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Corrida : "On ne peut pas interdire la paire de gifles et autoriser l'assassinat" dit le président de la SPA

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Par , France Bleu Hérault

Pro et anti-corrida se sont retrouvés ce mercredi face à face au tribunal de Béziers, apportant leurs arguments pour tenter de convaincre la justice de l'intérêt de maintenir une tradition pour les uns, de l’interdire pour les autres en raison de la cruauté subie par les taureaux.

Une centaine d'aficionados devant le tribunal de Béziers pour soutenir Robert Margé et Robert Ménard
Une centaine d'aficionados devant le tribunal de Béziers pour soutenir Robert Margé et Robert Ménard © Radio France - Stéfane Pocher

"Il ne manquerait plus que le jugement biterrois fasse jurisprudence et donne raison aux anti-corridas". Voilà ce que l'on entendait devant le tribunal de Béziers ce mercredi après-midi. Une centaine d'aficionados est venue soutenir Robert Margé, Robert Ménard, et Sébastien Castella, tous trois poursuivis par la SPA en citation directe. La Société protectrice des animaux était soutenue par une dizaine de bénévoles du COLBAC (Comité de liaison biterrois pour l'abolition de la corrida) venus avec des banderoles, comme ils le font de manière régulière à Béziers pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme un "acte de cruauté".

Les taureaux de corrida subissent-ils des sévices dans les arènes et avant leur arrivée dans l'enceinte ? Les organisateurs de ces spectacles sont-ils coupables de cruauté au moyen d'une arme tranchante ? C'est à ces questions notamment que la justice doit répondre. Il faudra donc attendre le 5 mai prochain pour savoir si les arguments apportés par les opposants à la tauromachie ont été entendus. Le jugement a été mis en délibéré après cinq heures d'audience.

Le président national de la SPA Jacques-Charles Fombonne, général de gendarmerie à la retraite, est venu défendre en personne son dossier. "La tradition n'est plus celle qu'elle était. Il suffit de regarder la fréquentation des arènes en forte baisse depuis des années".

"On ne peut pas d'un côté interdire les animaux dans les cirques et autoriser, de l'autre, la mise à mort dans les arènes."

"Un texte de loi est en cours d'élaboration pour réprimer plus sévèrement la maltraitance animale. Ce n'est pas cohérent, ajoute le président national. Comment peut-on imaginer interdire les spectacles d'animaux et autoriser les mises à mort ? C'est ce point juridique que nous avons mis en avant avec mon avocat".

Le président national de la SPA Jacques -Charles Fombonne

"On ne peut pas interdire la paire de gifles et autoriser l'assassinat."

Le président national de la SPA Jacques -Charles Fombonne

Seul le matador biterrois Sébastien Castella était absent à la barre. Le maire de Béziers Robert Ménard et l'ancien directeur des arènes, Robert Margé, également éleveur de taureaux à la retraite, sont venus défendre cette tradition, chacun apportant ses arguments.

Une grande partie des débats a tourné autour de la tradition taurine. En perte de vitesse ou pas ? Certes la fréquentation dans les arènes est en berne depuis plusieurs années et les organisateurs ont bien du mal à sensibiliser un jeune public, mais pour Kathia Fisher, l'avocate de la défense "ce n'est pas le rôle de la justice de se prononcer sur l'éthique de la corrida. Elle est là pour appliquer la loi."

Kathia Fischer, l'avocate de la défese

La tauromachie, présente à Béziers depuis 1842

Robert Ménard a tenté d'expliquer à la cour que la corrida était une tradition à Béziers depuis plus d'un siècle et demi. "Je ne suis pas un fou de la corrida, je comprends ceux que ça révulse, mais ici, c'est une telle passion, une telle culture. C'est pour cette raison que j'y suis attaché."

''Bien sûr que c'est une tradition qui perd du terrain, c'est dans l'air du temps et la SPA s'est engouffrée'' dedans dixit Robert Ménard

"C'est mentir de dire que nos animaux sont maltraités."

Robert Margé, ancien directeur des arènes de Béziers et éleveur de taureaux depuis 42 ans, aujourd'hui à la retraite, est confiant, mais se dit très affecté par ces reproches, lui qui bichonne ses bêtes dès leur naissance.

"C'est mentir de dire que nos animaux sont maltraités" dixit Robert Margé

La SPA réclame 10.000 euros de préjudice moral à chacun des prévenus

Le parquet ne réclame aucune sanction, la loi ne lui permettant pas de se prononcer en ce sens. "Quand les textes de loi ne sont pas clairs, il arrive que vous fassiez jurisprudence, rappelle Raphaël Balland au président Luc Barbier. Et comme souvent dans la loi, il y a des exceptions. Il y en a une avec la corrida, mais vous n'êtes pas le législateur. C'est au législateur d'être plus précis. Je ne sais pas trancher." Pour la défense "c'est donc au Parlement de décider ce qu'est ou pas une tradition et pas au tribunal".

La défense réclame par ailleurs 20.000 euros de dommages et intérêt pour chacun de ses clients pour procédure abusive.

Cette plainte de la SPA est la deuxième examinée en France par la justice après celle de Bayonne l'automne dernier. Une relaxe avait été prononcée contre les prévenus. Le tribunal de Béziers ira-t-il dans le même sens ? Un autre recours pour les mêmes motifs doit être examiné prochainement à Carcassonne ou encore à Nîmes. Les opposants à la tauromachie devront patienter encore un peu. "Nous gardons espoir" confie Jacques-Charles Fombonne, le président de la SPA. 

Les bénévoles du COLBAC, le comité de liaison Biterrois pour l'abolition de la Corrida, devant le palais de justice de Béziers
Les bénévoles du COLBAC, le comité de liaison Biterrois pour l'abolition de la Corrida, devant le palais de justice de Béziers © Radio France - Stéfane Pocher
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