Faits divers – Justice

Côte-d'Or : le déni de grossesse en question devant la Cour d'assises à Dijon

Par Marion Bastit, France Bleu Bourgogne lundi 16 mars 2015 à 19:40

Justice (illustration)
Justice (illustration) © Ignatius Wooster - Fotolia.com

A partir de ce mardi à Dijon, une mère comparaît en appel pour le meurtre de son nouveau-né. En octobre 2006, en Saône-et-Loire, elle avait accouché en secret d'une petite fille qu'elle avait jetée dans une poubelle. Son avocat plaide l'acquittement. Il s'agirait d'un déni de grossesse.

A partir de ce mardi, une mère de Saône-et-Loire comparaît en appel pour le meurtre de son nouveau-né, devant la Cour d'assises de Côte-d'Or à Dijon. En octobre 2006, elle avait jeté son nouveau-né dans une poubelle. En septembre 2013, la Cour d'assises de Saône-et-Loire l'avait déclarée irresponsable, mais le parquet a fait appel. Son avocat invoque un déni de grossesse.

Ce jour d'octobre 2006, elle est à un mariage à Saint-Martin-sous-Montaigu (Saône-et-Loire), quand elle ressent des douleurs au ventre. Elle va aux toilettes et accouche, seule, d'une petite fille. Victime d'une hémorragie, la mère est transportée à l'hôpital. Mais les médecins se rendent compte qu'elle a accouché. Quelques heures après, le nouveau-né est retrouvé dans une poubelle.

 

2000 dénis de grossesse par an

"Il n'a pas bougé, pas crié... Je croyais qu'il était mort" , a-t-elle déclaré lors de son procès, en septembre 2013. Selon l'autopsie, le bébé était vivant à la naissance. Il serait décédé peu après faute de soins. "Sa mère ne lui a pas porté de coups" , insiste son avocat, maître Dominique Galmiche. En état de choc, la mère aurait perdu toute faculté de discernement au moment des faits.

Lors du premier procès, le parquet avait requis cinq ans de prison, dont trois avec sursis, pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Mais les jurés l'avaient déclarée irresponsable, invoquant des troubles psychiques. Aujourd'hui, l'avocat réclame l'acquittement de sa cliente. Et il a bon espoir : récemment, plusieurs mères ont été acquittées dans des cas similaires. Il y aurait 2000 cas de déni de grossesse en France chaque année, soit femmes à trois femmes enceintes sur 1000.

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