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Corse : le FLNC annonce l'abandon de la lutte armée

Par Marina Cabiten, France Bleu mercredi 25 juin 2014 à 18:04

Le FLNC, lors d'une conférence de presse
Le FLNC, lors d'une conférence de presse © MaxPPP

Le Front de libération nationale de la Corse (FLNC) a annoncé mercredi l'abandon sans préalable de la lutte armée, et l'enclenchement d'un processus de démilitarisation, ainsi qu'une sortie progressive de la clandestinité.

"Sans préalable et sans équivoque aucune, notre organisation a décidé unilatéralement d'enclencher un processus de démilitarisation et une sortie progressive de la clandestinité" affirme un texte authentifié mercredi par le mensuel Corsica.

"Conquête politique"

Selon ce document, le FLNC abandonne donc la lutte armée. Le groupe séparatiste clandestin lance un appel aux élus insulaires pour"l'instauration d'un nouveau statut négocié avec l'Etat français" , ainsi que le "règlement de la question des prisonniers et recherchés politiques" .

"Dès la parution de notre communiqué, nous récusons par avance toute paternité d'actions militaires sur le territoire corse et français" , ajoute le FLNC, précisant qu'il sera "vigilant" sur la "sécurité de ses militants" . Les rédacteurs anonymes citent les exemples basque, irlandais ou kanak qui ont "entrepris une phase de conquête politique" pour justifier leur décison.

Cette annonce intervient alors que cinq personnes sont en garde à vue depuis mercredi matin pour le mitraillage à Bastia d'une caserne de gendarmerie le 12 juin, au moment de la visite du ministre de l'Intérieur dans l'île.

10.500 attentats en moins de 40 ans

Le FLNC, parfois dénommé UC (Union des combattants), est la faction la plus active de la mouvance nationaliste clandestine. Il est notamment à l'origine de trois séries d'attentats à l'explosif visant essentiellement des résidences secondaires ou des bâtiments publics en 2012.   Depuis la création du FLNC, le 5 mai 1976, 10.500 attentats ont été commis sur l'île, dont 4.700 ont été revendiqués au fil d'une histoire tumultueuse. Plus d'une quarantaine d'homicides sont ainsi reliés de près ou de loin à l'organisation, en raison soit des guerres intestines entre nationalistes, soit des attentats ayant visé forces de l'ordre et représentants de l'Etat.

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