Faits divers – Justice

Sombernon : un enseignant, mis en examen dans une enquête terroriste, écarté du collège

Par Christophe Tourné, France Bleu Bourgogne, France Bleu Gironde et France Bleu mercredi 13 septembre 2017 à 19:09 Mis à jour le mercredi 13 septembre 2017 à 21:46

Le collège de Sombernon vu du ciel
Le collège de Sombernon vu du ciel - google maps

Un prof d'anglais remplaçant au collège de Sombernon, en Côte-d'Or, sera resté en poste moins d'une journée. D'après une source judiciaire, l'homme est mis en examen depuis le 2 juin dernier pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Mercredi midi, devant la grille du collège Jacques Mercusot à Sombernon, parents et élèves ne parlaient que de ça. Ils ont appris le matin même qu'un des professeurs ne reviendrait plus dans l'établissement, et pour cause. Cet homme, c'est un " intervenant extérieur " pour le rectorat. Un professeur non titulaire, appelé à la dernière minute pour un remplacement de prof d'anglais. Une source judiciaire confirme que depuis le 2 juin dernier, il est mis en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, et qu'il est placé sous contrôle judiciaire.

Entre inquiétude, colère, et résignation

Les parents d'élèves sont un peu chamboulés. Une maman trouve " inadmissible qu'on laisse un homme comme ça s'approcher des jeunes. " La maman de Lou tempère : " le rectorat a fait son boulot finalement, il n'a passé qu'une seule journée dans l'établissement. " Elle a tenté de rassurer sa fille avant qu'elle ne parte au collège, et Lou confirme que " dans la cour, on parlait tous de ça, mais les profs eux n'avaient pas trop envie d'aborder le sujet je crois. " Les parents d'élèves ont été avertis de la situation par la direction de l'établissement via le logiciel Pronote. Mais dans ce petit village de 800 habitants, c'est quand même le choc : " on est dans un patelin ici, on a l'impression qu'on est loin de tout ça, des attentats, mais même ici il faut être vigilant finalement. "

La question du remplacement des profs

L'homme mis en cause avait pris ses fonctions au collège mardi matin. Avant cela, il aurait effectué des remplacements à Agen, et à Casteljaloux dans le Lot-et-Garonne. C'est d'ailleurs là-bas qu'il a été interpellé le 29 mai dernier, dans le cadre d'une enquête sur une filière jihadiste qui aidait des gens à partir vers la Syrie. Il a été présenté aux juges anti-terroristes à Paris, et mis en examen le 2 juin.

Le rectorat a fait appel à lui parce qu'il s'était inscrit dans l'académie de Dijon. Toutes les vérifications, notamment administratives n'ont pas été faites avant sa prise de fonction mardi matin, mais elles ont été faites dans la journée, d'où la décision de mettre fin à sa mission dès le mardi soir.

Pour Isabelle Cheviet, du syndicat enseignant le SNES, " le problème, c'est qu'il n'y a plus de candidats pour devenir profs dans certaines matières. En anglais, dans l'académie, 28 % des postes sont non-pourvus. Résultat on fait appel aux titulaires en zone de remplacement pour les pourvoir, et quand il y a des remplacements à faire, on fait appel à des contractuels dans l'urgence, sans forcément prendre le temps tout de suite de faire toutes les vérifications. "