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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : une infirmière délogée par ses propriétaires, le parquet de Montpellier ouvre une enquête

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Hérault, France Bleu

Une infirmière anesthésiste de l'hôpital Lapeyronie, au CHU de Montpellier, vient de quitter l'appartement qu'elle louait sous la pression de ses propriétaires à Montarnaud (Hérault). Ce couple de retraités ne voulait pas être infecté par le coronavirus. Le parquet ouvre une enquête.

Mélina, infimière anesthésiste chassée de chez elle par ses propriétaires
Mélina, infimière anesthésiste chassée de chez elle par ses propriétaires - Mélina Florès

Le procureur de la République de Montpellier ouvre une enquête préliminaire dans l'affaire de cette infirmière délogée de son domicile. Il s'agit "d'établir si les conditions dans lesquelles cette personne amenée à quitter son domicile étaient susceptibles de recevoir une ou plusieurs qualifications pénales".

Dans un communiqué de presse, le parquet explique que "le 31 mars, les gendarmes de la compagnie de Castelnau le Lez sont intervenus pour assister une personne, exerçant la profession d'infirmière au CHU de Montpellier, qui était contrainte, ainsi que sa famille, de quitter l'habitation qu'elle occupait". 

Une plainte de l'infirmière et une enquête préliminaire ouverte par le parquet

Mélina Florès a été entendu pendant près de cinq heures par les gendarmes.Elle a fait un dépôt de plainte.

L'issue de plusieurs jours de conflit décrit par Mélina Florès, infirmière anesthésiste qui travaille actuellement au service réanimation de l'hôpital La Peyronnie, au CHU de Montpellier. Elle vient de quitter le logement qu'elle occupait avec sa famille sous la pression des propriétaires. Un appartement au rez-de-chaussée qu'elle louait depuis juillet dernier avec son compagnon et sa fille de trois ans à Montarnaud, près de Montpellier. Les propriétaires, eux, se trouvent au premier étage. 

Au début du confinement, elle décide de faire venir dans cet appartement sa fille de 20 ans, sa petite fille de 3 ans et sa maman, qui vivait dans une résidence pour personnes âgées à Montpellier. Pour ne pas prendre le risque de contaminer sa famille et pouvoir dormir à côté du CHU, elle décide de vivre dans le petit studio de sa fille de 20 ans, à Montpellier.

Des propriétaires inquiets qui mettent la pression sur l'infirmière

Mais les propriétaires, un couple de 75 et 80 ans, malades, ne veulent pas de tous ces gens dans l'appartement du bas. Ils commencent donc à rendre la vie insupportable aux occupants : ils les insultent, coupent le chauffage, l'eau chaude, l'antenne de la télévision, et font le plus de bruit possible très tôt le matin en déplaçant les meubles.

"Ils nous ont dit qu'ils désinfecteraient après notre départ, mais on n'est pas des blattes", Mélina.

Mélina et son compagnon tentent de discuter, d'expliquer leur situation. Mais rien n'y fait. Épuisée par ce conflit et par ses longues nuits de travail au CHU de Montpellier, Mélina finit par céder : sa mère est rentrée dans sa résidence pour personnes âgées, dans laquelle elle ne peut pas sortir de sa chambre.

Son compagnon est retourné vivre chez ses parents à Gignac et sa fille et sa petite fille logent dans le studio à Montpellier. Mélina, elle, a pu bénéficier d'un logement gratuit Airbnb, via le dispositif Open Homes mis en place dans le cadre des mesures de solidarité auprès des soignants. 

"Je vis dans un Aribnb avec trois pulls et quelles sous-vêtements. Le reste, c'est dans le carton de déménagement dans un box", Mélina

"Je vais me poser quelques jours pour voir ce que je fais. A l'heure actuelle, j'ai trois pantalons, trois pulls, quelles sous-vêtements et mes affaires de toilettes. Le reste est dans des cartons faits par ma mère et ma fille."

Mélina Florès a dû quitter son logement sous la pression des prorpiétaires

Mélina, infirmière anesthésiste délogée de chez elle par ses propriétaires

Mélina raconte toute l'histoire

La mairie de Montarnaud a découvert cette histoire dans la presse : "Je suis catastrophé, consterné, dit Gérard Cabello le maire. Cette infirmière doit m'appeler, que nous organisions une réunion de conciliation. C'est d'autant plus terrible qu'il s'agit d'une infirmière qui se bat tous les jours auprès des malades du coronavirus, à qui nous devons tout notre soutien".

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