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Faits divers – Justice

Corrèze : prison ferme pour des centaines d'appels passés à police, gendarmerie, pompiers et samu

mercredi 25 juillet 2018 à 16:51 Par Nicolas Blanzat, France Bleu Limousin et France Bleu

Inonder d'appels les services de secours peut coûter cher. Un homme de 36 ans vient de le payer, ce mercredi, à Tulle où le tribunal vient de le condamner à de la prison ferme pour avoir passé des centaines d'appels aux différents services.

L'homme était jugé en comparution immédiate ce mercredi par le tribunal de Tulle
L'homme était jugé en comparution immédiate ce mercredi par le tribunal de Tulle © Radio France - Philippe Graziani

Tulle, France

Un homme de 36 ans, jugé en comparution immédiate par le tribunal de Tulle ce mercredi après-midi, vient d'être condamné à trois mois de prison ferme avec maintien en détention, et sept mois de prison avec sursis mise à l'épreuve pendant deux ans. L'homme, reconnu travailleur handicapé, paye les centaines d'appels qu'il a passé ces derniers temps aux divers services de secours. Il devra aussi payer 1€ de dommages et intérêts à la police et aux pompiers de la Corrèze qui se sont portés parties civiles. Le profil du prévenu, déjà passé par des services psychiatriques, a aussi été au coeur des débats pour déterminer la meilleure réponse à donner à ses actes.

Des centaines d'appels

Les faits retenus remontent, pour les premiers, à fin mai 2017 : 153 appels à la police et aux pompiers en deux jours. Puis, 16 juillet cette année : 69 appels à la police le soir du titre Mondial de l'équipe de France de foot. Et à nouveau plus de 150 appels à la police, à la gendarmerie, au samu et aux pompiers dans la nuit du 19 au 20 juillet. A chaque fois l'homme est alcoolisé. "Ce ne sont pas des appels d'urgence" tonne Chantal Chassang, président du tribunal, "vous paralysez les lignes alors que d'autres peuvent en avoir besoin."

Prise de conscience contre nécessité de suivi psychiatrique

Dans le box, le prévenu aux neuf condamnations, notamment pour des conduites sous l'emprise de l'alcool, ne se démonte pas. Il coupe la parole et questionne même le tribunal. "Ils auraient pu m'écouter, ils me doivent quelque chose" lâche l'homme au profil difficile : addict à l'alcool, provocateur, peu tolérant à la frustration mais conscient de ses actes. "Tout lui est dû" s'énerve le procureur, Agnès Aubouin. "Il bloque les systèmes d'urgence de quatre institutions pour raconter le match de foot ou demander la route d'Egletons." Son avocate, Me Sandy Lacroix, plaide au contraire la détresse personnelle d'un homme en rupture sociale et familiale. "Il a besoin d'un suivi psychiatrique mais tout le monde se renvoie la balle. Ces appels étaient sa façon de dire qu'il attend qu'on vienne à lui."

Téléphone portable confisqué

Quand le procureur réclame de la prison ferme pour que le prévenu saisisse bien les faits qui lui sont reprochés, son avocate demande si la juridiction où l'homme comparaît est la bonne. Elle interroge sur l'opportunité d'une protection civile et plaide la prise en charge médicale en milieu fermé mais n'est finalement pas entendue. L'homme est reparti en prison à l'issue de l'audience, il devra aussi suivre des soins et aura interdiction de fréquenter les débits de boisson à sa sortie de prison. Le téléphone portable, qui a servi à passer les appels incessants, a aussi été confisqué.