la durée avec ces populations et non plus en urgence. Je suis sûr que certains d'entre eux, avec un bon accompagnement individualisé pourraient retourner en logement individuel. Il faudrait prendre le mal à la racine." 

La bâtiment est vétuste. © Radio France - Michel Benoit

Refouler ces populations à la périphérie serait encore pire

Le confinement ne fait qu'exacerber une situation déjà délicate estime les riverains : "Cela fait deux ans que la capacité de centre d'hébergement a été triplée, explique Marie-Hélène. Quand il y avait moins de monde, cela ne posait aucun problème. Une structure de cette taille n'a pas sa place en centre ville, près des habitations. Nous avons des enfants et on a droit à la tranquillité." Refouler ces populations à la périphérie serait encore pire pour leur suivi estime l'association le Relais : " Ces personnes ont besoin d'aller en centre ville pour leur suivi ou tout simplement pour faire la manche. Vous imaginez si on les éloignait encore plus ?" argumente David Souchet.  D'ici le 11 mai et la fin du confinement, les tensions risquent d'être encore vives. Un projet de requalification du bâtiment existe : ces aménagements permettront peut-être d'apaiser le climat.  

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